L'île de Pâques (novembre 1991)
 
 
 
Nous avons bien failli ne jamais mettre les pieds sur Rapa Nui, l'île de Pâques. C'est qu'une seule compagnie d'aviation assure ses relations avec le continent: Lan Chile. Il est difficile d'obtenir une place, même en s'y prenant plusieurs mois à l'avance, surtout pour trois personnes qui, comme c'est notre cas, voyagent en indépendants. Heureusement, grâce à un passe-droit, nous avons obtenu satisfaction.  

Nous voilà donc sur l'aéroport de l'île. Sa piste, conçue pour permettre l'atterrissage des longs courriers, fut construite par les États-Unis en 1965. Cette puissance disposait alors ici d'une base militaire, pour espionner les essais nucléaires français dans le Pacifique. A l'avènement de l'Unité populaire, au début des années 70, les Américains partirent. Ils ne revinrent pas après le coup d'État militaire de septembre 1973. Mais les installations aéroportuaires, dont ils avaient généreusement doté l'île, sont restées. Les Pascuans ont ainsi hérité d'un aéroport international qui a permis le développement de la recherche archéologique et aussi celui des activités touristiques 

Les dimensions de l'île de Pâques sont  modestes. A peine 58 kilomètres de tour. Elle est situé à 3700 kilomètres des côtes chiliennes et à peu près à la même distance de Tahiti. La terre la plus proche, Pitcairn, se trouve 2000 kilomètres plus à l’ouest, c'est là que se réfugièrent les mutins anglais de la Bounty, un symbole complet d'isolement. L'île de Pâques nous offre un paysage de steppes où l'on pratique l'élevage des moutons et des chevaux. On y rencontre aussi quelques maigres cultures. Si l'on fait exception d'une petite forêt d'eucalyptus et d'une palmeraie, les arbres y sont presque totalement absents. Le climat y est tempéré: la température varie entre 12 et 27 degrés.  

L'île a été découverte le jour de Pâques 1722, par le navigateur hollandais Roggeven. Il y rencontra des hommes tatoués, aux oreilles déformées, pendantes jusqu'aux épaules. La population était clairsemée. On l'évaluait cependant à plusieurs milliers d'individus (3000?). On pense qu'elle devait être beaucoup plus importante antérieurement et qu'elle aurait pu atteindre plus de 10000 habitants (17000?). La terre était bien entretenue. Les premiers navigateurs qui l'abordèrent parlent de plantations superbes et d'un territoire ayant l'apparence d'un jardin. 

En 1770, Felipe González de Ahedo, commandant deux navires espagnols, le San Lorenzo et le Santa Rosalia, envoyé par le vice-roi du Pérou, arrive à  l'île de Pâques. C'est la deuxième visite de navires européens sur cette île. Les équipages espagnols y restent six jours, et annexent l'île au nom du roi d'Espagne Charles III. Elle est alors rebaptisée Isla de san Carlos. L'expédition introduit des épidémies, contre lesquelles le système immunitaire des insulaires est sans défense. Les Pascuans commencent à payer cher leur contact avec la civilisation; mais le pire est à venir! James Cook, puis de Jean-François de La Pérouse, feront aussi escale sur l'île. 

Les origines du peuplement de l'île de Pâques demeurent incertaines. Notre guide croit que ses ancêtres venaient de l'Inde. D'après lui, si les Pascuans ont des traits polynésiens, les différences avec les autres habitants des îles du Pacifique sont suffisamment importantes pour estimer qu'ils ne sont pas tout à fait de la même race.  

Voyons ce que nous apprend la légende fondatrice de la civilisation pascuane. D'après cette légende, un chef, Hotu Matua, aurait été contraint de quitter sa patrie, Marae Renga, dans l'archipel d'Hiva, après avoir été vaincu au combat, selon une première version, par suite d'un cataclysme qui aurait englouti les terres d'Hiva sous les eaux, d'après une seconde version. Marae Renga est située par tous les informateurs dans la direction du couchant, c'est-à-dire celle de la Polynésie, et tous s'accordent pour dire qu'il s'agissait d'un pays chaud. Rappelons en outre que Hiva Oa est une île de l'archipel des Marquises, en Polynésie française. Sur la foi d'un présage, Hotu Matua dépêcha six éclaireurs à la recherche d'une île pleine de trous. Ils découvrirent l'île de Pâques, où les grottes sont effectivement nombreuses. Le roi et sa suite apportaient dans leurs pirogues toutes sortes de plantes, d'arbres et d'animaux, dont peu survécurent. Quant Hotu Matua sentit la mort venir, il partagea l'île entre ses enfants. Telle serait l'origine des huit ou dix clans qui occupèrent l'île de telle sorte que chacun ait accès à la mer. 

