Contes moraux

Merci Docteur...

Lorsque le docteur Mourre m'annonça que je devais me faire arracher un oeil, je marquai  d'abord quelque surprise. Je n'en avais jamais  souffert! Pourtant, l'insistance que cet éminent praticien mettait à me convaincre me laissait supposer d'irrécusables motivations qu'il était préférable de garder secrètes. Il n'est pas toujours souhaitable d'informer complètement un patient de la gravité de son  état. D'ailleurs, m'eût-il demandé si j'étais certain de pouvoir sereinement affronter la vérité que je n'eusses pu lui répondre franchement. Aussi  me contentai-je de ce qu'il estimait devoir me dévoiler spontanément.

L'énucléation n'est pas une opération si terrible. Le docteur multipliait les exemples pour m'encourager. Le Duc d'Urbin, chacun le sait, fut peint de profil parce qu'il était borgne. La dame de pique, le valet et le roi de carreau sont représentés sous cet angle pour la même  raison. Les anciens Égyptiens  étaient également affligés de cette infirmité, s'il faut en croire les peintures murales qui ornent les parois de leurs tombeaux. Il n'est donc pas nécessaire de se référer à la cocarde en cuir des flibustiers pour étayer la démonstration.
 
L'ablation d'un oeil ne présente d'ailleurs pas que des inconvénients. Les cyclopes ne tiraient ils pas leur force proverbiale de la vision monoculaire? Par compensation, l'oeil survivant se fortifie de l'absence de celui que l'on a enlevé. Et puis, n'avoir qu'un oeil pour pleurer, n'est-ce pas une manière habile d'alléger ses chagrins?
 
Il  n'appartenait pas à un béotien, que la contemplation d'une planche d'anatomie eût plongé dans des abîmes de perplexité, de contester la parole, et la compétence, d'un docteur tel que le professeur Albert Mourre, diplômé de la faculté de Strasbourg, chargé d'enseignement à celle de Montpellier, honoré des grades honoris  causa  des universités étrangères les plus prestigieuses. Je m'en remis donc à son expérience et à ses capacités.
 
Mon oeil droit fut arraché. Je continuais à vivre sans trop m'en rendre  compte.  Je  n'en voyais  pas plus mal qu'avant. C'est bien la preuve qu'un seul oeil suffit et que, par conséquent, le second est superflu.  Autrement, d'ailleurs, le monocle ne serait qu'un lorgnon raté.

L'hiver vint. Il fut rigoureux. Mes mains, trop souvent exposées aux  intempéries, se couvrirent d'engelures. Je retournai voir le docteur Mourre. Il les ausculta avec attention. A son air dubitatif, à ses fréquents hochements de  tête désabusés, je sentis l'inquiétude me gagner.

Son examen achevé, il retourna s'asseoir derrière son bureau et, fixant d'un air déterminé mon oeil unique, il  m'annonça, sans précautions oratoires inutiles, que je devais me faire couper le bras. La  prompte guérison de  l'autre était à ce prix. Je ne serais pas  le premier manchot. Et ceux-ci ne sont pas tant à plaindre qu'on se l'imagine. Il est même possible de chasser avec un seul bras, à condition  de  bien  caler la crosse du fusil contre son épaule. A preuve certain champion de tir à la carabine, mutilé de guerre.
 
Pouvais-je laisser la maladie gangrener mes membres supérieurs? Non, sans doute. N'était- il pas préférable de livrer à la hache une branche déjà morte plus qu’à moitié, afin de revitaliser  l'autre? Ma décision fut rapidement prise.  L'amputation  eut lieu  la semaine suivante. Elle réussit parfaitement. Mon bras gauche s'en fut rejoindre mon oeil droit dans la fosse commune de l'hôpital.
 
Je recommençais à vivre normalement. Plusieurs mois s'écoulèrent. J'achetai une paire de souliers  fins, un peu étroits, pour faire le gandin. Je suis  affecté d'une  malformation assez commune: mon pied droit est plus gros que mon pied gauche. Il se couvrit d'ampoules douloureuses. J'allai de nouveau consulter le docteur Mourre. Peut-être eût-il suffi de passer à travers les cloques une aiguillée de laine, ainsi que me l'avait  montré ma grand-mère. Mais un savant comme le docteur Mourre ne pouvait évidemment condescendre à utiliser des  expédients de bonnes femmes! Pour éviter une complication, il me fit comprendre qu'une intervention chirurgicale était indispensable.

L'amputation d'une jambe n'est pas une opération si grave. De nombreux porteurs de pilons sont à même d'attester la réussite de ce genre d'intervention. Les exemples rassurants abondent.  On  se déplace facilement sur une seule  jambe, à cloche-pied. Les enfants qui jouent à la marelle en apportent la preuve. La plupart des oiseaux  n'avancent qu'en sautillant. Une île du Pacifique est peuplée d'unijambistes. Ils se donnent le bras deux à deux pour courir. Je n'aurai pas à renoncer à la chasse. Mon fusil me servira de béquille. Il me suffira de pousser le cran de sûreté par précaution.

