Carnet  de  route  d'un  voyage  A Pékin (juillet 2012)
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Sommaire du Carnet de Route: 
01- Première journée (le temple du Ciel, la place Tien An Men, le vieux Pékin) 
02- Deuxième journée (la cité interdite, la colline du charbon, la rue des Antiquaires, l'opéra de Pékin)  
03- Troisième journée (la Grande Muraille, les tombeaux des Ming, la voie des Esprits, le village olympique) 

Vous pouvez lire les notes à la suite où vous rendre directement à la rubrique souhaitée en cliquant sur l'un des numéros soulignés ci-dessus. 

 
13 ème jour (Les photos sont  ici ) 

Le voyage d'Erlian à Pékin s'est parfaitement déroulé. Nous sommes attendus à la gare, où nous arrivons à l'aube, par notre guide chinois. 

Je suis déjà venu plusieurs fois dans la capitale chinoise et ne suis donc pas en terre inconnue. Avec plus de 10 millions d'habitants (près de 20 millions en comptant la zone urbaine), Pékin n'est pas la ville la plus peuplée du pays; elle est dépassée par Chongking et par Shanghai. Mais elle est sans doute la plus étendue: sa superficie égale la moitié des Pays-Bas. Aux environs de l'an mille, elle appartint à une peuplade de nomades du nord de la Chine, les Khitans, d'où est issu le nom de Cathay, ancien nom du pays, et aussi celui des Chinois en russe: Khithais; mais avant notre ère les Han occupaient déjà les terres des environs de Pékin. Koubilaï khan en fit sa capitale sous le nom de Dadu; mais ce sont les Ming qui donnèrent le nom de Beijing à leur capitale; les jésuites francisèrent ce nom en Pékin au 17ème siècle sans tenir compte d'un changement de prononciation introduit par la dynastie mandchoue: de son dur (k) le j devant le i était devenu un son doux (tç ou j); sous le Kuomintang, Pékin devint Peiping; la capitale retrouva son nom traditionnel après la victoire des communistes en 1949.   

Notre première visite est pour le temple du Ciel que j'ai déjà visité deux fois. Le temple du ciel est un ensemble de bâtiments qui s'élèvent dans un parc arboré traversé par une longue et large allée dallée. Nous empruntons cette allée monumentale en entrant à l'opposé du pavillon des moissons. 

Nous nous rendons d'abord à la terrasse céleste sur laquelle l'empereur venait sacrifier aux dieux. Cette construction se trouve dans l'axe de l'allée. C'est une sorte de pyramide tronquée,  ronde et en marbre blanc, comportant trois étages. Le chiffre trois est symbolique; c'est un chiffre masculin qui appartient au yang, clair (blanc ou rouge), comme le soleil, la clarté, la chaleur, le positif, le sud, et tous les chiffres impairs, alors que les chiffres pairs sont féminins et appartiennent au yin, foncé (noir ou bleu), comme la lune, le froid, le négatif, le nord. Au milieu de la plate-forme supérieure se trouve la pierre du Ciel; une plaque de marbre ronde, légèrement surélevée par rapport au sol de la plate-forme; c'est sur cette pierre qu'avaient lieu les sacrifices; les Chinois paraissent adorer se faire photographier dessus. La plate-forme est entourée d'une balustrade de marbre ouvragé. Les murs des trois étages sont ornés de motifs géométriques et de nuages stylisés. Au ras de chaque étage, des gargouilles permettent l'évacuation des eaux de pluie. La pyramide est située dans un  espace carré clos de murs percés de trois portes (le chiffre trois récurrent). 

