Notes sur l'Agartha
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On sait que les Tibétains croient en l'existence de Grands Saints qui vivent plusieurs siècles et sont chargés de veiller sur l'humanité. Cette croyance est peut-être l'une des sources du mythologique royaume souterrain où habiterait une race d'êtres supérieurs chargée de diriger l'humanité. Ce mythe, qui remonte à l'Antiquité, a été repris à l'époque moderne. 

Au premier siècle de notre ère, Apollonios (ou Apollonius) de Tyane, philosophe grec, se lance, en compagnie de son élève, Damis, sur les traces de Pythagore, vers le royaume des hommes qui savent tout (Shambala). Passées de très hautes montagnes, les deux compagnons parviennent dans une contrée où des incidents étranges se produisent. Le chemin que suit leur caravane disparaît derrière eux au fur et à mesure qu'ils avancent. L'environnement est si mobile qu'il est impossible de s'y repérer. Un jeune homme au teint bistre leur apparaît bientôt. Il enjoint à la caravane de s'arrêter. Apollonius et son compagnon sont attendus, mais eux seuls doivent rencontrer les Maîtres. Les deux Grecs abandonnent leurs porteurs et suivent le jeune homme. Apollonius est présenté au roi des Sages. Celui-ci connaît tout des péripéties de son voyage. Au cours des mois qui suivent, avant le retour vers la Grèce des deux voyageurs, ces derniers sont témoins de choses à peine croyables. Des pierres dotées d'une lumière intérieure intense sont utilisées comme lampes et permettent d'y voir la nuit comme en plein jour. Leurs hôtes habitent à la fois sur terre et ailleurs. Ils ont le pouvoir de se déplacer dans les airs. Ils vivent en communauté, ne possèdent rien et disposent cependant de toute la richesse du monde.    

En 1886, le marquis Alexandre Saint-Yves d'Alveydre (1842-1909), poète et écrivain français peu connu, esprit mystique tourmenté par l'idée de concilier la science et la religion, la gauche et la droite, publie la "Mission de l'Inde", ouvrage qu'il détruit ensuite mais qui sera publié à nouveau après sa mort. Il laisse avoir reçu l'initiation d'un Brahme-Gourou-Pandit, nommé Hardjij Scharipf, qui lui aurait été présenté par le général Dumont, commandant le 3ème corps d'armée. Il aurait particulièrement été informé au sujet de l'Agartha (orthographié Agarttha) et à ceux de la langue primitive sacrée : le "vattan". Dans son livre "Mission de l'Inde en Europe, mission de l'Europe en Asie", il ambitionne de replacer la question du Mahatma à sa véritable place. Sans en dévoiler les secrets, pour ne pas stimuler la convoitise des colonialistes occidentaux, il disserte longuement sur l'Agartha, un immense royaume souterrain situé en un lieu sacré et secret de l'Himalaya, où se sont réfugiés, voici cinq mille ans, les rescapés de l'ancien monde pour échapper à l'anarchie babylonienne. Ce royaume souterrain est éclairé par un soleil intérieur. Comme sur la Terre, il y pousse des arbres et des fleurs, et des animaux ainsi que des hommes y vivent. Son gouvernement est organisé selon un régime synarchique, qui reposerait sur trois pouvoirs sociaux distincts: 1°)- L'Autorité enseignante selon l'Ordre de Dieu; 2°)- Le pouvoir de justice selon l'Ordre de Melchisédec; 3°)- Le pouvoir économique selon l'Ordre des Anciens, ce dernier pouvoir étant local. On trouverait des traces de cette organisation trinitaire, un des éléments essentiels de la synarchie, dans certaines de nos institutions dévoyées par l'anarchie populaire comme par celle des élites. Le monde souterrain est dirigé par un collège de grands initiés et un mystérieux pontife, faiseur de miracle, que personne ne peut rencontrer; tous les hiérarques sont nommés à la suite d'un examen. Les bibliothèques et les archives de pierre de l'Agartha s'étendent sur des kilomètres; elles contiennent de grands secrets et toute l'histoire de l'humanité, écrits par les grands initiés. Il s'agirait en fait d'une université de Sages fermée sur elle-même qui serait issue de l'antique empire celte de Ram. Cet empire aurait survécu à travers les millénaires depuis la révolution d'Irshou qui mit fin à l'âge d'or de la synarchie pour lui substituer l'anarchie dans laquelle l'humanité se débat encore.  

Les habitants de l'Agartha auraient la faculté de pénétrer dans les enfers où vivraient des hommes volants habitués aux températures élevées. Ces hommes seraient pourvus de griffes qui leur permettraient de s'accrocher aux parois et aux voûtes rocheuses des grottes souterraines. Les habitants de l'Agartha auraient atteint un degré élevé de connaissance. Ils seraient capables de sélectionner les espèces et de les transformer. L'auteur donne l'exemple d'hommes à la langue dédoublée qui peuvent parler à deux personnes à la fois sans mélanger leurs deux discours et d'une sorte de tortue à quatre bouches et quatre yeux, disposés aux extrémités des branches d'un X, dotée d'un grand nombre de pattes ce qui lui permet de courir dans toutes les directions. A la suite d'une révolte des classes inférieures, celles-ci auraient été chassées de l'Agartha et les bohémiens qui errent dans nos contrées seraient les descendants de certains de ces parias. Le pontife de l'Agartha serait choisi en fonction de son mérite et la fonction ne serait donc pas héréditaire. Il monterait un éléphant blanc et nul ne pourrait voir son visage toujours caché derrière une flamme. Il se rendrait dans la crypte où reposerait son prédécesseur pour entrer en communication avec son âme et avec les anges qui lui prodigueraient leurs conseils. Le défunt resterait dans la crypte jusqu'à ce que son successeur mort viendrait le remplacer. Saint-Yves d'Alveydre invite fermement les Européens à adopter la synarchie, en faisant du Pape leur pontife, faute de quoi les Asiatiques, les Chinois en particulier, plus aptes à se plier à ce système, en raison de leurs traditions, les supplanteront dans la direction du monde. Il prophétise que la Russie, en raison du caractère mixte de sa population, jouera un rôle important dans la libération de l'Asie du joug colonial et il invite l'Angleterre à s'entendre avec cette puissance, tout en recourant à la synarchie, pour éviter d'être évincée par la force de son empire des Indes. Une fois la synarchie installée en Europe, sous l'égide du Pape, l'Agartha ouvrira ses portes. La paix et l'harmonie régneront alors sur un monde dominé par l'alliance de la science et de la religion réconciliées.   

