Maringues
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Les tanneries constituaient autrefois l'une des activités traditionnelles de Maringues. La statue d'un "ébourreur", érigée au milieu du pont qui enjambe la Morge, dans la traversée du village, rappelle le rôle qui fut joué là naguère par l'industrie de la peau. Les maisons des tanneurs, construites sur les bords de la rivière, adoptaient une architecture originale. Leurs façades, qui donnaient sur l'eau, étaient constituées de soubassements maçonnés, où se trouvaient les fosses de délainage et de tannage, surmontés d'étages à pans de bois où s'effectuait le corroyage. Au-dessus, les peaux séchaient dans un ou plusieurs séchoirs de bois, ainsi que dans les galeries qui prolongeaient le bâtiment du côté de la rivière. L'une de ces maisons, la tannerie de Grandval, abrite aujourd'hui le musée consacré à l'histoire et aux techniques du travail des peaux. Cette bâtisse date du 17ème siècle; tanneurs, chamoiseurs et mégissiers (artisans préparant et blanchissant les peaux) y ont exercé leurs talents.. 
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Les activités liées aux cours d'eau, qu'il s'agisse de la batellerie de l'Allier ou du métier de voiturier d'eau, dont la corporation auvergnate recensait ici, au 18ème siècle, la moitié de ses effectifs, ou encore du tannage des peau, qui trouvait sur les bords de la Morge l'eau indispensable à ses nombreuses opérations de trempage, ces activités,  donc, jouèrent un rôle important dans l'histoire économique de Maringues. Voici ce qui est dit à propose de cette ville, en 1790, dans Le Voyageur François: "A une lieue et demi de Josse, et à trois lieues de Pont-du-Château, est la ville de Maringues, célèbre par ses fabriques de chamoiserie et de tannerie, par le commerce du blé, du fer  et du chanvre. Les habitants y sont presque tous voituriers, chamoiseurs, tanneurs ou mariniers. Cette ville avait été, par l'édit de Nantes, accordée aux protestants de la province pour y faire le libre exercice de leur religion". Les activités de transport et de travail des peaux étaient étroitement liées dans la mesure où les cuirs maringois étaient en partie acheminés vers Paris par voie d'eau. L'origine des tanneries est très ancienne, peut-être même préhistorique, dans cette région, si l'on en croit une hypothèse formulée à partir de l'analyse d'outils en silex trouvés sur la commune qui présenteraient des micro usures caractéristiques du travail des peaux. Attestée au Moyen Âge, à partir du 13ème siècle, cette activité connut son apogée dans les années 1880, époque pendant laquelle on comptait une quarantaine d'entreprises. Elle déclina ensuite et s'éteignit rapidement, avec le développement de la concurrence étrangère. Sous l'appellation générique de tanneries, on désigne en fait plusieurs spécialités: la tannerie proprement dite, opération par laquelle les peaux de bovidés acquièrent l'imputrescibilité, le corroyage, qui consiste à battre, à graisser, à étirer les peaux et à en égaliser l'épaisseur pour les amener à l'état de cuir fini, et la chamoiserie, terme qui recouvre les mêmes opérations appliquées, avec des techniques et des outils différents, aux peaux d'ovins et de caprins qui fournissaient des cuirs fins à la maroquinerie et à la ganterie. Le passage de la peau brute (cuir vert) au cuir fini exigeait de nombreuses opérations de trempage et de façonnage qui s'effectuaient avec plusieurs outils. On manipulait les peaux brutes avec de longues tenailles dans un bain de chaux avant de pratiquer l'ébourrage. Cette opération consistait à enlever les poils ou la laine au moyen d'un couteau courbe à deux manches. D'autres couteaux à lame droite étaient ensuite employés pour curer la peau des restes de chair, au cours de l'opération d'écharnage. Ensuite, les peaux étaient plongées dans des cuves ou des fosses, au contact d'écorce de chênes pilées qui constituaient le tan ou le jus de tan. Après séchage, commençait le long travail d'assouplissement que le corroyeur exécutait à l'aide de plusieurs outils, notamment la paumelle à semelle de liège. Les tanneries de Maringues produisaient également des peaux de pelleterie dont les laines étaient travaillées avec de grands ciseaux appelés forces.. 
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Grandes tenailles à manipuler les peaux, forces employées en pelleterie et paumelle à semelle de liège pour assouplir les peaux
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L'église de Maringues s'élève au sommet d'une butte qui fait penser au socle d'une ancienne fortification. Le mur de soutènement qui retient le haut talus sur lequel elle a été construite fut restauré en 1823 et 1824, sous Louis XVIII, Bergounioux étant maire et Dequeireaux et Brasset adjoints, comme l'atteste une plaque en pierre de Volvic apposé sur la muraille, pierre frappée de la mention: "Vive le roi". Le clocher de pierre noire de cette église est manifestement plus récent que le reste de l'édifice où l'on découvre un mélange des styles roman et gothique. On note la présence d'une gargouille en haut de la façade de droite. Sur l'esplanade qui s'étend devant le porche de l'église se dresse une haute croix de même pierre que le clocher; les plaques qui ornaient autrefois le socle ont disparu. Dans le village, bâti sur un terrain montueux, les rues étroites sont parfois coupées d'escaliers. On y rencontre de vieilles maisons à colombage ainsi que plusieurs pigeonniers. La façade de l'Hôtel des ducs de Bouillon, en belle pierre noire, ne manque pas d'intérêt.  

Photos. 
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La tannerie de Grandval au bord de la Morge convertie en musée La statue d'un "ébourreur" sur le pont
Les fosses où trempaient les peaux Les fosses sur le bord de la rivière
L'église en haut du mur Le clocher en pierre noire de l'église
Une gargouille Une porte arrière de l'église
La croix sur l'esplanade devant l'église L'arrière de l'église vue de loin
Une rue ancienne Une vieille maison restaurée
Une rue en escaliers L'Hôtel des ducs de Bouillon
Une maison à pigeonnier Une sorte de beffroi avec sa cloche
 

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