D'après les recherches archéologiques, l'île aurait été colonisée par des navigateurs venus de l'ouest dès l'an 800, date de la construction de l'Ahu Vinapu, sur la côte occidentale de l'île, dont l'agencement des blocs de pierre évoque l'architecture inca selon des archéologues. Mais d'autres découvertes suggèrent une occupation plus ancienne remontant à l'an 400 ou 500, comme tendraient à le prouver des traces d'activité humaine liées à une espèce de verveine du Chili. Et d'autres encore, situent au contraire le débarquement des premiers colons vers l'an 1200, les signes les plus anciens d'agriculture sur l'île datant du 13ème siècle, selon leurs recherches. Il y aurait donc pu avoir diverses occupations intermittentes de l'île. Les Polynésiens, remarquables marins, détectaient la terre ferme bien avant de la voir, en scrutant la forme des vagues et des nuages, en suivant les oiseaux. Partis d'Asie du Sud-Est, ils auraient gagné par étapes l'île de Pâques et peut-être même ensuite les cotes sud-américaines. 

On sait que Thor Heyerdahl, quant à lui, soutenait la thèse d'un peuplement en provenance du Pérou. C'est pour démontrer la possibilité de cette théorie qu'il entreprit, en 1947, l'expédition du Kon-Tiki. 

D'après une autre légende, l'île était gouvernée, dans les temps anciens, par des hommes aux lobes étirés, intelligents et dominateurs, qui s'appelaient les Longues Oreilles. Ils firent élever des statues par leurs serviteurs, les Courtes Oreilles. Un jour, ils demandèrent que l'on épierrât le sol de l'île. Les Courtes Oreilles se révoltèrent et leurs maîtres se réfugièrent dans la péninsule de Poïké, à l'est. Pour se protéger, et avec l'intention secrète d'y brûler les rebelles, les Longues Oreilles creusèrent un large fossé. Une trahison permit aux Courtes Oreilles d'éventer le stratagème. Ils prirent leurs ennemis à revers et les précipitèrent dans les flammes. Deux ou trois Longues Oreilles échappèrent à la tuerie. Quelques Pascuans se targuent aujourd'hui d'être leurs descendants. 

Les huit ou dix tribus de l'île étaient perpétuellement en conflit. Une alliance aurait opposé celles de l'Est à celles de l'Ouest. Il en résultait des séries de massacres et de festins cannibales. Mais les découvertes archéologiques ne confirment pas ces conflits perpétuels qui ont peut-être été exagérés.  

L'existence de plusieurs populations pourrait s'expliquer par des migrations successives qui auraient pu venir pour certaines de l'Est et pour d'autres de l'Ouest. Les deux thèses sur les origines du peuplement de l'île seraient ainsi réconciliées. Un certain nombre d'indices semblent cependant confirmer l'origine polynésienne des Pascuans ou Rapanuis; à Mangareva (archipel des Gambier) et aux Marquises, le mot rongo-rongo (tablettes de bois parlant gravées de caractères énigmatiques de l'île de Pâques) fait référence à un chant qui énonce la généalogie des chefs coutumiers; l'analyse de l'ADN des Rapanuis, réalisée en 1971 et 2008 par Erik Thorsby, professeur en immunologie à l'université d'Oslo, apporte une preuve difficilement réfutable de l'origine polynésienne des Pascuans. Mais d'où venaient les Polynésiens? Peut-être, comme on l'a dit plus haut, d'Asie du Sud-Est.  

Voici quelques éléments de l'histoire de l'île de Pâques depuis le milieu du 19ème siècle. 

En 1862, une flotte péruvienne accosta dans l'île. Après avoir attiré les insulaires, grands amateurs de musique, en jouant de l'accordéon, les Péruviens capturèrent environ 1500 Pascuans, prêtres et roi compris, pour les emmener travailler de force dans les mines de guano, sur les îles Chincha. Les rares survivants furent évacués sur le continent lorsque l'Espagne, qui n'avait pas encore reconnu l'indépendance du Pérou, occupa les îles Chincha le 14 avril 1864, au début de la Guerre hispano-sud-américaine (1864-1866). De là, ils furent rapatriés grâce aux pressions des missionnaires et du consul de France à Lima, mais au retour ils propagèrent une épidémie de variole, manquant de peu d'exterminer le reste de la population de l'île de Pâques. 

