Le musée du Sinkiang d'Urumqi - juin 2006
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Avant propos 

Les travaux préparatoires à la création d'un musée de la Région Autonome du Sinkiang Ouïgour débutèrent en 1953. La cérémonie d'ouverture eut lieu le 12 décembre 1959. Depuis cette date, plus de 86 expositions se sont tenues et plus de 10 millions de personnes l'ont visité. Le musée a participé à la rédaction de nombreux travaux de recherches traitant des découvertes réalisées dans près de 400 fouilles disséminées à travers la Région. Plus de seize ouvrages ont été publiés. En 1999, la construction d'un nouvel immeuble fut décidée; les travaux débutèrent en octobre 2000; le nouveau musée fut ouvert au public le 1er octobre 2005, pour le 50ème anniversaire de la création de la Région Autonome. Des salles y sont dédiées à l'histoire du Sinkiang, aux cultures des diverses nations qui y vécurent, aux momies qui y furent exhumées et aux événements de la révolution qui s'y déroulèrent. 
 

Sommaire des vestiges culturels exposés - Un arc-en-ciel des civilisations de l'ouest 

On trouve des traces d'activité humaine au Sinkiang depuis le Paléolithique (de 10000 à 20000 ans). Depuis l'aube des temps, plusieurs groupes ethniques y vécurent, avec une grande diversité de croyances et de religions. Des conditions climatiques particulièrement favorables ont permis de préserver jusqu'à nos jours de nombreux vestiges du passé. Le musée contient plus de 37000 objets, certains très anciens, d'autres appartenant à l'époque moderne: outils de pierre, de bronze et de fer; poteries de diverses formes et factures; textiles de soie, de laine, de lin et de coton; nourritures plus ou moins élaborées: viandes, céréales, fruits secs, gâteaux, raviolis... témoignant de l'ancienneté de l'art culinaire régional; productions de l'artisanat et des arts; écrits en de nombreuses langues (chinois, kharosti, sanskrit, tokharien, brahmi, sogdien, tibétain, ouïgour, arabe, hakaniyen, perse, chagataï*, donnant une idée du brassage des populations; sculptures de bois, de pierre, de jade, de bronze, d'argile; peintures sur papier, soie ou bois et copies de peintures murales (art des grottes), renseignant notamment sur la succession des religions; bijoux, instruments de musique et vestiges humains (momies). 

* Voir ci-après le langage. 
 

La pierre 

La pierre est l'élément le plus courant à la surface de la terre; c'est le symbole de la solidité et aussi celui de l'esprit humain, dans la tradition chinoise; le recours à des outils de pierre constitue pour l'homme primitif une tentative d'appropriation des forces naturelles; plus tard, l'usage des pierres précieuses, rares et belles, comme parure, devient un élément de prestige. On pense généralement que la fabrication des outils a contribué à façonner l'esprit humain. L'usage du bois et de la pierre remonte cependant à une époque très reculée et il n'est pas spécifiquement humain; trois ou quatre millions d'années se seraient écoulés depuis l'emploi des premiers outils de pierre jusqu'au néolithique. Les sites les plus anciens de l'âge de la pierre, au Sikiang, sont celui de Jirigale Ash dans le Taxkorgan, celui de Yishiguole, près de l'ancienne cité de Jiaohe, et celui de Heshituolegai (comté autonome mongol de Hoboksar). Plusieurs autres sites ont été également découverts dont l'un à Urumqi (Chaiwopu). Voici 10 à 20000 ans, des éclats de silex étaient employés pour améliorer le rendement des armes de jet et l'économie paisible de la cueillette cédait la place à celle, plus belliqueuse, de la chasse; il y a environ 20000 ans, l'arc et la flèche étaient introduites en Chine, probablement en provenance d'Afrique, mais les têtes de flèches en pierre, découvertes au Sinkiang, datent seulement de 4000 à 10000 ans. Les sites contenant des traces de microlithes sont répartis sur toute la surface de la Région, notamment autour du bassin du Tarim. On distingue deux traditions dans la fabrication des microlithes en Eurasie: la tradition méditerranéenne (lames de forme géométrique) et la tradition d'Asie orientale; pour des raisons inconnues, les vestiges du Sinkiang appartiennent à la seconde tradition. La découverte des métaux ne mit pas fin à l'utilisation des outils de pierre; en Europe, des couteaux de pierre étaient encore en usage au Moyen-Âge; au Sinkiang, des socs, des pilons de pierre, furent longtemps en usage et des meules de pierre servent encore à moudre le grain.  
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Pointe de flèche (Néolithique: 2000 ans avant notre ère) Meule (Âge du bronze: de 2000 ans à 600 ans avant notre ère) Bougeoir en jade blanc (1098-1099)
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Le bois 

La forêt est la base de la nature; les oiseaux construisent leurs nids dans les branches et de nombreux insectes vivent sous l'écorce des arbres; elle est aussi le symbole d'une vie saine et harmonieuse. L'arbre debout est considéré par l'homme primitif comme le creuset où la vie s'élabore; lorsqu'il est abattu, il devient un élément de spiritualité; les diverses formes qu'il est susceptible de prendre exercent depuis l'aube des temps une fascination d'autant plus grande qu'elles sont comme le reflet de la genèse de la vie.  