Pour qui comprend la philosophie de l'architecture chinoise, la visite des monuments de ce pays est une pérégrinations au milieu d'une forêt de symboles. Le carré et le cercle tiennent une large place. Rien n'est laissé au hasard; les bâtiments plus carrés ou rectangulaires sont disposés en carré autour d'un espace vide central qui possède un caractère sacré et est réservé au chef, à l'empereur; les constructions respectent une savante combinaison de chiffres pairs et impairs, de yin et de yang; on retrouve dans des détails le nombre des jours de l'année, des saisons et des mois. La pyramide du sacrifice offre un exemple de cette architecture profondément imprégnée d'une théorie philosophique selon laquelle tout dans la nature est une combinaison du principe féminin et du principe masculin. 

Nous continuons d'avancer en suivant l'allée monumentale. Nous franchissons les triples portes qui s'ouvrent dans des murailles couvertes de tuiles rondes vernissées de couleur bleue, symbole du ciel, ornées de dragons, l'animal impérial par excellence. Devant nous se dresse le pavillon où l'empereur venait se préparer avant de se rendre à la pyramide des sacrifices. Ce pavillon est un bâtiment rond surmonté d'une toiture bleue pointue terminée par une sphère dorée; il s'élève sur un socle de marbre blanc et ses murs sont peints en rouge. Un escalier double avec au centre une large dalle en pente donne accès au chemin circulaire qui fait le tour de l'édifice et sur lequel s'ouvre la porte menant à l'intérieur. Avant de gagner ce pavillon, l'empereur se rendait dans un autre édifice, à droite de la place carrée sur laquelle cet ensemble de bâtiments se trouve. Il y entrait en communication avec ses ancêtres. Là, en effet, on peut voir une série de tablettes sur lesquels figurent les planètes que le fils du ciel pouvait invoquer. Dans la philosophie chinoise, la hiérarchie terrestre ne fait que reproduire la hiérarchie céleste; le centre de l'univers est une étoile rouge, comme la Chine est le centre du monde, un centre civilisé cerné par des barbares. 

Nous ne faisons que traverser l'espace fermé par le mur de l'Écho où les chuchotements se propagent et s'entendent à distance. 

Nous continuons d'avancer en direction du pavillon des Moissons, où l'empereur venait prier pour obtenir de bonnes récoltes; j'ai déjà présenté cet édifice dans les notes d'un précédent voyage. Voici je que j'écrivais à l'époque à son sujet: "Construit en 1420, sous la 18ème année du règne de l'empereur Ming Yongle, le bâtiment originel, de forme rectangulaire, utilisé pour les cultes du ciel et de la terre, fut d'abord nommé le Grand Pavillon pour les Sacrifices Rituels. En 1545, pendant le règne de l'empereur Ming Jiajing, il fut rebâtit sous la forme d'une rotonde coiffée d'un toit à trois avancées couvert de tuiles vernissées bleues, jaunes et vertes qui symbolisaient le ciel, le monde mortel et la terre (la forme circulaire, le chiffre trois et la couleur bleue évoquent le ciel); il fut alors renommé Grand Pavillon des Offrandes Sacrificielles. Reconstruit une fois de plus en 1751, à l'époque du règne de l'empereur Qing (mandchou) Qianlong, il fut surmonté d'un triple toit de tuiles vernissées, uniformément bleues, que l'on orna, à son sommet, d'une sphère dorée; il fut alors réservé aux prières de janvier pour l'obtention de bonnes récoltes et reçut son nom définitif. Cet édifice mesure 38,2 m en hauteur et 24,2 m de diamètre; ses étages supérieurs reposent sur d'immenses piliers qui symbolisent les quatre saisons, les douze mois de l'année, les douze divisions du jour et de la nuit ainsi que les constellations. Il est l'unique exemple existant du style architectural Ming Tang. Une remarque: il est fréquent que les bâtiments portent successivement plusieurs noms; en effet, lorsqu'ils sont détruit par un incendie, on les rebaptise, une fois reconstruits, afin qu'ils perdent le nom qui leur a porté malheur!" Derrière le pavillon de Moissons, je remarque que le mur est couvert de tuiles vernissées de couleur verte, celle de la terre. 

