Un séjour à Singapour (octobre 1977)
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Notes et commentaires

En octobre 1977, au cours d'un voyage autour du monde, j'ai séjourné quelques temps à Singapour chez des amis. Bien sûr, les souvenirs que j'ai gardés de ce séjour ne me permettent pas de rédiger aujourd'hui des notes de voyage aussi fournies que d'habitude. Néanmoins, certains détails m'ont suffisamment frappés pour être encore très présents dans ma mémoire.

La ville de Singapour, est située à l'extrémité de la péninsule de Malaisie, sur une île relativement exiguë. Elle se trouve à une centaine de kilomètres de l'équateur et très proche de l'Indonésie dont les premières îles ne sont qu'à quelques encablures du rivage d'où elles sont parfaitement visibles. A côté de ses voisins, l'île de Singapour ressemble à un nains entourés de géants. Mais la dimension n'est pas nécessairement garante de la puissance et encore moins de la prospérité.

Singapour est un important port de commerce et une place financière de premier plan. Les établissements bancaires y pullulent. En 1977, de nombreuses banques de Chine continentale y étaient installées et je n'avais pas manqué de remarquer leur diversité. Elle ne correspondait pas à l'idée que je me faisais de ce genre d'établissements dans un pays communiste. Singapour est d'ailleurs une ville chinoise. Certes, on y rencontre aussi des Malais, des Indiens et des Européens en grand nombre. Mais l'élément dominant est le chinois.

A l'époque, le régime en vigueur était une démocratie musclée. L'armée et la police étaient exclusivement aux mains des Chinois. On n'y rencontrait ni Indiens, ni Malais. De nombreux Indiens étaient commerçants. Quant aux Malais, la plupart fournissaient la domesticité des Chinois et des Européens. La ville était maintenue dans un état de propreté exemplaire. Le simple fait d'être pris à jeter un papier dans la rue était sanctionné d'une amende substantielle. Moyennant les précautions prises, à la différences des pays voisins, l'hygiène y était bonne. On pouvait utiliser sans crainte l'eau du robinet. Pour éviter une croissance excessive de la population, au lieu d'être aidées, les familles nombreuses étaient taxées. D'après ce que l'on m'en a dit, à partir de trois enfants, l'impôt devenait si lourd qu'il était difficile, pour une famille modeste, de s'en acquitter. La possession de drogue, et à fortiori son commerce, étaient punis de mort. Comme partout ailleurs, les chauffeurs de taxi essayaient de profiter des étrangers en feignant d'oublier de mettre leur compteur. Le passager devait souvent leur demander de l'activer. Une discussion avec l'un d'entre eux m'a amené à penser que les Chinois étaient quelque peu racistes. Ce chauffeur m'a fortement déconseillé les boutiques tenues par des gens à peau noire, les Indiens qui, selon lui, ne vendaient que de la pacotille.

Les rues étaient bordées de caniveaux à ciel ouvert si profonds qu'un homme de taille ordinaire aurait pu s'y noyer. Ce détail de l'urbanisme était justifié par la violence des orages et l'abondance des pluies qui tombent en fortes trombes. Autre détail remarquable: dans l'immeuble où résidaient mes amis, l'ascenseur ouvrait directement dans les appartements. C'est ainsi qu'un beau jour je me suis retrouvé nez à nez avec un Chinois inconnu, à l'intérieur de son appartement! Il avait appelé l'ascenseur alors que je le prenais.

Il n'y a pas énormément de choses à voir à Singapour. Citons le Jardin du Baume du Tigre, créé par les inventeurs de ce produit miracle, où l'on peut voir des statues de ciment peintes, peu esthétiques, représentant des scènes de l'histoire, de la mythologie et de la vie chinoises, la ferme aux crocodiles, le jardin botanique, la ferme aux orchidées, le jardin zoologique, le jardin chinois, les lieux du culte (temple indien, pagode chinoise, mosquée, église... ce qui montre un indéniable éclectisme religieux et ce qui témoigne aussi de l'hétérogénéité de la population) et, bien sûr, les musées, dont celui consacré au jade.

Le mieux est de flâner à travers la ville. En 1977, je ne sais pas si c'est toujours vrai, le mélange d'archaïsme et de modernisme sautait aux yeux: échafaudages de bambous utilisés pour la réparation des gratte-ciels, jonques et bateaux modernes... Le soir, après la fermeture des bureaux, une nuée de petites charrettes à bras envahissait les parkings désertés par les voitures qui y stationnaient durant le jour. Une foule bigarrée de restaurateurs ambulants installait alors tables, chaises et fourneaux de fortune. On avait là l'occasion de se restaurer à peu de frais. Le saté, brochettes grillées avec une sauce à l'arachide, était particulièrement apprécié, ainsi que les jus de fruits, dont celui de la canne à sucre pressée.

Une ballade en jonque sur la baie me conduisit auprès des fortifications élevées par les Anglais avant la seconde guerre mondiale. Singapour faisait alors partie de l'empire britannique. D'ailleurs, on y parle encore la langue de Shakespeare. Les Anglais avaient édifié des batteries pour défendre l'entrée du port. Mais les Japonais sont venus par les terres! Un peu plus loin, nous longeâmes les maisons sur pilotis d'un village de pêcheurs de l'île de Sentosa.

Que pouvait-on acheter à Singapour? La même chose ou à peu près qu'à Hong Kong, mais un peu plus cher. Par exemple, des montres japonaises. Et aussi un bijou local: le risis (je ne garantis pas l'orthographe), fait d'une fleur d'orchidée rigidifiée dans un bain d'or.

Les photos de ce voyage sont anciennes. Leur qualité est donc assez médiocre. Il faut les prendre pour ce qu'elles sont: le témoignage d'une époque aujourd'hui peut-être déjà révolue.



Un curieux événement: une pluie de poissons?
Le 16 février 1861, une secousse tellurique fait trembler la ville de Singapour. Trois jours de pluies diluviennes s'ensuivent. Lorsqu'elles se terminent, on découvre dans les flaques d'eau couvrant une surface d'environ 20 hectares des milliers de poissons-chats vivants; les Malais et les Chinois qui les ramassent affirment les avoir vus tomber du ciel, ce qu'aucun des Européens qui rapporte la chose ne peut confirmer. Une fois asséchées par le soleil, les flaques révèlent d'autres poissons, morts cette fois. Le débordement de la rivière Singapour n'explique pas comment ces poissons sont retrouvés dans des jardins clos épargnés par l'inondation.


Photos
Le jardin du Baume du Tigre. (Cliquez ici)
Les lieux du culte......................(Cliquez ici)
Quelques sites touristiques (1) (Cliquez ici)
Quelques sites touristiques (2) (Cliquez ici)
En flânant à travers la ville..... (Cliquez ici)
La promenade en jonque......... (Cliquez ici)


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Pour vous rendre à Singapour, le Guide du Routard est ici  et les conseils des Affaires étrangères ici

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