La production littéraire et philosophique de Saint-Yves d'Alveydre aborda bien d'autres sujet. Il s'intéressa à l'utilisation des algues au profit des riverains des mers. Il préconisa la solution de la question d'Orient, née de la dissolution de l'empire ottoman, par une entente des chrétiens, des musulmans et de juifs. Il envisagea la création d'une société des nations à l'échelle européenne, sous l'autorité du Pape et d'une cours d'arbitrage des petites nations sous le protectorat de la France et de la Russie. Il invita également les ouvriers à s'organiser, hors de toute obédience politique, afin de créer des chambres sociales et proposa la mise en place d'un Conseil de l'Économie Nationale. Il incita la presse économique et sociale à se constituer en syndicat. Il laissa une oeuvre inachevée, "l'Archéomètre", destinée à percer le sens de tous les mots et à révéler leur rapport avec le monde, une sorte de dictionnaire pour la traduction des mystères, qui synthétiserait toutes les résonances de la forme, de la couleur et du son en un vaste système de correspondances symboliques universelles. 
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Ferdinand Ossendowski
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Après la révolution russe, Ferdinand Ossendowski (1876-1945), savant, explorateur et écrivain russe d'origine polonaise, ancien révolutionnaire devenu membre du gouvernement anticommuniste de l'amiral Koltchak, tente de regagner l'Inde britannique, à partir de la Sibérie, pour fuir la révolution bolchevique. Il relate son expérience dans un livre ''Bêtes, Hommes et Dieux'', publié en 1924, qui devint plus tard un véritable ouvrage-culte. Au cours de son long périple, à travers les montagnes désolées de la Mongolie et du Tibet, des lamas lui auraient dévoilé l'existence du royaume souterrain de l'Agartha (qu'il appelle l'Agarthi). "La capitale d'Agarthi est entourée de villas où habitent les grands prêtres et sages. Elle rappelle Lhassa, où le palais du Dalaï Lama se dresse au sommet d'une montagne avec tout autour des temples et des monastères. Le trône du Roi du Monde est entouré de deux millions de dieux incarnés. Ce sont les saints panditas. Le palais lui-même est entouré des palais des Goros qui possèdent toutes les forces visibles et invisibles de la terre, de l'enfer et du ciel et qui peuvent tout faire pour la vie et la mort des hommes". Ce royaume souterrain ressemble à s'y méprendre à celui de Saint-Yves d'Alveydre. Sakyamuni aurait visité l'Agartha où se dérouleraient d'étranges cérémonies au cours desquelles des jeunes gens pétrifiés seraient envoyés dans les étoiles et dans le feu pour s'y livrer à des activités de surveillance. A certains moment, le Roi du Monde, Braytma, se rendrait dans la crypte où repose son prédécesseur et là, au milieu des langues de flammes qui s'échappent du cercueil, il entrerait en pensée avec tous les dirigeants du monde pour favoriser ou anéantir leurs desseins selon qu'ils plairaient ou non à la divinité. Ce pouvoir serait donné par la science mystérieuse d'Om*, mot par lequel commencent toutes les prières d'Agarthi. Le Roi du Monde serait apparu à plusieurs reprises et aurait alors accompli des miracles, comme rendre la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds et le mouvement aux paralytiques; il serait en relation avec les lamas; lors de sa dernière apparition, vers 1891, il aurait prédit aux lamas mongols que l'évolution suivie par l'humanité, vers un matérialisme de plus en plus affirmé, entraînerait la destruction des hiérarchies, un désordre funeste et des conflits féroces; puis, sur les ruines du monde, surgiraient trois royaumes qui vivraient en paix pendant soixante et onze ans avant de sombrer à nouveau dans la haine et la guerre pendant dix huit ans, après quoi les peuples souterrains sortiraient de leur caverne pour envahir la surface de la terre. L'Agarthi communiquerait avec un grand nombre de grottes sur tous les continents. Ossendowski, situe son emplacement dans le sud de la Mongolie.  

Cet écrit est probablement basé sur des faits réels, au moins pour ce qui concerne les tribulations de l'auteur, au cours desquelles sa fuite se métamorphose en quête spirituelle; pour le reste, il tient davantage du roman que du récit autobiographique. On peut supposer qu'il doit beaucoup aux lectures d'Ossendowski qui connaissait certainement l'oeuvre de Saint-Yves d'Alveydre. Il paraît cependant que le 13ème Dalaï lama tenait cet auteur russe d'origine polonaise pour la réincarnation d'un Mahakala. 

On a dit que les dignitaires de l'Allemagne nazie, férus d'occultisme, croyaient si bien en l'existence de l'Agartha, qu'outre des expéditions au Tibet, ils auraient préparé des explorations des pôles où, pensaient-ils, se trouvaient les passages permettant de communiquer avec le royaume souterrain. Mais cette thèse est combattue par d'autres auteurs selon lesquels ces explorations auraient eu simplement pour but l'installation de bases militaires. 

Le mythe de l'Agartha est étroitement lié à celui du Shambala. L'Agarthi d'Ossendowski ne serait qu'un autre nom du royaume mythique de Shambala. Selon Julius Evola, un idéologue italien d'extrême-droite, le Shambala serait le centre ésotérique d'une caste de guerriers sacrés dont le chef résiderait dans un palais en forme de svastika. Le Chilien Miguel Serrano et l'Hindou Savitri Devi y voient le refuge des adeptes de la foi nazie. Le Tibétain Chögyam Trungpa (1940-1987) s'est employé à former en Occident une milice de guerriers du Shambala destinés à participer militairement au triomphe du bouddhisme. Le royaume mythique du Shambala a également pu servir de base idéologique à la tentative apocalyptique de Shoko Asahara, gourou de la secte AUM, visant à précipiter le monde dans un chaos d'où sortirait la rédemption, en tuant les passagers du métro de Tokyo au gaz sarin en 1995.  

On ne saurait terminer cette page sans citer l'ouvrage publié en 1996 par une australienne venue tard à la littérature, après un certain nombre d'expériences ésotériques, notamment en Indonésie, Victoria Le Page: "Shambala, la fascinante vérité derrière le mythe de Shangrila". Ce livre constitue en effet la tentative occidentale la plus récente de propagation du mythe tibétain d'un royaume secret. L'auteure présente ce royaume comme l'école suprême du mystère, dont les grands prêtres appartiennent à une société invisible, scientifique et philosophique qui poursuit ses études dans l'isolement majestueux de l'Himalaya. Pour elle, Shambala est le centre ésotérique de toutes les religions, l'endroit secret d'où émanent tous les courants significatifs, occultes et par conséquent aussi religieux, du monde: le bouddhisme ésotérique, et les écoles sacerdotales égyptiennes antiques, les pythagoriciens, le soufisme, les chevaliers du Temple, l'alchimie, la kabbale, la franc-maçonnerie, la théosophie... et même le culte des sorcières. Le Tantra de Kalachakra est la doctrine secrète globale d'où découlent toutes les autres doctrines mystérieuses. Le royaume mythique, régi par la règle solaire, est situé en Asie centrale, à l'endroit où se trouve l'axe du monde, le Mont Meru. La capitale du monde y fut d'ailleurs établie avant la dernière ère glacière. Shambala a disséminé de nombreuses copies de lui-même à travers le monde: les pyramides de Gizeh, le monastère du Mont Athos, Kailash... qui sont autant de mandalas; les lieux secrets du Graal, comme Glastonbury et Rennes le Château, ou encore Bornholm, au Danemark, constituent également des traces visibles de l'empire caché, et des portes ouvertes sur lui, pour ceux qui savent en percevoir le sens. Cet ensemble forme un réseau de points d'acupuncture d'un corps cosmique lequel correspond au corps mystique du maître de Kalachakra (c'est-à-dire, au sens littéral, le corps d'énergie du Dalai lama). V. Le Page discerne une grande  horloge mystique dans le Tantra du temps. Les rouages de cette machine enregistrent les périodes cycliques de l'évolution du monde; une direction cachée, la confrérie mystérieuse des êtres immortels de l'Himalaya, lisent les heures cosmiques inscrites sur son cadran.  

* Analogie avec le début du mantra d'Avalokistesvara Om Mani Padme Hum? 
 

Les mondes souterrains 

La croyance en l'existence de mondes souterrains remonte à l'aube de l'humanité. Elle a donné naissance à de nombreuses légendes, à des mythes religieux et à une littérature fantastique, parfois mâtinée de scientisme.  