De nombreux vestiges d'objets en bois ont été découverts dans des sépultures à travers le Sinkiang; les plus anciens dateraient de 1800 ans avant notre ère. Certains sont purement utilitaires et profanes, d'autres sont dédiés au culte alors pratiqué, d'autres enfin sont destinés aux rites funéraires. Les caractéristiques des objets utilitaires fournissent des indications sur le degré de développement de la civilisation à laquelle ils appartiennent, tant par leur mode de fabrication que par leur destination; elles révèlent également les goûts esthétiques et la sensibilité artistique des populations qui les ont créés et utilisés; certains bois laqués, découverts notamment à Loulan, sont de facture chinoise, mais d'autres révèlent également une culture plus originale; des influences grecques et indiennes sont perceptibles dans le mobilier de Niya. Les objets cultuels ne sont pas moins intéressants; le symbolisme des sculptures anthropomorphes de Xiaohe est fortement accusé: un visage gravé reflète l'immortalité de l'âme tandis que les piliers en forme de pénis en érection figurent le mystère de la reproduction; les sculptures de Yanbulake et de Yanghai sont, quant à elles, peintes de façon très réaliste. Les objets liés aux rites funéraires sont essentiellement des cercueils peints et illustrés de dessins dont les motifs ont évolué au cours du temps, en fonction des modes et des impératifs religieux. 
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Peigne laqué (Han: 25-220) Chariot de bois (Tang: 618-907) Jarre peinte (Tang: 618-907) 
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La poterie 

La production de poterie combine un faisceau de connaissances: le travail de la terre, l'invention du feu, la découverte des couleurs et le rythme découlant de leur combinaison avec celui des formes. Elle exprime l'alliance de l'esprit de l'argile avec l'âme du feu. 

Les plus anciennes poteries datent de la fin du néolithique et de l'âge du bronze. On distingue trois type d'objets: la poterie peinte, la poterie de conception sculpturale et la poterie noire. La poterie peinte ancienne a été principalement découverte au piedmont des Montagnes Célestes; des influences de la culture Siba, du corridor du Gansu, s'y décèlent; les dessins obéissent à des règles précises; ils sont généralement de formes géométriques avec apparition de quelques plantes ou animaux; des dessins noirs sur fond ocre rouge caractérisent les poteries découvertes à Turfan, Hami, Ili, Urumqi et Akzu. La poterie de conception sculpturale correspond à la plaine du nord et au sud de la sibérie. La poterie noire fit son apparition entre le 8ème siècle et le 7ème siècle avant notre ère; elle fut très populaire du 5ème au 3ème siècle. Sous les dynasties du nord et sous les Tang, la poterie peinte s'améliora considérablement et les couleurs se diversifièrent. Sous les Han et les Tang, une grande variété de décors caractérisa la poterie de conception sculpturale, notamment par le recours à des représentations humaines, animales ou végétales. La poterie glacée apparut sous la dynastie des Jin. La porcelaine cuite au four de la dynastie mongole met en évidence les relations du Sinkiang avec les régions voisines. 
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Poterie peinte (Zhou de l'ouest - Période du printemps et de l'automne: 800 à 500 avant notre ère) Poterie sculptée (Tang: 618-907) Poterie noire  
(Han de l'est: 25-220)
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Les métaux 

Le dieu du feu plonge son épée dans la pierre dotant l'homme d'une puissance nouvelle. Le bronze et le fer, l'or et l'argent ne sont pas seulement des facteurs de productivité, ils symbolisent aussi la volonté de l'homme primitif et les capacités de son esprit. 

On estime que la découverte des métaux procéda de la cuisson de la poterie; les hautes températures obtenues auraient entraîné la fusion d'une partie du métal contenu dans la terre révélant aux potiers l'existence d'une matière nouvelle au sein de cette dernière.  