Au cours du 19ème siècle, je tiens cette information de notre guide, l'île aurait appartenu à des fermiers français. L'élevage des moutons y aurait alors achevé de ruiner l'agriculture. Je ne sais trop pourquoi, ni dans quelles circonstances, l'île aurait ensuite été cédée au Chili. Je n'apprendrai que plus tard quelles furent alors les tribulations de l'île. Elles sont dues en  grande partie à l'un de nos compatriotes, Jean-Baptiste Onésime Dutrou-Bornier. Cet individu naquit le 19 novembre 1834, à Montmorillon, une commune du Centre-Ouest de la France, dans une famille de notables, et rien ne semblait le prédisposer à un destin hors du commun. Rien, sauf son goût pour les aventures dans les mers chaudes, venu précocement, on ne sait trop comment, tant et si bien, qu'à peine âgé de 14 ans, il décida de quitter la vie bourgeoise, à laquelle il était promis de par ses origines familiales. Il partit seul, à pied, en direction du Havre où il s'engagea comme pilotin. C'était en 1848. A partir de cette date, on peut dire qu'il ne resta pas longtemps les deux pieds dans le même sabot! Qu'on en juge. Il participe comme volontaire à la Guerre de Crimée (1853-1856). En 1860, il devient capitaine au long cours. En 1865, il commande, dans le Pacifique, le Tampico, un navire qui est pour un tiers sa propriété. Parti de Bordeaux, il atteint Tahiti et, en octobre 1866, transporte des missionnaires de Valparaiso à l'île de Pâques pour renforcer la présence des Pères Eugène Eyraud et Hippolyte Roussel. Pendant quelques temps, il assure les liaisons commerciales entre le Pérou, le Chili et les archipels d'Océanie où il recrute de la main d'oeuvre pour les plantations de Tahiti et de l'île de Pâques. Là, début 1867, il essaie de monter une exploitation qui échoue, avant d'acheter un terrain pour l'élevage, sur lequel il s'installe en avril de la même année, après avoir revendu son navire. Il entretient alors d'excellents rapports avec les missionnaires et assiste aux derniers moments du Père Eyraud (août). Mais les choses tournent au vinaigre, en 1869, lorsque Jean-Baptiste Onésime décide d'acheter des terres qui bordent la mission pour y développer un important élevage. Il introduit alors sur l'île huit mille quatre cents moutons, cent cinquante boeufs et une vingtaine de chevaux; en septembre, un conflit éclate avec les missionnaires, ceux-ci refusant de couvrir les spoliations dont sont victimes les habitants de l'île. Notre Français, qui n'est pas à bout d'expédients, organise alors une armée de mercenaires et attaque les missions de Hanga Roa et de Vaihu; les demeures sont brûlées, les champs dévastés. En février 1871, Dutrou-Bornier fournit à son associé des centaines d'habitants, réduits en esclavage, pour les plantations de Tahiti. Monseigneur Étienne Jaussen est contraint, en juin, de faire évacuer ses missionnaires de l'île de Pâques. Devenu seul maître sur l'île, Dutrou-Bornier, épouse une autochtone qui s'autoproclame reine, le moment est venu de troquer son statut d'aventurier étranger pour celui de monarque par alliance; il sera le roi Pito-Pito! Il gouvernera l'île à sa fantaisie en tirant habilement parti des oppositions qui séparent depuis toujours les différents clans. Mais il n'est pas totalement dupe et, comme il sait sa position précaire, il tente de la consolider par un protectorat de la mère patrie. C'est ainsi, qu'à plusieurs reprises, en 1872, 1874 et 1875, il incitera son épouse, la reine, à solliciter l'appui du gouverneur de Tahiti pour obtenir de la France une protection qui ne lui viendra jamais. Et ce qui devait arriver arriva; dès le début de 1877, on commence à parler de sa disparition; ses amis prétendent qu'il est mort des suites d'une chute de cheval, mais beaucoup d'autres personnes pensent qu'il a été massacré par ses sujets lassés de ses exactions. Le fait est que la population de l'île atteignait 900 habitants lors de son arrivée et, qu'à sa mort, elle ne comptait plus que 130 habitants vivant misérablement. L'ethnologue Alphonse Pinart rencontra sa veuve la même année; celle-ci décrivit son défunt mari comme un homme courageux qui a introduisit la civilisation sur l'île de Pâques. Mais, l'amiral François-Théodore de Lapelin, qui le vit en 1872, le décrivit, lui, comme un individu violent et sans scrupules. 
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Pito-Pito - Source : Wikipédia
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Cette aventure quelque peu rocambolesque, est à rapprocher de la tentative de création d'un royaume en Patagonie, qui porta le nom de Nouvelle-France. Ce royaume fut fondé en 1860 en Amérique du Sud par Antoine de Tounens, ancien avoué à Périgueux. Ce dernier réussit à se faire reconnaître pour roi par les Indiens Mapuche, sous le nom d'Orélie-Antoine 1er. Il revendiqua pour son royaume des territoires convoités par l'Argentine et le Chili. L'aventure tourna là aussi très mal et entraîna le massacre d'un bon nombre de ses partisans par l'armée argentine. En janvier 1862, Orélie-Antoine, tomba aux mains de ses ennemis et ne dut sa libération qu'à l'intervention de Henri de Cazotte, consul général et chargé d'affaires de France au Chili. Le monarque déchu se réfugia alors en France où il s'entoura d'une petite cour en continuant à revendiquer son titre de roi. Plusieurs expéditions furent organisées pour secourir son peuple qui continuait à se battre pour son indépendance, toutes échouèrent. Cependant, après la mort du premier roi, un second lui succéda et il existe encore aujourd'hui un prétendant à ce trône fantôme. Quant aux territoires du royaume, ils ont été partagé, en décembre 1902, entre le Chili et l'Argentine, et il est probable que les Mapuches ne fondent plus beaucoup d'espoir sur cette dynastie. Dernière remarque, parmi les trois personnes qui massacrèrent les Amérindiens de Terre de Feu, avec un Anglais et un Croate, il y avait aussi un Français. Des Français se sont illustrés, en Amérique comme en Océanie et, si nous en parlons peu, c'est sans doute parce que nous n'avons pas lieu d'en être toujours fiers. 