Nous sortons du temple du Ciel par une galerie au toit vert (symbole de la terre) qui s'ouvre à droite du pavillon des Moissons. Je l'appelle la galerie des musiciens car, lors de ma visite de nombreux retraités venaient y jouer de leur instrument préféré. Aujourd'hui, elle est presque vide. Mais tout au long de la visite nous avons rencontré beaucoup de monde, beaucoup plus que lors de mes précédents passages. 
  
Nous traversons le parc à l'ombre des arbres. Sur un pelouse, je remarque des pierres sculptées en forme de nuages. A côté, une charmante petite Chinoise se prête avec grâce à la photographie. 

L'après-midi, nous nous rendons sur la place Tien An Men. La dernière fois que j'y suis venu, les monuments étaient en cours de rénovation pour les Jeux Olympiques de 2008 et ils étaient pratiquement invisibles. Heureusement, je les avais déjà vus quelques années avant. Nous nous arrêtons à proximité du mausolée de Mao Tsé Toung car notre accompagnateur vient de s'apercevoir que nous avons perdu une personne de notre groupe. Il est facile de s'égarer dans la foule de Pékin, de plus en plus nombreuses, sur les sites touristiques. Notre accompagnateur avait prévu ce genre d'incident et nous avait demandé, au cas où nous ne verrions plus personne du groupe, à rester sans bouger là où nous sommes. C'est le principe qui est aussi donné à ceux qui se perdent dans une forêt vierge! Si la personne perdue reste là où elle est, il suffit de refaire à l'envers le chemin parcouru pour la retrouver. Si elle bouge, les recherches ont bien des chances de s'avérer infructueuses et il ne reste plus à la personne égarée qu'à prendre un taxi pour rejoindre l'hôtel, à condition qu'elle ait pris la précaution d'avoir toujours sur elle une carte de visite du-dit hôtel, précaution que tout bon voyageur se doit d'observer. Fort heureusement, la personne perdue a respecté les consignes et elle est assez rapidement ramenée.  

Des personnes du groupe ont profité de cet arrêt prolongé imprévu pour soulever le problème du printemps de Pékin. Notre guide chinois répond que les événements se sont déroulés à peu près comme nous l'avons appris de nos médias, que c'est un événement malheureux et qu'il faut plus en parler. D'ailleurs, pourquoi remet-on toujours cette question sur le tapis en ignorant pratiquement la dissolution du parlement russe à coups de canons par Eltsine? Nous apprenons que des Français qui s'étaient cru autorisés à chanter la Marseillaise place Tien An Men un 14 juillet ont été inquiétés par les autorités qui avaient pris cette chorale patriotique improvisée pour un mouvement contestataire. J'observe que personne ne fait la queue pour aller voir la momie de Mo Tsé Toung; mais c'est qu'elle ne se visite que le matin. 

Nous flânons ensuite en autobus à travers la ville. Nous passons devant une porte monumentale de l'époque Ming, aux murs rouges et au toit vert. Nous allons vers les hutongs, des maisons traditionnelles chinoises, en voie de disparition. Les embouteillages sont tels, en cette fin de journée, que notre autobus n'avance plus et que nous devons poursuivre à pied, à travers une foule serrée, au risque de perdre quelqu'un à nouveau. 

Nous arrivons au bord du canal qui serpente sous des ponts en dos d'âne à travers le vieux Pékin. Il y a beaucoup de monde dans la rue et aussi beaucoup de monde sur le canal où se pressent plusieurs barques chargés de Pékinois prenant le frais sous le toit plat de leur esquif ouvert à tous les vents. Notre guide local nous a organisé une visite en cyclo-pousse du quartier; il réglera l'addition et nous lui rembourserons la course. Celle-ci ne présente pas grand intérêt. Les vieilles maisons chinoises, le long du canal ont été converties en bar et en discothèques décorés d'oripeaux colorés et vivement éclairés d'un goût douteux. Il existe bien quelques vieilles maisons mais on ne voit pas grand-chose en se contentant de cheminer le long des rues. Il faudrait pénétrer à l'intérieur des cours pour avoir une idée de la manière dont vivent les habitants. C'est que nous avions fait lors de ma précédente visite. Comme nous finissons notre tour en cyclo-pousse, quelques gouttes se mettent à tomber, et soudainement, avant que nous n'ayons pu regagner notre bus, un véritable déluge s'abat sur nous. En moins de temps qu'il ne fait pour l'écrire, nous sommes trempés. 