Dans l'Antiquité, l'intérieur de la terre est supposé être le siège des Enfers. C'est là que les Grecs Demeter et Orphée iront tenter d'arracher au dieu du monde souterrain, Hadès, l'un Proserpine et l'autre Eurydice. C'est également sous terre que Gilgamesh rencontrera Outanapishtim rescapé du déluge. Pour les chrétiens, le monde souterrain est associé à la damnation. Dans certains pays d'Asie, il est celui des dragons et parfois aussi celui des maîtres du monde, comme l'Agartha. D'après les légendes irlandaises, les divinités fondatrices du monde celtique, chassées par les envahisseurs, se réfugièrent sous terre où elles se fondirent parmi les fées. Enfin, le trésor des Incas aurait été emporté par eux dans une contrée souterraine, pour le soustraire à la convoitise des conquistadores.  

Au 17ème siècle, certains astronomes, dont Halley, émettent l'hypothèse d'une terre creuse éclairée par un minuscule soleil intérieur. 

En 1722, un auteur anonyme publie à Paris la "Relation d'un voyage du pôle arctique au pôle antarctique par le centre du monde". L'auteur part de Hollande pour aller pêcher au Groenland. Une tempête se lève en cours de route et le bateau est entraîné par un fort courant vers un tourbillon qui s'enfonce dans le sol, au niveau du pôle nord. Ce tourbillon traverse la terre de part en part pour ressortir au pôle sud. L'équipage, incapable de lutter contre la force qui l'entraîne, ferme hermétiquement toute les issues et se réfugie à fond de cale. Le navire est aspiré par le tourbillon. Une torpeur s'empare des marins. Lorsqu'ils reviennent à eux, ils ont la surprise de se retrouver sur une mer calme, de l'autre côté de la terre. La température étant plus clémente qu'ils ne s'y attendaient, ils décident d'explorer les terres voisines, avant de regagner l'ancien monde. Ces îles montagneuses ne sont pas inhospitalières. On y trouve des plaines herbeuses, des lacs, des marais, des cascades et beaucoup de grottes. En dehors des oiseaux, qui se laissent attraper à la main, la faune est constituée d'animaux connus: veaux marins, ours blancs, renards, crapauds... mais d'une grosseur et d'une force inusitées; dans la mer les poissons volants sont si énormes et si voraces qu'ils viennent chercher deux matelots sur le pont pour les déchiqueter à belles dents. Ce territoire a dû être autrefois habité; les explorateurs improvisés y découvrent des ruines et une curieuse construction sur laquelle des caractères étranges sont gravés. Le navire remonte ensuite vers le nord, en direction du Cap, en évitant écueils et montagnes de glace. Au Cap, le narrateur apprend qu'une de ses connaissances est décédée brusquement quelques jours plus tôt. Comme il la sait sujette à des crises de léthargie, il fait ouvrir la tombe et ramène le mort à la vie. Tout le monde regagne ensuite la Hollande sans histoire. 
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La curieuse construction du pôle sud
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En 1735-1737, le fécond romancier français Charles de Fieux de Mouhy rédige "Lamekis ou les Voyages extraordinaires d'un Égyptien dans la terre intérieure avec la découverte de l'île des Sylphides" où il fait allusion par trois fois au mythe de la terre creuse. La première fois, il s'agit de la narration de l'initiation de Sémiramis, supposée être une reine égyptienne. Celle-ci, déguisée en homme parce que seul le roi, lors de son avènement, à le droit de pénétrer dans cet asile sacré, se fait conduire par le grand prêtre, dont elle s'est entichée, dans le temple dédié au dieu Sérapis dans une cité souterraine, au fond des catacombes mystiques, à plus de mille marches sous terre, là où est enfermé le Livre suprême aux pages d'airain; la reine, déçue par le prêtre qui refuse ses avances, détruit le monde souterrain qu'elle perçoit comme une menace contre son pouvoir. La seconde fois, il s'agit de la relation des aventures de Motacoa; ce dernier, fils blanc d'un roi africain, est descendu encore tout petit avec sa mère, soupçonnée par le roi d'adultère, pour avoir donné naissance à un enfant d'une couleur inattendue, dans une corbeille au fond d'un puits tapissé d'ossements (un souvenir de "Mille et une nuits"?); là, Motacoa croise un personnage de la cour, condamné injustement comme sa mère; cet homme va faire l'éducation de l'enfant; ce dernier rencontre ensuite un chien qui triomphe d'un serpent monstrueux et d'autres personnages dont une population de vers de terre géants à tête humaine pourvus d'intelligence. La troisième fois, c'est l'auteur lui-même qui devient le personnage principal du roman; en plein Paris, il s'aperçoit un jour qu'il est suivi par un grand chien noir; plusieurs événements étranges se déroulent autour de cet animal; une nuit, le chien organise un bal de danois, éclairé par des barbets tenant dans leur gueule un flambeau, sous les fenêtre du romancier; la même nuit, un vers de terre géant rejoint le chevalier de Mouhy dans son lit et l'enlace; puis les personnages du roman viennent lui reprocher la manière dont il les a dépeints dans son livre, Sémiramis en tête; l'écrivain comprend que le chien est celui qui fut rencontré par Motacoa au fond du puits; le chien guide le chevalier dans les fossés de la capitale vers une entrée qui donne sur des catacombes païennes; l'homme et le chien s'enfoncent dans les entrailles de la terre, en suivant un dédale de couloirs et de grottes; sur les parois sont représentées les aventures racontés dans les différentes parties du récit; l'auteur passe devant un miroir qui reflète les productions de son esprit fécond au lieu de reproduire ses traits; finalement le chien et l'homme arrivent devant un trône sur lequel siège l'Arménien dont de Mouhy prétend tenir le récit transcrit dans son roman, et cet Arménien n'est autre qu'un philosophe du-dit roman. Ces trois épisodes d'une oeuvre foisonnante d'un écrivain à l'imagination débridée, et pleine de réminiscences, ne suffisent cependant pas pour classer complètement le livre parmi ceux qui traitent du sujet de la terre creuse.  

En 1741, l'écrivain danois d'origine norvégienne Ludwig Holberg (1684-1754), auteur réputé de plusieurs pièces de théâtre, publie en latin de manière anonyme "Un voyage dans le monde souterrain de Niels Klim" inspiré par les idées de Halley. Cet étrange récit passe pour le premier ouvrage écrit sur le thème d'un monde intérieur dans une terre creuse. Au cours de son périple, Niels Klim visite plusieurs États qui rappellent ceux de notre monde, comme Martinia (la France) ou Quama (la Russie); l'auteur y dépeint avec humour les travers des peuples dont il a fait la connaissance au cours de ses voyages. Niels devient temporairement l'empereur de Quama, après avoir conduit ses habitants à la victoire contre leurs voisins; une rébellion contre sa tyrannie l'oblige cependant à fuir. Il revient finalement en Norvège en sortant de terre par un autre trou que celui par lequel il y était entré (une analyse détaillée de cet ouvrage est ici). 