On pense que le premier métal découvert fut le cuivre; ensuite, allié à d'autre métaux, on obtint des variétés de bronze plus ou moins dures adaptées à divers besoins. Le cuivre apparaît voici 6 à 7000 ans sur les rives de l'Euphrate et il y a 5500 ans dans les plaines centrales de la Chine. Au Sinkiang, des outils de bronze sont en service 2000 ans avant notre ère; des instruments de bronze sont typiques de la culture Agaersheng (2000 à 1000 avant notre ère); des miroirs de bronze remontent à cette date; au début de notre ère, l'agriculture se développe dans le sud et le nomadisme dans le nord, parallèlement des objets de cuivre sont utilisés comme parure, annonçant l'âge des métaux précieux; à une époque plus récente, l'artisanat du cuivre du Sinkiang bénéficia d'une grande renommée. 

Le fer existant à l'état pur sur terre est d'origine aérolithique. Les premiers objets de fer découvert en Asie occidentale remontent à 4500 ans; La première fonte avérée du minerai en Turquie centrale est vieille de 3500 ans. Le plus vieil objet de fer chinois a plus de 2500 ans; la Chine entra dans l'âge du fer au 8ème siècle avant notre ère; même si on avance parfois la possibilité de l'entrée du Sinkiang dans l'âge du fer 1000 ans avant notre ère, les objets découverts dans les tombes sont tous compris entre le 8ème et le 5ème siècle. La découverte de socs permet de déterminer l'époque à laquelle l'agriculture passa du trou creusé à l'épieu au sillon tracé à la charrue; un soc de fer datant de la dynastie des Han de l'ouest a été trouvé dans le comté de Zhaosu, mais on s'interroge pour savoir s'il est d'origine régional ou s'il a été apporté là, lors du passage d'une troupe de soldats des Han. 

La découverte de l'or est très ancienne; il existe à l'état quasiment pur; brillant, il s'aperçoit facilement; malléable, il est facile à travailler; toutes ces qualités, ajoutées à sa rareté, expliquent son statut spécial de métal précieux. Les bijoux en or constituent la fortune des nomades des plaines depuis un époque très reculée. Une Route de l'or existait dans l'Antiquité; l'or de l'Altaï y transitait jusqu'à Rome pour y être raffiné et transformé en bijoux dont certains revenaient pour être vendus aux nomades des steppes asiatiques. Plusieurs objets d'or ont été mis au jour dans les sépultures du Sinkiang. 
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Hache de cuivre avec trou en forme de pipe (Âge du bronze: 2000 à 600 avant notre ère) Plaques d'or à dessins de tigres (5ème siècle avant notre ère) Soc de charrue en fer (Han de l'ouest: 206 avant notre ère à 25 de notre ère)
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Les textiles 

Les arts du textile offrent à l'homme primitif l'occasion d'exprimer ses pensées intimes, ses sentiments et ses idées, en un langage coloré orné des fleurs de ses rêves  

Grâce au climat sec du sud du Sinkiang de nombreux tissus d'autrefois sont parvenus jusqu'à nous en bon état de conservation. Les plus anciens sont en laine et ont été exhumés dans la zone du Lop Nor; ils remonteraient à 2000 ans avant notre ère. Cependant, la majeure partie des tissus de laine retrouvés datent du 8ème au 7ème siècle, sous les Han et les Jin. Ces tissus comportent des caractéristiques originales; ils sont vivement colorés et ornés de motifs variés; l'influence des mythes grecs et romains y est parfois perceptible. 

On ne peut pas aborder le sujet du textile sans se référer à la Route de la Soie. Toutefois, le développement de l'artisanat de la soie est très antérieur à l'ouverture de cette voie; la plus ancienne pièce de soie trouvée date d'un millier d'années avant notre ère. Des vestiges plus récents, notamment ceux de Loulan, de Niya et d'Astana, appartiennent aux époques des dynasties Han et Tang. La plupart des soieries trouvées au Sinkiang proviennent des plaines centrales de Chine. Les brocards de la période Tang sont particulièrement réussis. 

La date d'apparition du coton est encore un mystère. Toutefois, une pièce de coton trouvée dans une tombe de Minfeng a été attribuée à l'époque des Han de l'est; des textes relatifs à Gaochang rapportent que l'on y cultivait le coton et qu'il y était utilisé pour la confection des vêtements. 
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Laine brodée à motifs triangulaires  
(10ème siècle avant notre ère)
Brocard à inscription: "Les cinq étoiles apparaissent à l'est apportant la prospérité au royaume du milieu" (Han de l'est: 25-220) Tapis de selle (3ème siècle)
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Les vêtements 

L'habit manifeste souvent l'appartenance à un groupe ethnique, religieux ou social. Mais il est également un moyen de mettre en lumière ses goûts personnels, son sens de l'esthétique, d'exprimer sa personnalité. L'art du vêtement reflète enfin le niveau atteint par une civilisation. 