L'autobus nous amène à proximité du restaurant où nous devons dîner. Il faudra que nos vêtements sèchent sur nous, il n'est pas question d'aller nous changer à l'hôtel! Hélas, nous ne pourrons même pas nous sécher au restaurant car la rue est transformée en rivière de sorte que nous ne pouvons même pas mettre pied à terre. Notre guide attend, en espérant que l'eau va baisser rapidement car l'otage n'a pas duré longtemps et il ne pleut déjà plus. L'eau baisse effectivement, mais les flaques sont encore profondes et larges au bord du trottoir. On pourrait peut-être les contourner en faisant un détour et en passant derrière les voitures mais l'exercice et jugé trop périlleux par notre guide local qui refuse de le tenter. Pendant tour ce temps, nos vêtements sèchent à la chaleur corporelle ce qui n'est pas très agréable. Finalement, et de guerre las, notre guide se rend au restaurant d'où il nous ramène des plats cuisinés dans des barquettes de plastique. Nous mangerons dans notre chambre d'hôtel. 
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Notre hôtel à Pékin - Source: Internet
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Notre hôtel est situé dans le Lufthansa Center (l'agence organisatrice du voyage est allemande). Cet hôtel, qui fait partie de la même chaîne que ceux que nous avons eu en Russie et en Mongolie, est non moins moderne et luxueux. N'ayant pas de boisson, à part de l'eau, pour arroser mon plateau-repas, une fois celui-ci pris, je descends à la recherche d'un bar où l'on me sert une bière accompagnés de graines à grignoter et d'un journal local en anglais. Ma bière me sera facturée plus de cinq euros, mais elle était bonne.  
 

14 ème jour (Les photos sont  ici ) 

Le matin, au petit déjeuner, un journal local en anglais nous est distribué. Il y est question de la bourrasque de la veille qui a inondé Pékin. Les canalisations d'évacuation des eaux de pluie se sont avérées insuffisantes, à moins qu'elles n'aient été bouchées. Je me souviens des profond caniveaux qui court à Singapour le long des trottoirs. Mais il est vrai que celle ville, proche de l'équateur, est habituée aux trombes d'eau violentes. Ce n'est pas le cas de Pékin qui est plutôt situé au nord. Mais, le changement climatique aidant, les fortes précipitations et les tornades ne vont-elles pas se multiplier? Je laisse le soin aux météorologues de répondre à cette question. 

Ce matin, nous allons visiter la Cité interdite. Nous l'approchons par le sud, en longeant le canal. Deux ou trois pêcheurs, accoudés ou assis sur le mur qui court entre le canal et le chemin, se livrent à leur patient sport favori. Les épaisses murailles de la Cité interdites, avec leurs tours d'angle aux toits étagés, sont tout près. Au bout du canal apparaissent, dans la légère brume du matin, les bâtiments monumentaux de la porte vers laquelle nous nous dirigeons, qui est celle du Sud, associée au principe masculin. 