En 1750, l'Anglais Robert Paltock publie "La vie et les aventures de Peter Wilkins". Orphelin d'un père exécuté par suite d'une rébellion contre Jacques II, le héros de cette histoire connaît une jeunesse heureuse jusqu'au jour où sa mère devient la proie d'un aigrefin qui le dépouille de la fortune amassée par son grand-père et son père. Devenu marin, il connaît alors de nombreuses tribulations; captif et réduit en esclavage, il s'évade en compagnie d'un Africain; avec d'autres Anglais, il échappe aux Portugais en leur volant un navire; au cours d'une tempête, il est séparé de la plupart de ses compagnons qui sont descendus sur terre pour une aiguade; le bateau désemparé, sur lequel il se trouve, est invinciblement attiré par un énorme rocher magnétique, sa cargaison étant composée de barres de fer destinées à être échangées en Afrique contre des esclaves; le naufrage est d'autant plus inévitable que Peter Wilkins perd son dernier compagnon, précipité à la mer en essayant de sauter sur le rocher. Le bateau s'encastre dans une anfractuosité du rocher et s'y immobilise. Notre héros fait à plusieurs reprises des excursions en barque autour du rocher, au cours desquels il pêche plusieurs poissons singuliers, dont une énorme anguille blanche aux ouïes rouges, et tue sur le rocher une sorte de lapin aux petites oreilles et aux pieds semblables à ceux d'une chèvre. Il finit par être emporté par un fort courant dans une caverne au coeur du rocher. Il échoue sur une île, au bord d'un lac. Il s'aménage un logis près d'une grotte et se familiarise avec la faune et la flore inconnues de son nouveau domaine, dans l'espoir d'y trouver des ressources. Il entend des voix harmonieuses et assiste à un phénomène inexplicable sur le lac. Finalement, une jeune femme tombe sur son toit, puis dans ses bras. Cette jeune femme, qui vole dans les airs au moyen d'ailes semblables à celles d'une chauve-souris, lesquelles, repliées, lui servent de vêtement, devient sa compagne. Le couple a plusieurs enfants qui tiennent plus ou moins de leurs parents, notamment pour ce qui concerne les ailes et la vue (la clarté du jour offusque les yeux des autochtones qui semblent presque nyctalopes). La nostalgie ayant gagné la compagne de notre héros, celle-ci part rendre visite à sa famille en compagnie de ses enfants qui peuvent voler, car il faut traverser les mers pour parvenir à son pays natal. La famille de la jeune femme vient ensuite en visite dans l'île. Peter Wilkins est reconnu comme  l'envoyé du ciel qui doit réunifier le pays, divisé en deux parties qui se font la guerre, suite à une sécession. Il est appelé à la cour et s'y rend dans une chaise à porteur volante de son invention. Dans la terre natale de sa compagne, les homme sont dépourvus de barbe; on exile les criminels, au loin dans une île parmi des rochers, à la merci d'une lumière cruelle, après avoir déchiré avec un couteau de pierre les membranes de leurs ailes, afin qu'ils ne puissent pas s'échapper; on s'y éclaire avec des vers luisants déposés dans des calebasses à la peau translucide et on y cuit les aliments en utilisant l'énergie des sources chaudes; comme la faune du pays est inexistante, ses habitants sont végétariens, mais certains fruits ont le goût de la viande ou de la chair de poissons. On jette les morts dans un puits profond de la Montagne Noire qui descend jusqu'à la mer. Peter Wilkins déjoue un complot visant à renverser le roi et triomphe des rebelles, grâce à une artillerie antiaérienne improvisée tirée du bateau naufragé. Avant de consentir à diriger l'armée, s'étant mué en missionnaire protestant, il a convaincu les habitants du royaume de s'adresser directement à la divinité sans passer par l'intermédiaire d'une hideuse idole de terre. A son retour, dans l'apothéose de la victoire, il obtient l'abolition de l'esclavage. Un peu plus tard, il apprend la lecture et l'écriture à un enfant du pays et appelle sa femme et ses enfants auprès de lui, dans la capitale. Il visite ensuite les alentours d'un volcan en activité, dans le cratère duquel on précipite les condamnés à mort;  les grottes voisines sont supposées être habitées par des démons; en fait ce sont des métallurgistes réduits en esclavage qui exploitent des mines de fer, de cuivre, d'argent et de plomb; Peter Wilkins défait leurs gardes, leur rend la liberté et annexe le territoire au royaume des hommes volants qu'il a réunifié. Il se rend dans une contrée voisine, pour accomplir une autre prophétie; il y tue le neveu du vieux roi, qui caressait le secret désir de s'emparer du trône en évinçant la princesse légitime; et conclut le mariage de cette dernière avec le roi du pays des hommes volants. Les métaux désormais à la disposition du royaume des hommes volants, notre réformateur y introduit la monnaie, donc le commerce; il amène des animaux des contrées voisines; il ouvre une fabrique de papier, traduit une bible en latin dans la langue du pays et couronne son oeuvre en propageant le christianisme. Devenu âgé, veuf et ses enfants pourvus, Peter Wilkins éprouve le désir de revoir son pays; il sort du gouffre porté par des hommes volants; le coup de canon d'un vaisseau effraie ses porteurs qui le laissent tomber dans la mer d'où il est retiré. Ce roman, qui tient à la fois des "Voyages de Gulliver" et de "Robinson Crusoé" a charmé Walter Scott, Coleridge, Charles Lamb et des générations de jeunes lecteurs. Son thème n'est pas à proprement parler celui de la terre creuse car, si Peter Wilkins atteint bien le monde qu'il décrit en passant à travers une caverne, bien des détails laissent supposer que ce monde à demi nocturne n'est pas souterrain mais plutôt situé au fond d'un cirque, bordé par de hautes montagnes, au milieu de la grande île que constitue le rocher magnétique, à proximité de l'Antarctique. Si la première partie de l'ouvrage, pleine d'invention, ne manque pas d'intérêt, le ton moralisateur de la seconde, ses longueurs et son idéologie colonisatrice lassent le lecteur moderne. 

En 1788, Casanova, publie "Icosameron", dans lequel il conduit ses héros, Édouard et Élisabeth, chez les Mégamicres, habitants aborigènes du Protocosme, à l'intérieur du globe terrestre, où les deux personnages passent 80 ans. On accède à cette contrée souterraine dans les montagnes de Slovénie. C'est une île gigantesque, qui flotte sur de la boue et qui est éclairée par un globe métallique dispensant une lumière rose. Les habitants, fils du soleil, sont des bébés hermaphrodites (ce qui leur permet de connaître les deux jouissances: celle active du mâle et celle passive de la femelle, d'après l'auteur) et ovipares, pas plus hauts que trois pommes, que l'on élève en couple dans des cages dès leur naissance, de sorte qu'ils deviennent inséparables et se comportent en jumeaux, l'un jouant le rôle de la femme et l'autre celui de l'homme jusqu'à l'époque de leur stérilité ou les deux prennent le sexe masculin. Seuls les individus de couleur rouge se reproduisent, ce qui est l'indice de leur noblesse; mais ils peuvent donner naissance à des êtres différemment colorés de sorte que toutes les classes sociales se maintiennent. Ces humanoïdes se nourrissent de leur propre lait, que chaque membre d'un couple suce sur le sein de son conjoint, à l'exclusion de tout autre aliment, notamment les fruits, comme les figues, qui sont défendus. Ils offrent à leurs visiteurs la tétée comme chez nous le verre de l'amitié. Leur temps est rythmé par les moissons et les embrasements (le soleil?). Ils considèrent la curiosité comme un défaut majeur. A l'approche de leur fin, ils se retirent spontanément dans un lieu de repos. Ils parlent une langue composée uniquement de voyelles et portent sur la tête un chapeau pointu naturel de même composition que les oreilles. Leurs constructions sont cubiques; ils vivent sous terre et la lumière du jour ne pénètre qu'au dernier étage, à travers les fentes du plafond; ailleurs, un système d'éclairage, fait de plaquettes de cristal et d'acier, entre lesquelles on a glissé une matière phosphorescente, dispense de la lumière artificielle. La faune ressemble à celle de l'Europe, à l'exception des serpents à tête humaine, animaux nuisibles que les géants venus de la surface de la terre s'efforceront de détruire, et des chevaux volants, plus nombreux que chez nous, pourvus d'une longue queue à deux plumes, et dont le chapeau de cartilage se rabat sur les yeux pour former des oeillères. Le verbiage excessif de ce roman en rend la lecture fastidieuse. De plus Casanova y expose des idées qui choqueront plus d'un lecteur moderne: dans les temples du monde idéal des géants, l'homme doit se présenter le visage découvert parce qu'il est la gloire de dieu et la femme doit porter le voile parce qu'elle n'est que la gloire de l'homme; ce dernier peut avoir des secrets pour son épouse mais il est interdit à celle-ci d'en avoir pour son mari!  