Quoi qu'il en soit, ce bref passage de l'île de Pâques sous domination non pas française, mais d'un Français, pourrait expliquer la susceptibilité manifestée par le gouvernement chilien lors de l'affaire des timbres contestés. Voici de quoi il s'agit. Les autorités de Tahiti eurent l'idée d'émettre une série de timbres dédiés à la culture polynésienne. L'île de Pâques y avait bien sûr sa place, parmi d'autres, notamment Hawaï. Les États-Unis ne trouvèrent rien à redire à cela. Mais le gouvernement chilien s'en émut. Il y vit une tentative de la France pour revendiquer indirectement des droits sur l'île de Pâques. La réaction chilienne fut suffisamment vive pour entraîner le retrait de la circulation des timbres contestés. Lors de mes visites au Chili, j'en vis en vente dans les boutiques de Santiago. Les philatélistes en faisaient alors, semble-t-il, grand cas. 

En 1888, l'île de Pâques fut annexée par les autorités chiliennes. La situation des Pascuans allait-elle enfin s'améliorer? Nullement. L'île fut louée à des planteurs et éleveurs anglais et les autochtones furent parqués dans le village de Hanga Roa qui fut entouré d'une clôture de fils de fer barbelés. Cette situation dura jusqu'à la seconde moitié du 20ème siècle (1966); les barbelés furent alors retirés et les habitants du village obtinrent le statut de citoyens chiliens de plein exercice, libre de circuler sur leur terre et de disposer de leurs biens. D'après notre guide, le premier président chilien à se rendre sur l'île fut Pinochet. 

Aujourd'hui, les descendants des autochtones représentent à peu près 60 % de la population de l'île, les 40 % restant étant constitués de Chiliens venus du continent ainsi que de personnes d'origine européenne, chinoise ou d'autres pays du Pacifique. La population oscille entre deux et trois mille âmes regroupées dans le village unique, Hanga Roa. Notre guide est un métis d'Anglais et de Pascuans. 

Revenons maintenant à la visite de l'île.    

L'agence de voyage nous avait conseillé de nous munir de boissons alcoolisées difficiles à trouver sur l'île. Cette recommandation s'est avérée superflue. Dans une sorte de magasin général du village, de la bière, du vin et du pisco étaient en vente, comme sur le continent. 

Nous passons l'après-midi, après notre arrivée, à la découverte de l'environnement, autour de notre hôtel. Les côtes de l'île sont constituées d'un amas de roches volcaniques noires et tourmentées, battues avec violence par les vagues. Les falaises sont assez souvent creusées de grottes où s'engouffre la mer avec furie. Les grottes à l'abri des eaux ont servi autrefois de refuges aux hommes. De nombreuses cavernes naturelles de ce type se rencontrent sur le pourtour de l'île. Elles recèlent des ossements, des outils de pierre et quelques gravures. Nous n'avons pas eu le temps de les visiter. 

Sur le pourtour du rivage, on aperçoit des groupes de moais; ces marcheurs de rêves des légendes locales tournent le dos à la mer, pour être face à la terre et à ses habitants. Ces statues se dressent sur une plate-forme de pierres sèches, précédée d'une esplanade en pente, dallée de gros cailloux bombés. Derrière la plate-forme se trouve une sorte de terrasse. Cet ensemble constitue l'ahu, un lieu de sépulture.  

L'Ahu Tahai est typique de ces sanctuaires: une paroi d'environ 2 mètres, en pierres sèches, surmontée d'une plate-forme plus étroite et précédée d'un plan incliné. Là se trouvaient les caveaux. On exposait d'abord les cadavres sur le terre-plein situé derrière l'ahu. On y laissait les corps se dessécher. Ils étaient ensuite ensevelis dans des cavités aménagées sous la plate-forme. Ce genre de monuments n'est pas unique; on le retrouve ailleurs en Polynésie. Ce qui surprend à l'île de Pâques, c'est son abondance: on en compterait plusieurs centaines. 

Nous passons devant des tours rondes, basses et larges, édifiées en pierres sèches. Les murs en sont percés de plusieurs portes rectangulaires. Le terrain alentour, bosselé de ruines, laisse supposer qu'il s'agissait d'un complexe de bâtiments plus important. 