Le Sinkiang est connu comme étant le royaume des vêtements et des bonnets. Les plus anciens habits, avant la dynastie des Qin, sont en laine; les coiffes de forme pointue sont ornées d'une plume; les manteaux couvrent le corps; les pieds sont chaussés de cuir. Le développement du tissage de la laine apporte une amélioration et une diversification rapide; entre le 8ème et le 5ème siècle avant notre ère apparaissent de longues robes, des pantalons, des chemises, des chaussures et des bottes de cuir. Sous les Han et le Jin, l'ouverture de la Route de la Soie accroît la diversité des costumes; les soieries et les cotonnades viennent s'ajouter à la laine et l'influence de modes extérieures se manifeste (celles des plaines centrales de Chine et aussi de la Grèce: pantalons au centaure). Le Sinkiang serait la première région à avoir utilisé le coton pour confectionner des vêtements (sépultures de Niya). Des dynasties du nord et du sud jusqu'aux Tang, les habitants du Sinkiang portent différentes sortes de coiffures, des robes à col rond, des pantalons et de longues bottes (Astana); les vêtements féminins de Gaochang (jaquettes à manches courtes, longues chemises brillamment colorées, fichu de soie sur les épaules...) montrent l'attrait qu'exerçait alors la mode des plaines centrales; la même remarque s'applique au nombreux souliers de tissus colorés. Après les Song, les vestiges se font plus rares; on trouve cependant des robes de brocard ornés de la marque de cette dynastie; l'islam modifie progressivement les habitudes vestimentaires des peuplades ouïgoures. Les différents costumes portés au cours du temps s'ornent de bijoux de pierre, de jade, d'os, de coquillages, de bois, d'or, d'argent et de cuivre; à partir de l'âge du bronze, les bagues, les boucles d'oreilles, les colliers de perles de verre, d'agate, de corail... témoignent de l'intérêt des populations pour les parures exprimant la beauté et la joie de vivre. 
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Vêtement (5ème siècle avant notre ère) Pantalon au centaure  
(Influence grecque? - Han: 206 avant notre ère 220 de notre ère)
Plastron incrusté de gemmes (Époque moderne)
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La nourriture 

Nos ancêtres créèrent de la nourriture et des boissons pour maintenir et accroître leurs forces. L'agriculture ne s'est pas développée seulement à partir des fruits offerts directement par la nature mais également grâce à l'ingéniosité humaine. L'enfouissement des semences dans le sol, la transformation des grains en farine, la mise en forme de produits élaborés constituent les premières étapes du processus de fabrication de la nourriture et des boissons. Le sang et la chair des animaux vint s'y ajouter pour accroître la vigueur des hommes d'antan. 

L'homme ne peut pas de se passer de nourriture ni de boisson. Le développement social, culturel est religieux des sociétés est fortement marqué par cette nécessité vitale. Les restes trouvés dans les sépultures montrent qu'un art culinaire relativement développé existait au Sinkiang à une époque très reculée: gâteau de millet, pain, riz gluant, fruits secs...; d'autres vestiges permettent de deviner quel genre de boissons y étaient en usage. Aux époques paléolithique et néolithique, l'essentiel de la nourriture provenait de la chasse et de la cueillette. Aux âges du bronze et du fer, l'agriculture et l'élevage se développèrent et la chasse et la pêche devinrent des activités résiduelles; des outils firent leurs apparition. Sous les Han de l'ouest, des systèmes d'irrigation furent mis en place; des côtelettes de moutons grillées sur des broches de tamarins ont été découvertes dans des sépultures de cette période. Par la suite, une spécialisation apparut: les zones des plaines du nord se consacrèrent à l'élevage et à la chasse tandis que le sud s'orientait vers l'agriculture et le jardinage. La population des oasis se sustentait essentiellement de blé et de millet, de légumes, de fruits et, accessoirement, de viande; différentes manières de cuire et d'apprêter les aliments, d'améliorer leur présentation et leur saveur, furent progressivement élaborées; les produits laitiers, les fromages, les condiments (oignon, ail, poivre...) permirent de diversifier nourritures et boissons disponibles. Sous les Tang, une grande variété de pâtisseries à base de farine de blé, des raviolis cuits dans la soupe, toutes sortes de fruits secs... constituaient l'ordinaire des habitants du Sinkiang. Grâce à la Route de la Soie, les arts culinaires s'interpénétrèrent et s'enrichirent mutuellement; mais les populations locales surent conserver les spécialités qui sont encore des traits distinctifs de leur culture. 
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Ravioli (Tang: 618-907) Croissants (Tang: 618-907) Gâteau de lune (Tang: 618-907)
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Le langage et les systèmes d'écriture 

L'homme primitif invente le langage pour exprimer sa pensée et ses sentiments. Mais le langage, outil de communication, contribue aussi à structurer sa pensée; grâce au langage, l'homme peut manipuler des abstractions et construire des systèmes; c'est donc un puissant moyen de civilisation. De nombreux langages ont été parlé ou écrit au Sinkiang et y ont laissé leurs traces. 