En 1818, un vétéran américain de la guerre de 1812, John Cleves Symmes, adresse un rapport aux autorités américaines pour obtenir des subsides afin de prouver que la terre est creuse et qu'elle contient d'autres globes peuplés, disposés les uns dans les autres, comme des poupées gigognes; la communication avec ces mondes intérieurs serait possible par des trous percés aux pôles. Symmes parcourt le pays pour populariser sa théorie et, grâce à l'appui d'un richissime américain, James McBride, il tente d'influencer le gouvernement des États-Unis pour monter une expédition aux pôles, afin d'entrer en contact avec les habitants des mondes intérieurs à des fins lucratives. 

La même année, un Allemand, Steinhauser, annonce une importante découverte dans une gazette littéraire de Halle. D'après lui, la déclinaison de l'aiguille aimantée s'expliquerait par la présence, à l'intérieur de notre planète, à une profondeur d'environ cent soixante-dix milles, d'un petit globe tournant autour du centre de la terre d'occident en orient, sur une durée de quatre cent quarante ans. Ce petit globe, doué d'attraction magnétique, serait la cause de la déclinaison de l'aiguille aimantée. Les calculs de Steinhauser lui auraient permis de prédire les variations de la-dite aiguille et ces prévisions se seraient révélées exactes. 

En 1820, un ouvrage soi-disant écrit par le capitaine Adam Seaborn: "Symzonia: un voyage de découverte", relate une expédition au centre de la terre inspiré visiblement par les idées de Symmes. On ignore si ce livre est une satire des théories de Symmes ou si, au contraire, il est son ouvrage; on l'a parfois attribué à  Nathaniel Ames (1764-1835). Quoi qu'il en soit, le narrateur y décrit un monde habité par une société nombreuse et hautement civilisée (une analyse détaillée de cet ouvrage est ici). 

En 1821, Jacques Saint-Albin (qui ne serait autre que Collin de Plancy) publie "Voyage au centre de la terre". Ce livre, supposé traduit de l'Anglais Hormidas-Peath, est présenté comme le récit d'une aventure réelle. Les explorateurs, aspirés dans un puits perforant le pôle, tombent sur des roches magnétiques, puis se rendent dans différents lieux, continentaux et insulaires, où ils rencontrent plusieurs civilisations se partageant la surface d'une seconde petite terre tournant au centre de notre planète. Après avoir traversé des endroits sauvages, ils abordent Albur, où les hommes sont petits, les voitures tirées par des éléphants pas plus gros que des veaux et où l'on ne mange pas de chair, ce qui fera exiler nos Européens; ils se sont en effet avisés d'aller à la chasse, divertissement qui constitue dans ce pays un crime contre la religion, les animaux y étant regardés comme des démons chargés de surveiller le comportement des humains. A Sanor, l'un des visiteurs séduit l'impératrice, devient pour un temps l'empereur, mais tous les géants venus d'en haut doivent bientôt s'enfuir, pour échapper à l'hostilité des prêtres. Au Pays des Banois, où l'on ne parle qu'en chantant, les habitants répugnent à tremper leurs mains dans le sang mais les étrangers peuvent chasser à leur guise, surtout les bêtes carnassières. Les voyageurs, qui repartent pour bercer leur ennui, traversent ensuite un désert illuminé par une énorme comète chevelue, que l'on suppose être le foyer d'un volcan. Une république, libre de moeurs et où l'on ne pense qu'à s'amuser, est ensuite traversée, c'est le Pays des Noladans, condamné à terme par sa débauche. Vient ensuite le Royaume des Félinois, férus de théologie et de chicane, où l'on accorde un grand crédit aux songes; Burma, le prophète du pays, y a enseigné que le corps est un oeuf dont l'âme s'échappe lorsque la mort en brise la coquille; il a aussi déclaré que les plantes furent créées pour les animaux et que ces deux règnes de la nature ont été faits pour l'homme; Burma a promis la félicité à ceux qui suivraient ses préceptes et l'amertume à ses contradicteurs; Pour appuyer ses dires, il a accompli des miracles et accablé un de ses adversaires sous une averse de grêle qui l'a tué, avant de s'en retourner au ciel sur un éléphant bleu accompagné d'un phénix; cette fable religieuse, ainsi que les bonnets métalliques des prêtres, supposés permettre aux dévots de gagner le ciel, donnent aux Européens l'espoir de revenir sur terre via une montagne magnétique située sous le pôle sud; sans doute de nombreux dévots se sont-ils déjà engagés sur la voie du paradis de Burma et c'est probablement eux qui ont donné naissance aux légendes relatives aux gnomes; les voyageurs se font confectionner des bonnets à leurs mesures et, à l'occasion de la fête de Burma, ils s'élèvent au-dessus du petit globe, en compagnie d'un Félinois; le passage par le trou du pôle est quelque peu mouvementé, mais, finalement, tout le monde se retrouve en Antarctique, de retour à la surface de la terre; malheureusement, le Félinois, déçu par l'apparence du paradis de Burma, décède peu après, ce qui enlève au narrateur le moyen de prouver la véracité de ses dires. Le récit de cette curieuse excursion, à travers plusieurs populations de traditions différentes, à la fois si proches et si éloignées de notre humanité, prend souvent des allures de conte moral dans le goût du 18ème siècle.  
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Personnage coiffé d'un bonnet magnétique
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En 1823, McBride introduit une requête auprès du Congrès des États-Unis pour obtenir des fonds en vue d'une exploration des pôles. Il échoue par 56 voix contre 46. 

En 1829, Symmes meurt sans être parvenu à ses fins. 

En 1838, un adepte de Symmes, Jeremiah Reynolds, continue d'agir sur le Congrès et finit par obtenir le financement de l'expédition Wilkes en Antarctique. Cette expédition inspire à Edgar Allan Poe "Les aventures d'Arthur Gordon Pym". Au cours de ses pérégrinations à proximité du pôle sud, le héros de cette histoire parcourt un réseau compliqué de couloirs souterrains dont les sinuosités ainsi que des sillons artificiels tracés dans une roche tendre paraissent dessiner une phrase en caractères hiéroglyphiques; dans cette région du globe, où la mer est dégagée de glace, existe une île où tout est noir, du sol à la peau des habitants et jusqu'à leurs dents, et ces habitants paraissent redouter tout ce qui est blanc; les animaux étranges y sont également de couleur sombre; on y observe des phénomènes étranges et des apparitions singulières; au fur et à mesure que l'on se rapproche du pôle, l'eau devient de plus en plus chaude, jusqu'à en être brûlante, et une barrière de vapeurs tombant du ciel en cataracte bouche l'horizon, en direction du sud. Ce récit se termine, si j'ose dire, en queue de poisson; Poe affirme qu'il tient cette histoire étrange de Pym lui-même et que ce dernier a mystérieusement disparu avant de lui en remettre la fin qui expliquerait comment il a pu revenir de ces territoires éloignés où nul n'est jamais allé. Cette particularité inspirera en 1897 une suite à Jules Verne: "Le sphinx des glaces". 