Nous remarquons ensuite une large chaussée dallée qui conduit jusqu'à la mer dans laquelle elle paraît s'enfoncer et continuer jusqu'à des cités englouties. 

Un peu plus loin, un moai a été reconstitué. La statue noire est recouverte de son chapeau rouge, le pukao, qui serait en fait un chignon. Ses orbites sont garnies de cailloux ou de coquillages blancs qui tranchent vivement avec le noir du visage. La plupart des autres moais ont les yeux vides ce qui leur confère un troublant regard d'aveugle. 

Le lendemain, nous entreprenons le tour de l'île, en compagnie de notre guide. Nous nous arrêtons auprès du cercle de danse, une circonférence de pierres posées sur le sol, avec une pierre plus haute en son milieu. C'était un lieu de cérémonie rituel qui, mystère des analogies entre civilisations éloignées, n'est pas sans rappeler les cromlechs de nos régions, dont certains, d'ailleurs, portent  le même nom. A coté, gisent plusieurs moais, le nez sur le sol. Leurs chapeaux ont roulé au devant d'eux. Un chapeau arrive presque à la hauteur des épaules d'un homme moyen. C'est dire combien il devait être difficile de les jucher sur la tête de statues qui mesuraient plusieurs mètres de haut. 

Nous passons par le village où plusieurs moais ont été relevés. Une très belle tête de moais est posée sur le sol, à côté de son tronc mutilé. Nous découvrons un petit cimetière aux croix blanches; il est entouré d'un mur de moellons à peu près de la même couleur que la pouzzolane de mon Auvergne natale. A l'horizon moutonnent des collines rases. 

Nous nous rendons ensuite à la carrière des moais, l'endroit sans doute le plus émouvant de l'île. Sur les flancs du volcan Rano Raraku, situé en direction du nord-est de l'île, s'élèvent de nombreuses statues fichées dans le sol. Ce sont elles qui impressionnèrent le plus les visiteurs du 19ème siècle tant leur nombre est imposant. Dans la carrière proprement dite, on aurait dénombré plus de 200 ébauches de moais*. L'état variable d'avancement des travaux révèle comment s'y prenaient les sculpteurs pour tirer du roc les formes qu'ils voulaient obtenir. Devant ces gisants inertes, encore attachés à la colline par une sorte de cordon ombilical, on a l'impression que le travail des sculpteurs a brusquement été interrompu par un terrible événement. Notre guide nous parle d'une épidémie qui aurait décimé la population et l'aurait réduite à un point tel (entre 100 et 150 personnes) qu'elle aurait dû consacrer toute son activité à la production des ressources nécessaires pour assurer sa subsistance; peut-être s'agit-il d'une évocation lointaine du retour des esclaves des îles Chincha. 

* On compterait en fait sur l'île 887 moais, mesurant de 1 à 21 m. 397 n'auraient jamais quitté la carrière de Rano Raraku, le plus gros, Te Tokanga, mesurant 21 mètres et pesant environ 150 tonnes. 288 ont été transportés à travers l'île et dressés sur des terrasses sacrées (ahu). Le plus imposant des moais déplacés est couché, il fait 10 mètres de long et pèse 74 tonnes. 92 sont tombés en chemin et sont restés dans cette position (Source : Geo).  

D'après une hypothèse, voici comment les choses se seraient passées. L'île de Pâques était primitivement couverte de forêts de différentes essences (palmiers, pins etc...) dont on a retrouvé des traces de pollen. Le sol conservait l'humidité et les cultures vivrières y étaient abondantes. Dans ce contexte, pendant treize siècles, se développa la civilisation des moais, au sein d'une société divisée en clans, fortement hiérarchisée, dominée par les rois et les prêtres, qui pratiquait le culte des ancêtres. Vers la fin du 17ème siècle, pour une raison inconnue, les forêts périclitèrent et disparurent. On note en effet que le bois ne fut subitement plus utilisé pour la cuisson des aliments, à partir de cette époque. Compte tenu de la rapidité du phénomène, cette catastrophe écologique n'est vraisemblablement pas imputable à l'homme. Des recherches ont montré que plusieurs années de sécheresse en furent la cause. Privé de forêts, le sol de l'île se dessécha et les cultures s'appauvrirent. L'absence de bois pour construire des bateaux rendait vain tout espoir d'évasion vers une terre plus hospitalière; les Pascuans étaient prisonniers de leur île. Il fallut défricher de nouvelles terres toujours plus nombreuses avec un rendement de plus en plus faible. Parallèlement, les rois et les prêtres exigèrent la fabrication massive de statues pour apaiser la colère des dieux et ramener la prospérité. Le nombre élevé de statues debout, enfoncées dans le sol, près de la carrière, trouverait ainsi une explication. Toutes ces statues, de facture récente, aurait été dressées là, aussitôt achevées, dans l'attente de leur transport vers leurs lieux d'implantation définitifs. Excédé de travail, le peuple aurait fini par se révolter et par renverser les idoles ingrates qui refusaient de répondre favorablement à ses supplications. Plus tard, les survivants de cette révolution, auraient adopté un nouveau culte: celui de l'homme-oiseau. L'oiseau migrateur qui, au moment de la nidification, vient pondre ses oeufs sur les rochers désolés situés au large de l'île, aurait représenté pour les Pascuans le symbole de la liberté et de l'envol vers un monde meilleur. L'arrivée des blancs, un siècle plus tard, ne permit malheureusement pas à cette nouvelle civilisation de prendre son essor.  