Une culture est d'abord le produit des conditions matérielles d'existence des habitants d'une région. Mais cette culture ne se développe pas indépendamment de celles qui l'environnent surtout, comme c'est le cas au Sinkiang, lorsqu'elle est située sur une importante voie de communication. Cette région se trouve, depuis la plus haute antiquité, au carrefour des civilisations grecques, arabes, perses, chinoises et indiennes; trois grandes religions: le christianisme, le bouddhisme et l'islam, y ont tour à tour semé leurs germes, sans parler du manichéisme et du mazdéisme; les langues arienne, altaïque, chinoise, tibétaine, sémites y ont été parlées et se sont mutuellement influencées; le Sinkiang fut le foyer de plusieurs peuples, de plusieurs cultures et de plusieurs religions. Sous les dynasties des Han, différents langages y sont en usage; citons le chinois à Turfan, Loulan, Niya; le gandhari (noté en kharosthi*) à Niya et Loulan; le quarasha-quici à Kucha, Qarasha et Turfan; le sogdien* à Loulan; le tibétain, dans le comté de Ruoqiang; l'ouïgour à Turfan... on trouve aussi des traces de japonais et de latin. Plusieurs idiomes furent donc parlés dans cette région qui ne connut jamais une langue unique. Les archéologues regroupent ces divers langages et leurs systèmes d'écritures en trois catégories: le système han (chinois, xi-xia*, khitan*, japonais), le système aramaïque* (kharosthi, pahalavi*, sogdien, mani*, turc runique, ouïgour, hébreu, arabe, hakaniyen, persan, ouïgour mongol, syrien, chagataï*, mandchou, tuote mongol) et le système brahmi (sanscrit, shule*, yanqi-quici ou tokharien*, khotanien*, tibétain, tokharien style ouïgour, pagpa) auxquels il convient d'ajouter des bribes de grec et de latin. De nombreux documents ont été découverts; ils représentent dix huit types de langages: arien, altaï, sino-tibétain, sémitique et persan; les langages indo-européens sont le saka*, le tokharien (A et B), le gandharan*, le sogdien, le tumushuke*, le sanscrit*, le daxia*, le pahalavi, le parthe; les langages altaïques comprennent le turc, le mongol, le mandchou et leurs dérivés (ouïgour, khitan); les langages sino-tibétains sont le chinois, le tibétain ancien, et le dangxiang*; les langages sémitiques sont l'hébreu et l'arabe*. Une telle variété d'idiomes fait inévitablement penser au mythe de la Tour de Babel; elle révèle au moins des relations étroites avec d'autres peuples et l'acceptation d'une certaine dose d'assimilation culturelle. Outre son fond originel, la culture du Sinkiang procède d'un ensemble d'apports provenant de l'est (plaines centrales de Chine), du sud-ouest (Inde), de l'ouest (Perse et Péninsule arabique) accompagnés de ceux de la Grèce et de Rome. Le Sinkiang fut le point de rencontre de plusieurs civilisations majeures de l'humanité; la longue période pendant laquelle la Route de la Soie fut opérationnelle les amena à se tolérer, à se rapprocher et à s'influencer mutuellement. 