A cette porte, que j'ai déjà franchie à deux reprises, une foule, beaucoup plus importante que lors de mes autres visites, se presse. Voici ce que j'ai écrit dans mes notes lors de mon précédent passage: "Nous pénétrons dans l'ancien domaine réservé des empereurs chinois, isolé de la ville par de hautes murailles, en passant par une entrée diamétralement opposée à celle que j'avais prise lors de ma première visite. Koubilaï khan, un Mongol, fut le premier empereur à choisir Pékin pour capitale. Mais la Cité Interdite ne vit le jour que beaucoup plus tard, sous les Ming. Les souverains chinois y résidèrent pendant près de sept siècles. Elle renferme des bâtiments administratifs et des palais. L'ensemble compte 800 bâtiments, avec 9000 pièces, sur 720000 m2; il est trop vaste pour être visité en entier. Nous n'en verrons donc qu'une partie. Cette ville dans la ville a été conçue selon un plan rigoureux qui respecte les règles des palais chinois; elle s'adosse au nord, direction de l'étoile polaire, et s'ouvre sur le sud; l'étoile polaire, assimilée au souverain, est supposée représenter l'axe et le pivot du monde; sa couleur pourpre explique la couleur dominante des murs de la Cité qualifiée parfois de Cité Pourpre; l'agencement des différentes zones correspond à un plan rigoureux; au sud le pôle cosmique de l'univers, où se rendent les cultes les plus importants, ceux du ciel et de l'agriculture; au nord, en symétrie avec le ciel cosmique, le Temple de la Terre; de part et d'autre du palais, à l'est et à l'ouest, l'Autel des Ancêtres et celui des Récoltes, doublés par le Temple de la Lune et celui du Soleil".   

A l'intérieur, la foule est encore plus dense, il faudra veiller une fois de plus à ne pas se perdre! Nous nous arrêtons en face du palais de l'Harmonie suprême. Un canal, enjambé par cinq ponts, ondule comme un dragon à travers la cour. C'est dans cet édifice que l'empereur prenait ses décisions importantes et recevait les ambassadeurs. L'importance d'un palais se mesure à différents signes; il y a d'abord le nombre des toits superposés: plus ils sont nombreux et plus le palais est important; il y a ensuite, le nombre des petits animaux à l'angle des toits; s'ils sont neuf, il s'agit d'un palais de l'empereur et, s'ils sont moins nombreux, il s'agit d'un palais de personnages moins importants. Sur les toits du palais de l'Harmonie suprême, les neuf petits animaux sont accompagnés d'un petit singe ailé, ce qui en fait un palais particulièrement important; il est en effet le plus grand de la Cité. 

De l'autre côté du palais de l'Harmonie suprême, se trouve le palais de l'Harmonie préservée. Construit d'abord en 1420, sous les Ming, ce palais fut détruit par le feu et reconstruit plusieurs fois. Ses poutres et ses colonnes originelles subsistent toutefois encore. Au début de la dynastie des Ming, il fut nommé le pavillon du Comportement scrupuleux. En 1562, sous les Qing (Mandchou), il fut rebaptisé pavillon du Peuple souverain puis pavillon (ou palais) de l'Harmonie Préservée, en 1645. Cet édifice compte neuf travées de large et quatre travées de profondeur, avec un toit à pignon et des avancées en saillie sculptées. Il s'étend sur 1240 m2. Pour le construire on utilisa une méthode spéciale: l'omission de six piliers à l'avant donne une impression d'espace. Au dessus du trône, au centre du pavillon, un tableau portant une inscription de l'empereur Qianlong est suspendu. Sous les Ming, l'empereur changeait de vêtements dans ce pavillon avant une cérémonie importante. Sous les Qing (Mandchou), l'empereur y banquetait en compagnie des princes, des ducs, des ministres et des représentants des minorités ethniques la veille du nouvel an lunaire et du festival des lanternes. Au début du règne des Qing, avant la rénovation des trois pavillons de l'arrière, les empereurs Shunzhi, Kangxi et Qing Ning Gong y vécurent et l'appelèrent Palais des Endroits Appropriés et de la Culture des Choses pour ce qui concerne les deux premiers, puis Palais de la Paix et de la Tranquillité pour le dernier. La cérémonie nuptiale de l'empereur Shunshi s'y déroula. En 1789, l'empereur régnant y supervisa l'examen final de sélection des fonctionnaires pour toute la Chine. Le nom actuel du pavillon est inspiré du Livre des Changements et signifie le maintien de l'harmonie entre toutes les choses de la terre afin d'obtenir une longue période de paix et de stabilité. 
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L'intérieur du palais de l'Harmonie préservée
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J'ai tenté de m'approcher pour prendre une photo de l'intérieur du palais de l'Harmonie préservée. La bousculade était telle que c'était très difficile de parvenir au premier rang et, une fois là, j'étais tellement secoué que la photo ne pouvait qu'être ratée comme si elle avait été prise par une personne souffrant de tremblote; ensuite, il le fallut sortir de la cohue et c'était aussi pénible que d'y entrer, tant les gens venaient s'agglutiner en nombre empêchant ceux qui étaient devant de rétrograder. 