Me voici donc unijambiste, borgne et manchot. Il me reste maintenant bien peu d'organes en double, au moins qui soient visibles. A l'exception de mes oreilles et de celles que la décence m'interdit de nommer, que pourrait-on maintenant m'éclaircir? Mes oreilles me paraissent bien attachées. Ce ne sont ni mes parents, ni mes anciens maîtres qui me contrediront. Au demeurant, trancher une oreille s'accompagne inévitablement, chez  tout sujet normal, d'une dangereuse perturbation psychologique. Si la nature nous a pourvu de deux oreilles pour une seule bouche,  c'est afin de nous prédisposer à écouter plutôt qu'à parler, à prendre plutôt qu'à donner. La surdité, bien sûr, ne comporte pas que des inconvénients. Au moins n'entend-t-on plus braire les ânes! Mais, sans ces deux anses de la cruche humaine, que sont les oreilles, par quel bout Dieu nous prendrait-il au moment de nous rappeler à lui? On peut certes se passer  d'un oeil, d'un bras ou d'une jambe, sans beaucoup d'inconvénient.  Mais il est presque impossible de se priver d'une oreille sans perdre son équilibre. J'en suis d'autant moins rassuré pour l'autre paire. Être manchot constitue un handicap bien assez frustrant en matière d'étreintes!

L'attaque, cependant, ne devait pas venir de ce côté. A la suite d'une maladie longue et douloureuse,  l'un de mes cousins perdit ses reins. Je me trouvais le seul donneur compatible de la famille. L'urgence ne me permettait pas de tergiverser.

Je consultai néanmoins le docteur Mourre, afin qu'il me rassurât, comme à  l'ordinaire. Il me félicita chaleureusement. Il citerait en exemple mon courage et ma générosité. Mon coeur, d'ailleurs, devait bondir de fierté: une  parcelle de mon individu n'allait-elle pas bientôt participer à une autre vie, me conférant ainsi, en quelque sorte, une manière d'ubiquité?  Je devais me réjouir à l'idée que mon rein ne finirait pas, ainsi que mon oeil, mon bras et ma jambe, sous la triste apparence d'un déchet, mais plutôt sous les espèces glorieuses d'une manière de rédempteur. Pour dissiper mes dernières craintes, le docteur Mourre me promit d'assister au prélèvement de cet organe.

A mon réveil, je fus surpris de ressentir une étrange impression de légèreté. J'essayai de déplacer ma jambe unique et il me sembla remuer moins qu'un fétu. Je m'efforçai d'y porter la main. Celle-ci paraissait  indisponible. Peut-être  mon bras était-il emprisonné sous les bandages qui m'enveloppaient le torse, emmailloté comme une momie. J'en  étais là de mes réflexions lorsque le docteur Mourre entra dans ma chambre. Il paraissait  détendu et ce n'est pas sans une certaine pointe de fierté qu'il me fit part des décisions qu'il avait cru  devoir  prendre. Étendu sur  la table d'opération, les défauts de mon corps, privé d'un bras et d'une jambe, ressortaient trop clairement pour ne pas choquer  le sens de l'esthétique d'une personne aussi cultivée que lui. Aussi avait-il profité de mon anesthésie pour terminer le travail qu'il avait si bien commencé en m'ôtant mon dernier bras et ma dernière jambe. Il m'avait laissé l'oeil, parce que celui-ci ne déparait pas mon visage, grâce à ma prothèse de verre.

Le docteur Mourre m'a pris maintenant en  pension dans sa clinique. Je n'ai plus de souci à me faire. Je ne mourrai pas de faim. Chaque jour, matin, midi et soir, une infirmière, patiente et dévouée, vient m'aider à manger.  Elle noue autour de mon cou une bavette. Puis elle porte à ma bouche, avec des attentions que je ne saurais trop  louer, les aliments, préalablement coupés, si c'est nécessaire. Elle m'essuie les lèvres en me grondant gentiment, quand il  m'arrive de relâcher, à leurs commissures, un peu de pitance à demi mâchée.

Réduit à mon buste, constamment au repos, je suis devenu gras et luisant. Tout en menton et bedaine, je respire la santé. Débarrassé de ces appendices  extravagants, qui me faisaient ressembler à un moulin à vent et qui, tout compte fait, ne servent qu'à renouveler l'air, la partie substantielle de la nourriture que l'on m'ingurgite peut se concentrer dans ma tête et dans ma poitrine. Mes sentiments et mes pensées n'en sont que plus vifs. Je pourrais prendre bientôt  la forme sans défaut d'un oeuf -ou même celle du jaune dans l'oeuf-, si n'était ma tête qui dépasse. Mais peut-être le docteur Mourre s'en occupera-t-il un peu plus tard.