En 1864, le même Jules Verne (1828-1905) publie son "Voyage au centre de la terre". Le milieu creux de notre planète, éclairé par un soleil intérieur, y est le refuge d'un monde antédiluvien où se rencontrent des forêts de champignons géants. Les audacieux visiteurs atteignent ce monde en pénétrant dans le cratère d'un volcan islandais éteint et en reviennent à la faveur de l'éruption d'un volcan sicilien! Cet ouvrage inspirera de nombreux romans populaires qui broderont sur le même thème en plein vingtième siècle. 

En 1871, Edward Bulwer-Lytton (1803-1873) publie "La race à venir", une utopie souterraine dans laquelle des surhommes, réfugiés au centre de la terre, bénéficient d'une énergie entretenue grâce à un mystérieux "fluide vril". Ces êtres exceptionnels seraient destinés à dominer le monde. Cette divagation littéraire aurait inspiré des sociétés secrètes en Angleterre (Ordre hermétique de l'Aube dorée) et en Allemagne pré nazie (Loge lumineuse ou Société du Vril). En captant l'énergie intérieure et en la soumettant à leur volonté, les adeptes de ces sectes pensaient pouvoir devenir des surhommes; des dirigeants nazis auraient été membres de ces sectes. Plus curieusement, le livre de Bulwer-Lytton aurait pu être à l'origine des travaux de scientifiques comme Nikola Tesla et son rayon de la mort. 

En 1878, un auteur américain, Howard De Vere, publie en livraisons un "Voyage au centre de la terre" dans le New York Boys' Weekly. 

En 1886, un écrivain mormon, Frederick Culmer (1822-1892), publie "Le monde intérieur, une nouvelle théorie" dans lequel on retrouve les idées de Symmes et d'autres qui lui sont personnelles, notamment sur la gravitation. 

En 1888, un auteur australien, Sherry J. Filmore, publie "Phosphor: an Ischian mystery" dans lequel un jeune homme, enterré vivant, rencontre une peuplade d'hommes préhistoriques phosporescents parlant latin. Ils sont dirigés par une reine, à corps admirable mais à tête de singe, qui souhaite l'épouser pour régénérer sa race et dont il se défait, au moyen du venin d'un serpent, avant de revenir à la surface de la terre, grâce à une éruption volcanique. 

En 1892, William Richard Bradshaw (1851-1927) publie "La déesse d'Atvatabar" un roman où il est question d'une race perdue, retranchée à l'intérieur de la terre, dont la civilisation est si avancée que la cavalerie y est constituée d'autruches mécaniques et que l'on y connaît le secret de rappeler les morts à la vie. On se rend dans ce monde souterrain en s'enfonçant dans une grotte située au pôle nord. Le pays est dirigé par une monarchie élective; les hommes y ont le teint des boutons d'or; outre les autruches mécaniques, ils sont dotés de chemins de fer amphibies et de bicyclettes sans roues, ils savent voler dans les airs, grâce au magnétisme, et sont même capables de faire pleuvoir à volonté. Leur monde est éclairé par un soleil intérieur qui ne se couche jamais. L'or y est un métal commun. La langue atvatabarienne est si compliquée qu'elle est pire que l'irlandais "que l'on ne comprend pourtant pas avant d'être ivre-mort"! 

En 1901, Robert Ames Bennet (1870-1954), un auteur de science-fiction américain publie "Thyra" une aventure qui se déroule au pôle nord où des explorateurs, naufragés en ballon, découvrent un monde préhistorique souterrain. 

En  1904, Franklin Titus Ives publie "La terre creuse" en hommage à Symmes. La même année paraît en Nouvelle Zélande "La dernière découverte de M. Oseba"; dans ce curieux ouvrage, le colonel George W. Bell raconte l'histoire d'un habitant d'un monde souterrain analogue à celui imaginé par Symmes.  

En 1906, dans son ouvrage "Le fantôme des pôles", William Reed présente une compilation de rapports d'explorateurs polaires relatifs à d'étranges phénomènes inexpliqués, tels que des vents chauds, des dépôts de poussière, des rochers pris dans des icebergs, de vastes surfaces libres de glace, des étendues d'eau douce en pleine mer et des aurores bizarres. Il en conclut que les pôles sont l'antichambre de la terre creuse. Il prétend également qu'il est impossible d'atteindre les pôles car ceux-ci n'existent pas, d'où le titre du livre. 

En 1909, Emma Louise Orcutt, une Américaine, dans "Le Sceau divin", associe l'Atlantide aux origines de la race aryenne, au pôle nord et à la lycantrophie. Le mythe de Thulé et des hyperboréens n'est pas loin. 

En 1914, débute la publication de la série des "Pellucidar" d'Edgar Rice Burroughs, qui débute par "Au coeur de la Terre". L'auteur reprend le thème de la terre creuse, laquelle contient un continent sans horizon, Pellucidar, éclairé par un soleil fixe; une lune, également fixe, occulte le soleil à une partie de ce continent appelée Pays de l'Ombre Sinistre. Des animaux préhistoriques et des peuples primitifs, humains et non humains, habitent ce monde souterrain dont les habitants ont la particularité de toujours retrouver leur chemin, où qu'ils se trouvent. Le peuple dominateur de Pellucidar est composé de reptiles humanoïdes, uniquement de sexe féminin, qui se reproduisent selon un procédé chimique; les humains leur servent d'esclaves et aussi de nourriture. 

En 1927, Albert Bonneau publie "La cité sans soleil", une ville souterraine, dans le désert de Nubie, que l'on atteint en se laissant engloutir par des sables mouvants, où les descendants d'Égyptiens fuyant l'invasion assyrienne perpétuent les traditions le l'Égypte antique. On y parle un langage qui s'apparent au français! 

En 1930, Edgar Rice Burroughs, dans "Tarzan au coeur de la terre", fait parvenir son héros à Pellucidar en passant par un souterrain percé à travers le pôle nord. Le voyage s'effectue en ballon dirigeable. 

A la veille de la seconde guerre mondiale, René Duchesne publie "Terre de mystère", dans la Collection Voyages et aventures, chez l'éditeur Férenczy .  Voici une analyse de ce petit roman : 

Un sculpteur italien raté et sans emploi, venu tenter sa chance, grâce à l'aide de l'État, qui encourage les chômeurs à devenir colons, un Espagnol, plus ou moins polyglotte, fuyant la guerre civile qui ravage son pays, et une équipe de prospecteurs de pétrole, qui viennent d'échouer dans leurs recherches, composée de deux ingénieurs,  l'un anglais, et l'autre français, ce dernier accompagné de sa soeur, avec un guide égyptien et quatre porteurs, se rencontrent en Libye. L'Espagnol possède un parchemin sur lequel figure l'emplacement d'une opulente cité antique engloutie lors d'un séisme : Rhumhia, capitale du royaume de Coelum.  