* Le kharosthi est une écriture ancienne dérivée de l'araméen; cette écriture a servi à noter une langue du nord-ouest de l'Inde, le gandhari. 
* Le sogdien était une langue d'origine persane parlée dans l'ancien Ouzbékistan. 
* Le xi-xia était la langue tibéto-birmane parlée par les Tangoutes; le chinois, le xi-xia, le khitan et le japonais utilisent l'écriture chinoise, mais il n'y a aucune parenté entre ces quatre langues. 
* Le khitan était la langue d'une ethnie proto-mongole qui domina un temps la Mandchourie. 
* L'aramaïque est une langue ancienne du Moyen-Orient. Elle appartient aux langues sémitiques et aurait été celle de Jésus. 
* Le pahlavi  est une langue dérivée de l'araméen (branche de l'aramaïque) qui devint l'écriture officielle de l'empire sassanide perse (224-651). 
* Mani, né à Ctésiphon, Mésopotamie, en 216, d'origine chrétienne, prétendit être un calque de Jésus. Il se fit le prophète du manichéisme et rencontra un grand succès dans l'empire sassanide, après la conversion de Shapur 1er. Le successeur de ce dernier étant néanmoins revenu au mazdéisme, Mani se réfugia à l'est de l'Iran (Khorassan) où il continua à prêcher. Parmi les étymologies possibles de son nom figure le sanskrit mani: joyau,  que l'on retrouve dans le fameux mantra tibétain. 
* Le chagataï est une langue turkmène. 
* Shule est un ancien nom de Kashgar. 
* Le tokharien est une langue indo-européenne qui partage beaucoup de vocabulaire avec le germanique et le grec ancien. Du point de vue morphologique, il se rapproche de l'italo-celtique archaïque. On distingue le tokharien B (koutchéen, parlé notamment à Koutcha) et le tokharien A (agnéen parlé notamment à Karachahr); il était noté en brahmi. 
* Le khotanien (ou khotanais) était probablement la langue de Khotan, au Sinkiang; il était noté avec le brahmi. 
* Le saka (sace) était la langue des Saces ou Scythes orientaux, originaires du nord-est de l'Iran. Cette langue a influencé le tokharien. 
* On pense que le gandharan (gandhari) comprenait des éléments des langues autochtones (pré-indo-européennes) ainsi que du dardique et de l'iranien de l'est, qui font tous deux partie des langues indo-aryennes. 
* Tumushuke est une ville du Sinkiang. 
* Le daxia était la langue de l'ancienne Bactriane (Ouzbékistan). 
* Le dangxiang était la langue de l'ethnie du même nom. Cette ethnie peuplait le royaume des Xia de l'Ouest, à côté d'autres ethnies telles que les Han, les Tubo et les Huihu. Les Dangxiang s'étaient implantés d'abord sur le plateau du Qinghai-Tibet; ils le quittèrent par la suite pour se rendre plus à l'est. À l'époque des Sui et des Tang, ils se soumirent à la cour impériale chinoise. 
* Le sanscrit (ou sanskrit) et le tibétain étaient noté en brahmi, comme le khotanais ou le tokharien. 
* Outre l'hébreu et l'arabe, les langues sémitiques comprennent également l'akkadien, le babylonien, l'araméen et le phénicien. 

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Tokharien (Tang: 618-907) Sogdien (Tang: 618-907) Hakaniyen (Song: 960-1279)
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La monnaie 

La multiplication des hommes entraîne la division du travail et la vie en société. Les échanges sont inhérents à la division du travail; le troc, première forme d'échange, montre ses limites, dès que les sociétés se développent; l'homme primitif invente alors un moyen d'échange et d'épargne universel propre à éliminer les inconvénients du troc: la monnaie. Celle-ci est fabriquée à partir de métaux rares et précieux afin que sa valeur ne s'altère pas. La présence abondante de telle ou telle monnaie est un indice certain de l'importance du groupe social qui l'a frappée. 

Colonne vertébrale de la Route de la Soie, le Sinkiang servait de trait d'union entre l'Inde, la Perse, la Péninsule arabique, le monde méditerranéen et les plaines centrales de Chine. Il est donc naturel d'y retrouver, à côtés des monnaies locales, des monnaies chinoises et des monnaies de nombreux autres pays. Les relations du Sinkiang avec les plaines centrales remontent à une période antérieure à la dynastie des Han; à partir de l'ouverture de la Route de la Soie, la monnaie chinoise afflua dans la région, dont elle favorisa l'essor économique; ce phénomène se poursuivit depuis les Han de l'ouest jusqu'aux Mandchous. A côté de la monnaie chinoise, des monnaies locales furent également mises en circulation: han-kharosthi, kelahan, chahetai, zhungar pu'er, han-qiuci, quici, gaochang jili, tuqishi, ouïgour, kucha et tianhai bibula... certaines de ces monnaies furent utilisées de manière discontinue et sur une aire parfois réduite; leurs caractères sont ceux des langues en usage dans la zone de leur frappe mêlés parfois à d'autres caractères et souvent à des caractères chinois; on en déduit que les habitants du Sinkiang firent preuve d'une grande ouverture à l'égard de leurs voisins et n'hésitèrent pas à s'approprier certains éléments de leurs cultures, pour enrichir la leur et faciliter les échanges; les caractéristiques multi-culturelles des pièces locales montrent qu'elles sont le produit des influences croisées de l'est et de l'ouest. Plusieurs monnaies étrangères eurent également cours au Sinkiang, comme à l'intérieur de la Chine, à partir des Qin, dans le cadre commercial de la Route de la Soie: des pièces d'argent perses, des pièces d'or byzantines, des pièces arabes, des pièces de Boukhara... la plupart étant d'origine persane. 