Comme les autres palais, celui de l'Harmonie préservé est juché sur une base surélevée que l'on atteint par un escalier à deux volées de marches entre lesquelles se trouve une pente sculptée, généralement décorée d'un dragon, au-dessus de laquelle passait le palanquin de l'empereur dont les porteurs empruntaient l'escalier. La pente, à l'arrière ce palais, est d'un seul bloc de marbre blanc. C'est la plus grande pierre de la Cité interdite. Elle mesure 16,75 mètres de long sur 3,07 mètres de large et son épaisseur est de 1,7 mètres. Elle pèse plus de 200 tonnes, d'où sont nom de Grande Pierre sculptée. Elle fut sculptée dans une énorme pierre naturelle au début de la dynastie des Ming, au moment où l'on construisait les trois principaux pavillons. En 1761, 26ème année du règne de Qianlong de la dynastie Qing (Mandchou), l'ancien dessin de la pierre fut effacé et remplacé par un autre modèle. Cette gigantesque pierre est ornée à son pourtour de superbes lotus entrelacés, ce des vagues agitées ondulent à sa base et neuf dragons s'ébrouent parmi des nuages en son milieu, le dragon étant l'animal emblématique des empereurs, comme on l'a déjà dit. La pierre fut extraite de Dashiwo, à Fangshan, dans les faubourgs occidentaux de Pékin. Elle fut transportée jusqu'au palais en ayant recours à un moyen simple mais ingénieux: on jeta de l'eau sur le sol en hiver; l'eau gela et l'énorme monolithe fut traîné sur ce chemin de glace. 

Dans un  pavillon sur la gauche, près des toilettes, je crois reconnaître, peint en grand sur un tableau, l'empereur mandchou Qianlong resté célèbre dans l'histoire (voir ici). En fait, il s'agit de Kangxi, l'un de ses prédécesseurs. Nous traversons ensuite une porte que je crois être celle de la Pureté céleste décrite dans les notes de mon précédent voyage. 
 
Nous nous dirigeons vers la Cité des femmes, que j'ai déjà vue lors de mon premier voyage. Nous suivons une étroite allée pavée. A l'angle des toits, on ne compte plus que cinq petits animaux: les concubines ne méritent pas plus! Nous passons dans la cour autour de laquelle est située l'habitation de l'impératrice Tseu Hi (Cixi en chinois) que j'ai déjà également visitée.  Dans la cour, outre l'inévitable gros chaudron de bronze, où l'on stockait l'eau pour contenir un éventuel incendie, on remarque plusieurs sculptures animalières: la tortue qui supporte le monde, symbole de longévité et de sagesse, le cerf symbole également de longévité, le dragon symbole de la puissance impériale... A côté du trône couvert de soie jaune de l'impératrice un bougeoir est tenus dans le bec d'une grue également symbole de longévité. 
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Tseu Hi en 1903 - Photo prise par Xun Ling, colorisée et offerte au président Théodore Roosvelt
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Un peu plus loin nous retrouvons de très beaux dragons sculptés dans des médaillons jaunes qui ornent un mur rouge. 