Cet excellent homme ne me laisse manquer de rien. Lors de ses visites hebdomadaires, il n'oublie jamais de me demander si j'apprécie les soins qui me sont donnés et si j'ai quelque souhait particulier à formuler. Il faut voir comment il se réjouit de mes joues rebondies et de ma mine rubiconde. Combien  je dois me féliciter d'être tombé entre les  mains d'un praticien aussi consciencieux! Grâce à lui, je n'ai plus à redouter les rhumatismes articulaires qui gâchent si souvent les dernières années des malheureux vieillards encombrés de leurs  bras et de leurs jambes.  Et ces avantages n'ont nullement été obtenus au détriment de mon agilité. Je suis prêt, afin de vous le prouver, à dévaler  la pente d'une colline en compétition avec vous.

Mon coeur, débordant de gratitude, se gonfle d'allégresse, lorsque retentit, dans le couloir, le pas familier de celui qui, j'ose le prétendre, est désormais devenu mon meilleur ami. Seuls ceux qui  n'ont  jamais loué les responsables de leurs mutilations peuvent s'étonner de mon comportement.

Je dédie ce récit à tous ceux qui, non contents de nous priver d'une partie de nous-mêmes,  nous invitent encore à nous en réjouir. Ils ne sont pas si  rares.


Les épines de la rosière

Au  onzième  siècle, un prédicateur  parcourait les Flandres s'en prenant à la gloutonnerie du clergé  régulier, à la rapacité du clergé séculier,  aux  indulgences  et  à la duplicité du pape, surtout à la dîme,  qu'il  défendait  de payer.  De l'enseignement du Christ, il ne retenait  qu'un  seul précepte:  aimez-vous les uns les autres. Encore son  interprétation  de  la  parole  divine était-elle toute physique. Cette  morale  simple était facile à comprendre et à respecter. Aussi se fit-il un grand nombre d'adeptes dans une population lassée de la précarité de ses moyens d'existence, de la monotonie de la liturgie chrétienne, de la complexité des  dogmes, de la lourdeur des impôts et de l'injustice des épidémies; bref, une population qui s'estimait abandonnée d'un Dieu qu'elle avait si longtemps adorée.

Ce  prédicateur  affichait cependant un luxe inouï. Il ne dédaignait pas d'accepter les témoignages de gratitude des humbles qui lui faisaient confiance.  Il ne se déplaçait qu'accompagné de trois mille gens d'armes qui lui servaient d'escorte, s'enivrait aux  frais des aubergistes, faisait  ripaille de boeuf, de volaille ou de  cochon,  sans  bourse délier. Il ne respectait même pas les jours maigres. On le vit manger du canard  et du porc,
le vendredi saint, et prétendre que c'était comme chair de poisson, puisque ces animaux éprouvent un grand plaisir à barboter  et se vautrer, montrant par là que l'eau est leur élément.

Il fascinait tellement les esprits qu'il abusait des filles devant leurs mères, des femmes  devant leurs maris, sans que ceux-ci y trouvent à redire.  Au contraire, loin de s'en offusquer, ils se croyaient honorés des faveurs  d'un prophète. Aucune perversion ne lui était  étrangère. Il commit, avec des adolescents, des actes que la nature et la morale réprouvent. On prétend même que les animaux n'échappaient pas à sa lubricité!

Il imposa la confession publique. Les fidèles devaient s'accuser, à  haute voix, des cas où  ils s'étaient refusés et en décrire les circonstances  par le menu. Le prédicateur administrait lui-même la pénitence en  fustigeant la croupe mise à nue du repentant. Pour finir, il lui plantait la verge entre les fesses.

Les plus hautes couches de la société se laissaient gagner par cette espèce de frénésie. On vit des princes partager les restes de sa table ou de sa couche et des duchesses se glorifier de participer à ses débauches et s'enorgueillir d'en porter les fruits.

A maintes reprises, l'Église tenta de se débarrasser d'un imposteur aussi dangereux pour la  morale, pour la foi et pour ses bénéfices. Des marmitons stipendiés cherchèrent à l'empoisonner; son estomac se retourna; il rendit la nourriture, mais garda son âme. Des archers apostés  lui décochèrent leurs  traits et le manquèrent. Un batelier, grassement payé, essaya de le noyer; ce fut en vain. Un moine mendiant lui  porta un coup de couteau à l'abdomen; il ne fut que blessé. Ces tentatives infructueuses le transportaient  de fureur. Les auteurs furent écorchés vifs et leurs   dépouilles, coupées en morceaux, données en pâture aux pourceaux.