Après avoir analysé les restes de plusieurs outils en obsidienne, une pierre volcanique assez abondante sur l'île, des chercheurs ont constaté que l'utilisation de ces outils variait d'un endroit à l'autre de l'île. Ils en conclurent que des contraintes environnementales, précipitations aléatoires, déclin de la qualité des sols... seraient à l'origine de l'extinction de la civilisation pascuane. Cette thèse précise la précédente sans la contredire. On a remarqué aussi que les lames d'obsidienne n'étaient pas pointues, ce qui permet de les écarter d'un usage guerrier et de les ranger dans la catégorie plus triviale des objets de jardinage. Les Pascuans auraient d'ailleurs su admirablement s'adapter à leur environnement et à ses changements et tirer le meilleur parti d'un sol plutôt ingrat. D'autres chercheurs enfin attribuent aux rats amenés par les premiers colons la disparition progressive des forêts, comme on l'observe dans d'autres îles du Pacifique, et aussi à l'arrivée des Européens qui, comme ailleurs, traitèrent les sauvages à coups de fusils et les réduisirent à l'esclavage.  

La taille énorme des statues pose évidemment le problème de leur transport vers le lieu où elles devaient être érigées. La plupart du temps, ce lieu est situé à plusieurs kilomètres. Selon les insulaires, le déplacement s'effectuait par une force magique, grâce au mana. Une vieille femme, encore vivante à l'époque de la seconde guerre mondiale, prétendait, d'après notre guide, que les sculpteurs ordonnaient à la statue de marcher et qu'elle allait se placer seule à l'endroit qui lui était assigné. Plus prosaïquement, on a longtemps pensé que le transport des statues s'effectuait en les faisant glisser sur de la terre mouillée ou rouler sur des troncs d'arbres; une thèse écologiste a même attribué à cette manière de les déplacer la disparition des forêts. Mais un chercheur tchèque, Pavel, observant la morphologie ventrue des moais, en tira la conclusion que leur centre de gravité se trouvait très bas, ce qui les rendait relativement stables en position verticale; dès lors, il devait être possible de les mouvoir en les faisant se dandiner, comme on déplace assez souvent de lourds objets; des expériences ont prouvé que cette solution était possible, ce qui a remis en selle de manière imagée la tradition de la marche. Bien sûr, toutes les statues n'arrivaient pas à bon port. Plusieurs se brisaient en route. Du haut de la carrière, on distingue encore le chemin qu'elles empruntaient. Il est jalonné de débris. Les statues sont couchées sur le nez; or, pour être traînées sur de la terre mouillée ou sur des troncs, elles auraient été forcément allongées sur le dos. 

Je remarque, près de la carrière, un moai debout sur lequel est gravé un bateau à voiles, peut-être celui de La Pérouse. Cette gravure est-elle contemporaine de la création de la statue? Je pense plutôt qu'elle lui est postérieure. 

Au fond du cratère du volcan Rano Raraku s'étend un petit lac recouvert d'une végétation verte qui, partant des bords, a tendance à gagner vers le centre. D'autres statues ornent les pentes du cratère, couvertes d'une herbe jaunâtre. 

En quittant la carrière, nous passons auprès de Tukuturi, le moai assis. Très différent des autres, il serait de facture plus ancienne. 

Un peu plus loin, des animaux sont gravés sur de larges dalles naturelles du sol: grenouille, poisson, tortue. La grenouille étant inconnue à l'île de Pâques, sa présence dans ce bestiaire est une énigme. 

Ensuite, nous nous dirigeons vers une statue géante qui gît brisée sur le sol. Il s'agirait de la "Mère", un monolithe de 24 mètres! Dans son voisinage se trouve le nombril du monde, un cercle de cailloux avec, disposé en son milieu comme un gros oeuf, un cailloux lisse de forme ovale presque ronde. Il est accompagné de trois autres cailloux à forme d'oeuf, beaucoup plus petits, disposés en triangle autour de lui. Quelle pouvait bien être la signification rituelle d'un tel assemblage? Mystère. Souvenons-nous toutefois que ses anciens habitants appelaient Rapa Nui, le "Nombril du monde" ou "l'Oeil tourné vers le ciel". 