Ces monnaies sont révélatrices des liens économiques étroits existant entre les provinces centrales de la Chine et le Sinkiang; en plus du passage des denrées transitant par la Route de la Soie, le Sinkiang ne cessa jamais d'alimenter la Chine en produits de bouche frais pendant une très longue période. 
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Monnaie Quici (Kucha - Dynastie du sud et du nord: 420-581) Jili de Gaochang (Qu: 490-640) Monnaie sassanide (Perse: 223-651)
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La sculpture 

Les hommes primitifs utilisaient le langage des formes pour exprimer leurs pensées et leurs sentiments. Leurs oeuvres étaient riches et colorées; elles ambitionnaient de reproduire le mouvement de la vie. Les sculpteurs s'interrogeaient visiblement sur les goûts et le caractère des êtres qu'ils représentaient. La représentation d'animaux, réels ou mythiques, n'était pas dépourvue d'une signification qui parfois nous échappe. 

Depuis la nuit des temps, à côté des activités productives, l'homme tenta de façonner l'argile afin de créer du sens ou de la beauté. Au Sinkiang, comme ailleurs, l'art de la sculpture se développa parallèlement à l'évolution de la société. Cet art traversa plusieurs phases, depuis ses premiers balbutiements jusqu'à son splendide aboutissement, en passant par sa croissance et sa maturité.  Les plus anciennes vestiges retrouvés sont les statues de bois de peuplier et de pierre des sépultures de Xiaohe, dans le désert du Taklamakan; assez frustes d'aspect, leurs traits sont exagérés, mais il s'en dégage pourtant une étrange fascination; elles remonteraient à plus de 3800 ans. D'autres pièces, vieilles de 2000 ans, ont été exhumées sur le site de Niya. Des statues de bronze datant de l'époque des royaumes combattants (475 à 221 avant notre ère) laissent deviner une influence grecque. La statuaire des Tang est révélatrice de la brillante civilisation atteinte à l'apogée de cette puissante dynastie; elle fait appel à divers matériaux: bois, pierre, argile, os et même tissus, elle est finement travaillée, brillamment colorée et empreinte de réalisme, comme le montrent les objets découverts notamment à Astana (Turfan); ces restes donnent de précieuses informations sur la vie à cette époque, sur les modes vestimentaires, sur les croyances et sur les rites funéraires. Les statues de pierre des plaines du nord, massives et stylisées, reflètent les caractéristiques physiques et spirituelles des nomades de ces contrées. 
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Statue d'homme en bois (16ème dynastie: 317-420) Danseuse revêtue de tissus  
(Tang: 617-907)
Guerrier de bronze (Royaumes combattants:  
-475 à -221)
Statue de pierre turki des plaines du nord (Tang: 618-907)
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La peinture 

La nature est vivement colorée; il n'est donc pas étonnant que les hommes utilisent la couleur pour la reproduire. Mais l'emploi de la couleur permet aussi de peindre les passions, de mémoriser des événements et de raconter des histoires par une succession de dessins. 

Au Sinkiang, la tradition picturale est très ancienne; elle commence avec l'art rupestre et la décoration des poteries, se poursuit par l'art des grottes en passant par toutes sortes de décorations de l'environnement des vivants et des morts. Le site le plus ancien de l'art rupestre se situe dans l'Altaï. A l'âge du bronze, les poteries sont décorées de dessins généralement géométriques. La conversion au bouddhisme, voit s'épanouir l'art des grottes, par exemple celles de Bezekelike, où les artistes font preuve d'un grand souci de réalisme; malheureusement, toutes les scènes ne sont point parvenues jusqu'à nous: le pillage et l'érosion ont fait leur oeuvre, les grottes se trouvant souvent à proximité d'une rivière. Mais l'art religieux ne se cantonne pas seulement à celui des grottes; bien d'autres scènes de la mythologie et des croyances se rencontrent aussi ailleurs et sur une grande variété de supports; toutes ne sont pas d'inspiration bouddhiste, ce qui donne d'utiles indications sur l'évolution des croyances à travers le temps (nestorianisme, manichéisme, bouddhisme...). Les vestiges de peintures sur bois, papier ou soie, trouvés dans les sépultures, notamment à Astana, apportent de précieux renseignements sur la vie d'autrefois, sur les préférences des hommes de ces époques reculées, leurs distractions et même sur leur philosophie; le déroulement de l'existence du défunt y est parfois reproduite sous forme de bande dessinée. 
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Joueuse d'échecs  
(Tang: 618-907)
Boddhisattva pensant  
(Art des grottes: 4ème et 5ème siècle)
Apsaras volant dans le ciel 
(Art des grottes: 8ème siècle)
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Les momies 