Ils décident de partir en expédition pour découvrir les vestiges de cette ville. Ils sont accompagnés de deux pachydermes et d'un chien, fidèle compagnon de la jeune française Chemin faisant, le guide égyptien, qui est aussi archéologue et qui rêve d'être le seul découvreur des vestiges, empoisonne l'un des deux éléphants de l'expédition et cherche à égarer les membres de celle-ci au moment où ils arrivent à proximité de l'endroit où  la cité antique a été ensevelie. Mais les Français qui le soupçonnent emploient un stratagème pour le forcer à ouvrir son sac où ils pensent découvrir le poison dont l'éléphant est en train de succomber. Se sentant pris, l'Égyptien feint la maladresse et fait tomber son sac dans un précipice. Un membre de l'expédition descend au bout d'une échelle de corde.  

Il ne trouve pas le sac mais remonte une tête d'or sculptée aux yeux d'émeraude qui ressemble étrangement à l'Anglais. De plus, lors de sa descente, il a remarqué dans le précipice des marches creusées de mains d'hommes qui s'enfoncent dans la terre. Les membres de l'expédition comprennent alors qu'ils sont arrivés au but de leurs recherches. Ils obligent les porteurs, effrayés par la perspective de travailler dans la bouche de l'enfer, à perfectionner les marches en à en tailler d'autres sur les bords du gouffre jusqu'à  une sorte de plate-forme percée d'un trou qui doit conduire, pensent-ils, vers les vestiges de Rhumhia. Munis de lampes électriques et à essence, l'Espagnol, le Français, l'Italien et l'Anglais s'enfoncent par une échelle de cordes dans les entrailles de la terre en laissant l'Égyptien félon à la surface. La jeune soeur du Français, qui devait rester en compagnie de l'Égyptien, finit par rejoindre les spéléologues improvisés pour leur apporter une lampe supplémentaire. Son chien, qui la suit intempestivement, la déséquilibre. Les poids excessifs des personnes suspendues dans le vide rompt les filins de l'échelle et les cinq personnes tombent dans le vide.  

Ils atterrissent dans une sorte de grotte sombre, au plafond situé à peine à trente mètres du sol, sur une couche d'herbe sèche qui n'amortit qu'imparfaitement leur chute. Tous sont plus ou moins contusionnés, sauf la jeune fille qui est tombée sur l'Anglais dont elle est amoureuse. A la dernière lueur des lampes, ils s'aperçoivent qu'ils se trouvent dans un immense caveau à l'atmosphère humide où tout est gris et où ne pousse qu'une médiocre végétation d'herbe et de champignons qui, après essai, s'avèrent comestibles. Pour s'éclairer, ils brûlent une partie de leurs vêtements et utilisent leurs briquets jusqu'à ce qu'une sorte de liane s'enflamme par hasard. Elle se consume en dégageant une odeur de caoutchouc brûlé et leur sert de quinquet. Ils aperçoivent alors une sorte de route bordée de lianes qui se communiquent le feu de l'une à l'autre. Les explorateurs sont bien mal en point: l'Anglais a un bras luxé, l'Espagnol une épaule démanchée, l'Italien est moulu comme s'il avait été roué de coups, le Français semble avoir perdu l'esprit. Ils décident néanmoins de suivre le chemin vers l'inconnu qui s'offre à eux. Ils arrivent ainsi jusqu'à un village habité par des géants, mesurant plus de deux mètres de haut, qui sont les descendant d'un couple de Rhumhia rescapé de l'ensevelissement de la ville lors d'une éruption volcanique. Ces géants ont la peau grise et sont mous et gras, en raison de l'univers confiné dans lequel ils vivent, de l'absence de soleil et de leur nourriture composée d'herbe pilée, de champignons et de poissons verdâtres. Ils accueillent les nouveaux venus comme des divinités, l'Anglais ressemblant à la statue du dieu soleil, et leur prodiguent leurs soins, d'autant plus facilement que les étrangers leur ont apporté le feu, une innovation dont les géants apprécient rapidement les bienfaits, notamment pour cuire les aliments, en particulier les poissons plus savoureux cuits que crus. Ces poissons verdâtres, proviennent d'une rivière intérieure glacée qui jaillit des profondeurs de la terre. 

Cependant, en surface, l'Égyptien, qui se croit définitivement débarrassé de ses compagnons d'équipée, médite de retourner à Koufra, avec la tête d'or aux yeux d'émeraude, et d'organiser une nouvelle expédition à son profit. Mais, au cours de la nuit, un des porteurs, que le guide avait brutalement châtié à coups de fouet au visage, et qui avait été soigné par la jeune française, s'enfuit avec le pachyderme survivant vers le sud, dans le dessein de porter secours aux disparus ou, à défaut, de sauver le chien de sa bienfaitrice qui est resté coincé sur une plate-forme dans le trou au fond duquel sont tombés les explorateurs. Le matin suivant, l'Égyptien et les trois autres porteurs se lancent à la recherche du fugitif, mais en vain. Ils prennent alors le parti de se rendre à Koufra en abandonnant tout ce qu'il ne peuvent plus emporter. Lorsqu'il pense que les quatre hommes sont partis, le fugitif revient au campement, sauve le chien, non sans péripéties et, pourvu de vivres en abondance, il décide de rester sur place, tant que ses provisions ne seront pas épuisées, dans l'attente d'un quelconque événement.  

Pendant ce temps, les explorateurs captifs du gouffre, se remettent peu à peu en compagnie des géants gris. Ces derniers les couvrent d'offrandes, de bijoux d'or et d'argent et de pierres finement sculptées, dont ils semblent d'ailleurs faire peu de cas. A la jeune française, qu'ils prennent pour une déesse, à cause de ses cheveux blonds, ils offrent un lourd collier ornée des plus fines pierres précieuses. Bientôt, les explorateurs sont en possession d'un trésor que l'Espagnol, seul compétent en la matière, évalue à plusieurs millions. Le problème du retour à la surface se pose. Il n'est pas question de reprendre le chemin qu'ils ont suivi à l'aller: il est impraticable. Mais une autre voie doit se trouver quelque part puisque l'air de la grotte souterraine est respirable. Pourtant,  si cette issue existe, comment se fait-il que les géants gris semblent l'ignorer? Sans doute parce qu'ils ne savent pas que d'autres hommes qu'eux vivent à la surface de la terre.  

La décision est prise de partir à la recherche de l'issue providentielle qui permettra aux enterrés vivants de revenir à la surface chargés des trésors qu'ils porteront dans les curieuses panières de fibres  tressées confectionnées par les géants gris. Avant le départ, l'Anglais et la jeune Française se fiancent. L'Espagnol, qui parle un peu l'hébreu, est parvenu à se faire comprendre du chef de la tribu des géants gris. Il lui explique que d'autres hommes vivent sur terre et qu'un chemin doit permettre d'accéder au jour. Le chef consulte le prêtre de la tribu ; ce dernier lui conseille de faire confiance aux dieux qui sont sans doute venus les délivrer du tombeau où une malédiction les a enfouis par suite de l'impiété des habitants de la cité détruite par le volcan. La libération des géants gris est d'ailleurs annoncée par les paroles sacrées que les prêtres se transmettent de génération en génération.  