Nous déjeunons sur le pouce, dans une palmeraie au bord de la mer. On prétend que le premier roi de l'île y habita. Au milieu des arbres s'élève l'Ahu Nau Nau que l'on peut voir sur beaucoup de cartes postales. Ce monument funéraire est justement célèbre. Il doit sa notoriété à la beauté de ses statues et aussi à l'environnement agréable qui l'entoure. 

A quelques distances de lui se dresse l'ahu reconstitué par Thor Heyerdahl au cours de l'une de ses missions. Intrigué par la manière dont les statues avaient pu être érigées, l'explorateur norvégien mit au défi une dizaine de Pascuans de replacer un moai de 25 tonnes sur sa plate-forme. Ils y parvinrent en 25 jours, entassant des pierres à mesure sous le ventre du colosse et prenant pour leviers deux troncs de 5 mètres. 

Depuis, d'autres statues ont été relevées. Quelques années après la tentative de Thor Heyerdahl, les sept statues de l'Ahu Akivi, d'un poids de 15 tonnes, furent redressées par l'équipe de Mulloy, la première en plus d'un mois, la dernière, l'expérience aidant, en moins d'une semaine. La tâche de l'édification des moais n'était donc pas surhumaine. Toutes les statues de l'île étaient à terre lorsqu'elles furent découvertes, sauf celles qui sont à moitié enterrées au flanc du volcan Rano Raraku, près de la carrière. Il reste donc encore beaucoup de travail à faire pour les remettre debout. 

Le lendemain, nous nous dirigeons vers d'autres endroits de l'île. 

L'Ahu Vinapu est très intéressant. Sa construction rappelle pour moi davantage le style de Tihuanaco, que celui des Incas, dont il a été question plus haut. Peu importe d'ailleurs, sa présence constitue un argument en faveur de la thèse d'un peuplement sud-américain possible. Il est hautement probable que des échanges existaient, ne serait-ce que ponctuellement, dès une époque très reculée, entre l'île et le continent. D'après notre guide, c'est le même mot qui désigne la pomme de terre en Pascuan et en Aymara. La patate douce, tubercule venu aussi du continent américain, confirmera ultérieurement les renseignements venus de la pomme de terre, lorsque des chercheurs auront détecté sa présence sur les dents de squelettes pascuans du 14ème siècle. Enfin, une étude approfondie du patrimoine génétique de vingt-sept Rapanuis, publiée en 2012, démontrera qu'ils ont compté, entre 1300 et 1500, des Sud-Américains parmi leurs ancêtres. L'hypothèse de Thor Heyerdahl n'était donc pas complètement farfelue.  

Non loin d'Orongo, au sud de l'île, le village des hommes-oiseaux domine le cratère du volcan Rano Kao. Le fond du cratère est occupé par un lac dont les eaux croupissantes sont recouvertes de plaques d'une végétation qui évoque une sorte d'écume ou de moisissure. Les constructions du village, de larges tours basses en pierres sèches, au toit de gazon, rappellent celles que nous avons vues le premier jour. Les rochers voisins sont décorés d'un réseau serré de pétroglyphes représentants des personnages stylisés tenant de l'homme et de l'oiseau. Ces sculptures étaient destinées à attirer sur les Pascuans les faveurs de Makemake, le dieu oiseau, ou pour le remercier. 

Devant les tours, une haute falaise tombe abruptement dans la mer. A bonne distance, on aperçoit un rocher pointu qui émerge des eaux et, plus loin, une petite île, puis une île plus vaste, proches l'une de l'autre. C'est là que les jeunes gens devaient, chaque année, en septembre, au moment de la ponte des oiseaux migrateurs, aller chercher l'oeuf qui consacrerait homme-oiseau le vainqueur. 

Au signal convenu, les concurrents devaient se jeter du haut de la falaise dans la mer, nager jusqu'à l'île où venaient pondre les oiseaux, des sternes, y découvrir un oeuf, pas n'importe lequel, il devait être blanc et marqué de taches couleur café. Trouver un tel oeuf n'était pas facile. Tous n'étaient pas tachés et ceux qui l'étaient pouvaient avoir disparu, gobés par un prédateur, l'oiseau-larron, un aigle friand de cette nourriture. Une fois l'oeuf rare en mains, il fallait le rapporter intact au point de départ. C'était une épreuve réservée seulement à des hommes courageux et athlétiques. On déclarait vainqueur celui qui réussissait l'exploit dans le minimum de temps. Homme-oiseau, pendant un an, il présidait les cérémonies comme une sorte de pontife. 

Le mythe des hommes-oiseaux n'est pas propre à l'île de Pâques. On le retrouve ailleurs, notamment en Occident et chez les aborigènes d'Australie, même si la signification de ce mythe varie d'une culture à l'autre. Comme on l'a vu plus haut, il pourrait symboliser un souhait de liberté (une page consacrée aux hommes-oiseaux est  ici). 