Le climat et l'environnement géographique du Sinkiang est particulièrement propice à la conservation naturelle des cadavres et des objets funéraires qui les accompagnent. Ces traces permettent de mieux appréhender l'ancien peuplement de la région, son évolution culturelle et sociale ainsi que les migrations des populations. 

Un grand nombre de sépultures ont été explorées au Sinkiang, sur la Route de la Soie, notamment sur les sites de Luopu, Minfeng, Qiemo, Luobunaoer, Turfan, Hami. Elles ont livré des corps dans un état de conservation variable, mais généralement remarquable tant en ce qui concerne la peau, que les cheveux ou les tissus qui les habillent ou les recouvrent. Aucune de ces momies n'a été embaumée, comme c'est le cas dans d'autres régions du globe. Quatre motifs expliquent cette absence de putréfaction naturelle des cadavres: en premier lieu, le fait qu'ils ont tous été découverts au sud des Montagnes Célestes, dans une zone recouverte par le désert du Taklamakan, endroit le plus éloigné des mers de notre planète, ou à proximité de ce désert particulièrement sec; en second lieu, parce que la salinité élevée du sol gêne le développement des germes microbiens; en troisième lieu, parce que, les tombes n'étant pas hermétiquement closes, la déshydratation du corps, sous l'effet de la chaleur extérieure, a été accélérée, empêchant le développement de la flore microbienne; en quatrième lieu, enfin, parce que les cadavres sont souvent enveloppés de vêtements chauds, comme des fourrures, ce qui montrent qu'ils ont été ensevelis en hiver, à une époque où la prolifération des moisissure et des bactéries est freinée par les basses températures. Les caractéristiques raciales de ces momies ont conduit les archéologues à les diviser en trois catégories: celles qui sont de race européenne, celles qui sont de race mongoloïde et celles qui sont un mélange des deux races. La plus anciennes momie remonte à 3800 ans (rivière Tieban); son visage étroit, son nez long et ses cheveux châtains sont typiques de la race européenne; une autre, trouvée à Astana (Turfan), exhibe au contraire un aspect asiatique: visage large, nez petit, pommettes hautes, cheveux noirs; une femme, enfin, qui serait âgée d'environ 2800 ans, possède des traits à la fois asiatiques et européens. L'analyse de l'ADN des cadavres et sa comparaison avec celui des populations qui vivent aujourd'hui au Sinkiang permet de se faire une idée de la filiation de ces dernières avec les anciens habitants. Il n'est pas douteux que plusieurs ethnies ont vécu dans cette région et y ont cohabité, chacune avec sa culture, ses modes alimentaires, sa manière de vivre; toutes y ont laissé des traces profondes. L'étude des momies présente un intérêt scientifique indiscutable. 
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Momie d'enfant, de race indéterminée, vieille de 2800 ans - Taille: 50 cm - Âge présumé lors du décès: 8 à 10 mois. Momie d'homme, de race européenne, vieille de 2800 ans - Taille de l'individu: 1,76 m - Âge présumé lors du décès: 50 ans. 
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De nombreuses momies ont également été découvertes sur le site de Djoumboulak Koum (ou Djumbulak Kum). Elles avaient le visage recouvert d'un morceau de tissu cousu à leur bonnet. La face de certaines d'entre elles était décorée de motifs peints. Les ornements des vêtements font parfois penser à une influence scythe; les teintures végétales utilisées pour les colorer existent encore dans la région. Les objets déposés dans les tombes suggèrent une croyance en une autre vie après la mort. Plusieurs momies portent des traces de coups, de blessures ou bien elles ont des os brisés, ce qui laisse supposer qu'elles sont décédées de mort violente.  
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Momies de Djoumboulak Koum - La dame à la licorne
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Cette page a été réalisée à partir de l'ouvrage édité par le Musée de la Région Autonome du Sinkiang Oïgour d'Urumqi. Ce livre, très bien présenté, comporte des textes en chinois et en anglais ainsi que de nombreuses illustrations dont les quelques exemples ci-dessus ne donnent qu'une faible idée. Je ne saurais trop conseiller aux visiteurs de l'acquérir.

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