L'Espagnol et l'Anglais, accompagné du chef de village, se mettent donc en marche à la recherche de l'issue. Ils traversent des champs de champignons géants qui ressemblent à des villages de parasols. Ils rencontrent de grands lézards gris, des scorpions qui effraient le chef de la tribu. Après avoir parcouru une douzaine de kilomètres, l'obscurité fait place à une lumière de plus en plus vive qui laisse supposer que l'on se rapproche du but. Mais, cette clarté incommode le chef de la tribu qui n'y est pas habitué. Deux kilomètres plus loin, ils se heurtent à l'affreuse réalité. Il y a bien une faille par où passe la lumière du soleil, mais elle est située à une vingtaine de mètres de hauteur, au sommet des falaises qui délimitent l'extrémité de la grotte! L'Espagnol envisage d'escalader ces falaises en y creusant des marches. Ce ne serait pas pire que d'escalader les Pyrénées déclare-t-il, seulement les habitants de la grotte souterraine n'ont ni pioches, ni piolets, ni dynamite! Les trois hommes sont désappointés. Le chef se jette à genoux et prie, tandis que l'Espagnol frappe la muraille de ses poings. Cela lui vaut une piqûre de scorpion. Celle-ci serait mortelle si le chef ne village ne savait comment la soigner. Il entaille la main de l'Espagnol avec une pierre aiguë, fait couler le sang de la plaie jusqu'à ce qu'il soit pur, et applique dessus un emplâtre d'herbe séchée. Après quoi les trois hommes décident de revenir au village. Chemin faisant, de sourds grondements se font entendre. On croirait le bruit d'un orage. La terre vacille, elle tremble. Les trois hommes se hâtent. Le chef, à bout de souffle, est aidé par l'Espagnol. Il implore l'Anglais, le dieu soleil, de sauver les membres de sa tribu. L'éruption volcanique cause de tout ce vacarme devient de plus en plus violente. La tribu, qui a quitté le village détruit par les flammes, se porte à la rencontre de son chef. Les autres étrangers l' accompagne. Le bonheur des retrouvailles est de courte durée. Les éléments se déchaînent et soudain la voûte de la grotte cède et s'effondre sur les étrangers et les géants gris qui perdent connaissance.  

Ils seront sauvés grâce au père de l'Anglais. Ce dernier, ayant reçu le rapport d'échec envoyé à la suite des recherches pétrolifères infructueuses, s'est inquiété de la nouvelle expédition entreprise par son fils. Il a monté une seconde expédition, beaucoup plus imposante la première, et s'est rendu dans le désert. Il y a retrouvé le porteur, son éléphant et le chien de la jeune française. Le porteur a indiqué le gouffre dans lequel ont disparu les Européens. Mais l'éruption volcanique a éclatée avant que les recherches n'aient pu commencer. Et, après le cataclysme, le père de l'Anglais et ses auxiliaires se sont retrouvés devant un véritable chaos, sans grand espoir de sauver qui que ce soit. Heureusement, il y avait le chien et son flair; l'animal eut tôt fait de déceler la présence des humains. Les membres de l'expédition sont dégagés et leurs nombreuses et graves blessures soignées, sauf l'ingénieur français qui n'est pas retrouvé. Une soixantaine de géants gris, hommes, femmes et enfants, sur les quatre cents de la tribu, sont également retirés des décombres et il est pris soin d'eux. Mais seulement une quarantaine survivront. Il est décidé de leur reconstruire une cité, dans le désert, à l'écart du monde, et de ne pas ébruiter l'affaire afin qu'ils puissent vivre en paix.  

Cependant il y a l'archéologue égyptien, parti avec la tête sculptée aux yeux d'émeraudes, dont les bavardages peuvent faire échouer ce plan généreux. Ce personnage peu recommandable a été poignardé et étranglé au cours d'une nuit par les trois porteurs qui l'avaient suivi. Ils lui ont dérobé la tête d'or. Celle-ci est retrouvée dans la demeure d'un Égyptien à qui ils l'ont remise  en paiement du logement qu'il leur a fourni quelques temps, les porteurs n'ayant aucune idée de sa valeur. La tête est authentifiée par les experts comme provenant d'une civilisation ancienne disparue. Quant aux trois voleurs, ils sont condamnés à une simple peine de prison car leur tentative d'assassinat a échouée. L'archéologue égyptien, encore vivant mais peut-être pris de remords, ne se présente pas à leur procès et préfère ne plus faire parler de lui.  

Tout est donc bien qui finit bien et il est à peine besoin de préciser que l'ingénieur  anglais et la jeune française convolent en justes noces.  

Pendant la seconde guerre mondiale, une expédition est montée par le gouvernement allemand en direction du grand nord pour tenter, selon certains, de trouver l'entrée du monde intérieur supposé peuplé d'êtres extraordinaires. 

Pendant les années quarante, un auteur prolifique, Paul Berato (1915-1961), qui signa ses récits de différents pseudonymes, dont ceux de Paul Béra, Paul Mystère, Michel Avril, André Gascogne et Yves Dermèze, reprend le thème du monde souterrain dans certains de ses romans pour la jeunesse. Citons: "La cité des Glaces" (1942), "L'Île de l'Épouvante" (1945), "Le Pays sans Soleil" (1948), "Les Naufragés de l'Île Bleue" et "Le Messager du Soleil" (1949). 

En 1957, l'auteur de bandes dessinées Edgar P. Jacobs, dans "L'Énigme de l'Atlantide", situe la mythique civilisation engloutie au coeur de notre planète, sous une île des Açores. Menacés par un nouveau cataclysme, les rescapés de l'ancienne Atlantide, qui ont atteint un degré de développement technologique encore inconnu sur terre et maîtrisent les voyages interplanétaires, échappent une fois de plus à la destruction en émigrant dans l'espace. 

En 1968, un satellite américain tire plusieurs clichés du pôle nord. Sur ces clichés, on croit apercevoir une immense perforation à travers la couche nuageuse. Il s'avère ultérieurement que ce "trou" est en fait une illusion d'optique. 

En 1970, la revue américaine "Soucoupes volantes", s'appuyant sur les clichés obtenus grâce au satellite, réactive le mythe de la terre creuse avec une entrée au pôle. Le centre de la terre serait habité par une civilisation très avancée et c'est de là que proviendraient les objets volants non identifiés! Palmer, l'auteur de cette théorie, un affabulateur qui n'en est pas à son coup d'essai, prétend que l'amiral de l'US Navy Richard Byrd, célèbre par ses nombreux survols des pôles, de 1926 à 1956, aurait découvert un passage souterrain par lequel il se serait rendu en avion à l'intérieur de la terre où il aurait trouvé des contrées verdoyantes. 

Le pseudo-lama Lobsang Rampa (1910-1981) est également un partisan de la thèse de la terre creuse. Il se représente notre planère sous les espèces d'une noix de coco percée au deux bouts, vidée de son lait, et il explique les aurores boréales par la lumière du soleil intérieur. 

En 1990, le scientifique et auteur de science fiction américain, Rudy Rucker, publie "La Terre Creuse". En 1836, à Norfolk, en Virginie, quatre hommes, un chien, et trois membres d'équipage se dirigent, à bord d'un ballon à air chaud, vers l'Antarctique, à la recherche d'une des entrées de  la terre creuse. A leur arrivée au pôle sud, ils creusent un trou dans la glace et tombent à l'intérieur du globe vers le soleil central. La diminution progressive de la pesanteur ralentit leur chute et ils se retrouvent en présence d'un monde et de créatures étranges. Ils parviennent dans une jungle où ils rencontrent le "Peuple des Fleurs" qui utilise un bateau géant à forme de corolle comme moyen de navigation. Sur le chemin de l'Anormalité, ils croisent les Shrigs, les Tekelili (une allusion à "Arthur Gordon Pym" d'Edgar Poe?), et Woomoo, l'ancêtre divin. À l'aide de Woomoo, et d'une soucoupe, ils pénètrent l'Anormalité qui est le miroir du monde terrestre où ils régressent de douze ans. Deux des personnages reviennent sur terre pour raconter leur histoire mais cette expérience les a radicalement transformés.

 
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