La carrière aux chapeaux est située sur une colline, vers le milieu de l'île, assez loin de celle des moais. Le paysage alentour est vallonné. La terre y est de couleur rouge brique, comme la roche dans laquelle étaient taillés les chapeaux. On ne ressent pas la même émotion en visitant cette carrière qu'en visitant celle des moais. Les vestiges sont beaucoup moins nombreux et on n'y éprouve pas le sentiment d'abandon soudain ressenti sur les pentes du Rano Raraku. Le long de la pente, des chapeaux abandonnés indiquent, là aussi,  le chemin par lequel ils étaient roulés. 

Nous terminons notre visite par le site des sept moais, c'est-à-dire l'Ahu Akivi. Ses moais ont été relevés, on le sait, à une date relativement récente. Avec sept moais, l'Ahu Akivi, figure parmi les mieux lotis. Il n'est cependant pas celui qui compte le plus grand nombre de statues. L'Ahu Tangariki en comporte quinze. Mais je crois qu'elles étaient encore à terre lors de notre bref séjour sur l'île. Un examen attentif de l'Ahu Akivi, la comparaison des sept moais, permettent de se faire une idée plus précise des canons de la statuaire pascuane classique. Ces hommes-troncs, tout en buste, sont totalement dépourvus de membres inférieurs. La tête, plus haute que large, plus large à la base qu'au sommet, est rejetée vers l'arrière. Le haut de la tête est aplati pour recevoir le chapeau. Les lobes des oreilles sont étirés. Le nez épaté, large, est souvent un peu relevé vers le haut. Le menton est  aigu et volontaire. Les bras, malingres, sont terminés par des doigts longs et effilés posés sur un ventre légèrement bombé. L'ensemble, comme taillé à coups de serpe, donne une impression de puissance et de sauvage grandeur qui ne doit pas laisser grand monde indifférent. 

En dehors des moais, nous tenons de la civilisation pascuane d'autres témoignages qui, bien que moins imposants, n'en sont pas moins révélateurs du génie de ce petit peuple qui vécut, presque totalement isolé du monde, dans une île perdue au milieu de l'océan, pendant des siècles. J'ai déjà parlé des pétroglyphes, si nombreux auprès du village des hommes-oiseaux. J'ai fait allusion aux dessins des grottes. Je voudrais évoquer l'écriture, malheureusement encore indéchiffrée, dont on trouve des exemples gravés sur des planchettes, appelées bois parlant ou rongorongo. Et enfin, je voudrais citer les moais kavakava, ces statuettes taillées dans du bois précieux, symbolisant l'esprit des défunts, d'une facture souvent très aboutie, qui dénotent chez leurs auteurs d'indéniables qualités artistiques. 

La civilisation pascuane pose bien des énigmes. Les dernières recherches confirment qu'elle est ancienne et que ses vestiges se composent de plusieurs couches superposées. Les statues abattues ne sont pas toutes couchées sur leur nez; plusieurs ont été réemployées dans des constructions plus récentes. Certaines ont même été posées sur des sépultures qui ne leur sont pas contemporaines, comme pour en protéger l'accès. Celles qui sont encore debout, à demi enterrées, à proximité de la carrière, sont de facture différente, par leur dimension (elles sont plus grandes) comme par plusieurs détails (traits plus fins, absence de cavités pour les yeux...), de celles qui, transportées plus loin, ornaient les côtes de l'île, ce qui pourrait laisser supposer qu'elles n'étaient pas destinées à être placées ailleurs comme on l'a longtemps cru; les statues étaient-elles terminées dans la carrière ou sur les lieux de leur destination finale? Enfin, celles qui jonchent le chemin reposent parfois sur des endroits manifestement préparés pour les recevoir et ne sont donc pas toujours des débris accidentellement abandonnés en cours de route. L'archéologie a encore certainement beaucoup de choses à nous apprendre sur cette île qui n'a pas cessé d'intriguer depuis sa découverte tous ceux qui l'ont visitée.  

De nouvelles hypothèses concernant le culte de l'homme-oiseau ont été également formulées. Au dos d'un moaï, trouvé dans une grotte et ramené en Angleterre par une équipe d'archéologues britanniques, ont été découverts deux oiseaux gravés de style pascuan se faisant  face. On a cru d'abord qu'ils se touchaient bec à bec. Mais une analyse plus fine, réalisée en trois dimensions sur ordinateur, révéla que les becs ne se touchaient pas et que l'un d'entre eux était plus court et arrondi que l'autre. Ce détail amena les archéologues à penser que ce couple d'oiseaux représentait un mâle et une femelle. Au-dessus de leurs becs était d'ailleurs sculpté un oisillon. Cet ensemble pourrait symboliser la fécondité et la renaissance et constituer un saisissant résumé du culte de l'homme-oiseau. 

L'île de Pâques n'a pas fini de faire rêver, ni de susciter des controverses.

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