Nous parvenons au Jardin impérial que j'ai déjà traversé au cours de mon précédent voyage. Ce jardin, aménagé en 1420, sous les Ming, fut légèrement rénové sous les Qing (Mandchou). La plupart de ses bâtiments furent construits sous les empereurs Ming Jiajing et Wanli. Sous les Ming, le jardin était connu sous l'appellation de Jardin Derrière le Palais; il prit son nom définitif sous les Qing. Ce jardin mesure 130 m de l'est à l'ouest et 90 m du nord au sud; il couvre une superficie d'environ 12000 m2. On y rencontre des arbres comptant plusieurs centaines d'années, notamment des pins, et les glycines chinoises. Des rocailles exotiques y sont dispersées ça et là, en plus de divers paysages artificiels reconstitués dans le goût chinois. Plus de 20 pavillons et tours de styles variés s'élèvent symétriquement à l'est et à l'ouest de l'axe central. Les chemins, à l'intérieur du jardin, sont méticuleusement pavés de cailloux colorés formant plus de 900 motifs. Les empereurs, les impératrices et les concubines impériales appréciaient beaucoup ce lieu et aimaient venir s'y distraire. Sous les Qing, on y choisissait les filles destinées au harem impérial. 

Nous sortons de la Cité interdite par la porte du Nord associée au principe féminin. Cette porte se trouve au pied de la Colline du Charbon, une butte artificielle, conséquence de l'accumulation de la terre excavée pour la réalisation des palais impériaux. Selon Victor Segalen, cette colline serait nommée par les Chinois la Colline de la Contemplation, plutôt que celle du charbon qui serait une appellation occidentale. Quoi qu'il en soit, cette colline (Parc Jingshan) est l'un des sites les mieux préservés de Pékin. De son sommet, qui culmine à 45 mètres, on jouit d'une vue unique sue la ville et sur la Cité interdite. Lors de mon dernier voyage, on devait en faire l'ascension, mais celle-ci n'a pas eu lieu. Cette fois-ci, m'armant de courage, je décide de suivre les courageux qui se lancent à l'assaut des escaliers. Une partie du groupe reste en bas et doit nous rejoindre au pied de la descente qui s'effectue par un autre chemin. L'ascension est longue et fatigante. Aussi, parvenu au pavillon construit au sommet, on éprouve le besoin de souffler un peu. Le temps, brumeux, n'est pas idéal pour observer Pékin. On ne voit guère plus loin que la Cité interdite, au-delà des pentes boisées du parc. 

En redescendant, nous passons auprès de l'arbre où se serait pendu le dernier empereur Ming ayant régné à Pékin. En 1644, l'armée insurrectionnelle paysanne de Li Zicheng entra à Pékin. L'empereur Chongzhen s'enfuit précipitamment de la Cité interdite. Parvenu à la Colline du Charbon, il rédigea son testament et, conscient que ses meilleurs jours étaient derrière lui, il se serait pendu en présence d'un eunuque de la cour impériale Wang Cheng'en. Des détails quelques peu différents sur cet événement se trouvent dans les "Notes de Sanyuan" et les "Notes de l'année 1644"; l'espèce de l'arbre qui prêta une de ses branches à la pendaison est controversée: s'agit-il d'un pin, comme le prétendent les "Notes de l'année 1644" ou d'une variété de sophorier (arbre de l'écolier chinois), comme l'affirme la pancarte qui rappelle l'événement? Je n'ai pas de réponse à cette question. Il n'est même pas sûr que l'empereur s'est vraiment pendu; ce suicide est lui aussi contesté, du moins selon notre accompagnateur-conférencier français. 