Un jour qu'il haranguait, dans une bourgade, un grand concours de peuple, ses vues se portèrent sur la rosière du lieu. Elle était vierge, comme quelques rosières, quoique plus jolie que la plupart d'entre-elles. A sa demande, la demoiselle fut placée sur une estrade. On la dévêtit et on  l'enduisit de miel, afin qu'elle ressemblât à une statue d'or. Alors notre paillard, s'approchant d'elle, lui  parla en ces termes: ''Vierge Marie, je vous prends aujourd'hui pour épouse''. Puis, se tournant vers la foule, il ajouta: ''Voilà que je vais épouser la Sainte Vierge. Il vous appartient  de  célébrer comme il se doit cette cérémonie''. Il fit alors placer un tronc de chaque côté de l'estrade. Les femmes vinrent y déposer leurs bijoux et les  hommes leurs ducats. Puis, une fois les offrandes achevées, il déflora la jouvencelle devant l'assistance qui, soulevée d'enthousiasme, se mit à chanter des cantiques.

Ensuite, il fut promené en triomphe autour de la cité. Le cortège vint à passer auprès d'un rucher, que la Providence avait placé là sans doute pour se venger des multiples profanations de ce téméraire imposteur. Les abeilles, attirées par le miel dont il s'était maculé en prenant la rosière, se  ruèrent sur lui, le piquèrent de mille dards et c'est ainsi que périt, victime des mouches et sous la forme d'un soufflet, cet audacieux réformateur qui avait jusqu'alors réussi à échapper aux vengeances pourtant si bien combinées de l'Église.

De tels événements sont évidemment impensables aujourd'hui. Comment pourrait-on imaginer, qu'à notre époque dominée  par  la  science et  la technologie, des personnes soient encore assez crédules pour tomber dans les filets d'un charlatan?



(nouveau) Conte médiéval
En Terre Sainte, sous la domination des Francs, dans une de ces principautés gouvernées par des moines chevaliers, un clocher fut construit à côté d'un prétoire. Les plaideurs qui avaient quelque grief à faire valoir tiraient la corde et les juges s'assemblaient. La cloche, habituel tambour des prêtres, était ainsi devenue l'auxiliaire de la justice.

Les années passèrent et les causes devinrent si rares que la corde, inutilisée, blanchit et s'effilocha. Le lierre et le liseron s'en firent un support et l'ornèrent de leurs festons.

La paix régnait entre juifs, chrétiens et musulmans. Les chevaliers désoeuvrés délaissaient leur masse d'armes pour le luth.

L'un d'entre eux possédait un cheval bien vieux, bien rabougri, efflanqué et cagneux. Ce  fidèle compagnon pourtant lui avait autrefois rendu de grands services. Sans lui n'aurait-il pas dans maints combats perdu la vie, ce qui est peu, la liberté, ce qui est tout? Mais aujourd'hui en quoi ce débile destrier aurait-elle pu lui être encore utile? Aussi trouvait-il naturel de lui couper ses rations et de le laisser jeûner un jour sur deux, puisqu'aussi bien qui dort dîne.

Le cheval, tenaillé par la faim, trouva la force un jour de briser sa longe et se mit à  vaquer à la recherche d'une improbable nourriture. Le hasard, à moins que ce ne soit la Providence, l'amena au pied du clocher à demi ruiné où  croissaient le lierre et le liseron. Ces plantes, certes, n'étaient qu'une bien maigre pitance loin de valoir l'avoine substantielle ou l'herbe savoureuse d'une grasse prairie. Mais un ventre affamé n'est pas si délicat.

Des dents et de la langue, le  cheval s'en prit à l'aubaine. Et pour happer les feuilles, il secoua la  corde. Les juges, incontinent tirés de leur longue inaction, coururent tout effarés en relevant leur robe, pareils dans le vent à des volées d'oiseaux, et furent au tribunal pour y tenir audience.

Quelle ne fut pas leur déception en  voyant qu'à l'origine d'une aussi grande émotion, il  n'y avait qu'un pauvre animal affamé. Cependant, considérant le piètre état du plaignant, après avoir scrupuleusement pesé le pour et le contre, examiné l'envers et l'endroit,  méticuleusement consulté la  jurisprudence, relu avec attention l'argumentation  des  jurisconsultes grecs et latins, pris l'avis du  grand-maître de l'Ordre, à défaut de celui du pape, ils décidèrent, enfin, que la cause était bonne et se devait juger.

Le chevalier parcimonieux fut cité à la barre. Après avoir ouï ses moyens de défense, les plaidoiries des  avocats, les conclusions du ministère public, les juges, en leur conscience, le déclarèrent coupable et condamné un semestre durant à chevaucher un âne en regardant sa queue.

Pendant ce temps la victime mourut d'épuisement et fut livré à l'équarrisseur.

Il est rare qu'un cheval tire profit de la punition de son cavalier.


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