Nous retrouvons ici ceux qui n'ont pas cru devoir tenter l'ascension. En nous dirigeant vers la sortie du parc pour nous rendre à l'endroit où notre autobus doit nous retrouver, nous passons devant un jardin d'enfants peuplés de dinosaures. 
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Propriétés curatives des thés et bonhomme pipi (une version française est ici)
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Après avoir attendu un assez long moment l'arrivée de notre autobus, en raison des aléas de la circulation intense de Pékin, nous terminons la matinée par une visite à la maison de thé Qing Shan Ju. On nous y fait goûter à plusieurs sortes de thés accompagnés de cacahuètes en nous présentant un petit personnage de terre cuite, que je connais déjà, depuis ma visite précédente, le bonhomme pipi (pee-pee boy), dont j'ai déjà parlé ailleurs. J'en profite pour acheter une boîte de thé que j'offrirai en cadeau à mon fils et je reçois un bonhomme pipi en cadeau. On nous remet aussi un prospectus en anglais qui rappelle les vertus curatives des différents thés que nous avons goûtés. J'ai placé cette dégustation ici dans mes notes, mais, pour parler franchement, je ne me souviens plus si elle a eu lieu ce jour là ou le lendemain; cela n'a d'ailleurs pas grande importance. 

Après le déjeuner, nous poursuivons notre visite de Pékin  par un tour vers le nouvel opéra. Ce grand théâtre national de Chine, construit par l'architecte français Paul Andreu, a ouvert ses portes en 2007. Il s'agit d'un immense dôme ellipsoïdal, pareil à une moitié d'oeuf gigantesque, qui s'élève au milieu d'un large plan d'eau. Il compte trois salles de 5000 spectateurs consacrées à la danse, au théâtre et à la musique. Les choix de l'architecte et les coûts du projets ont été contestés, surtout après l'effondrement d'un terminal de Roissy conçu par le même architecte, et ce dernier a dû limiter ses ambitions. On s'est demandé si la modernité et l'esthétique du bâtiment convenait pour le centre d'une ville comme Pékin. Une fois achevé, l'édifice n'en a pas moins été salué au plan international comme l'une des premières créations architecturales du monde. Pour ce qui me concerne, ce bâtiment ne m'inspire pas beaucoup; je le trouve beau mais trop froid. Son édification a coûté 300 millions d'euros. 

Notre visite suivante est pour la rue des Antiquaires où je suis déjà venu pendant l'hiver 2007, en pleine nuit. On peut encore y voir de vieilles maisons pékinoises et, comme son nom l'indique, on peut y chiner, sans jeu de mot déplacé, dans de nombreuses boutiques où l'on trouve à peu près de tout. La rue est partagée en deux par une avenue que les piétons ne peuvent pas traverser en passant sur la chaussée; afin d'éviter les accidents, ils doivent la franchir en empruntant un pont. Je vais explorer les deux côtés. Je remarque un magasin de vente de jade exposant dans sa vitrine, entre autres objets, des grappes de raisins en cette matière. Un peu plus loin deux lions chinois et deux soldats de Xian encadrent une entrée: voilà un magasin bien gardé. J'imagine qu'il est possible de se faire graver par un sceau avec une inscription choisie; mais notre guide chinois nous a déconseillé de le faire en nous précisant que, pour ceux qui le souhaiteraient, il connaissait quelqu'un auprès de qui ils l'auraient à bien meilleur marché; de toute manière, cela ne me concerne pas: je n'ai pas ce genre d'envie. Une librairie propose tout un tas de livres illisibles, d'encres, de cahiers et aussi de CD et de DVD auxquels nous ne comprenons rien. Des peintres exposent aussi leurs oeuvres et ce langage là est international; un Chinois ne disait-il pas que qui sait dessiner sait écrire et qu'il suffirait de s'exprimer par pictogrammes pour que tout le monde se comprenne! Il y a de la peinture traditionnelle et des oeuvres plus modernes, au moins quant au sujet (des mineurs semble-t-il) avec une photo du peintre à côté. On note aussi des souvenirs de la révolution maoïstes promus au rang d'antiquités: le portrait du Grand Timonier et des affiches. Je remarque une sorte de cyclo-pousse motorisé, une moto-taxi à l'habitacle fermé pouvant contenir certainement deux personnes; peut-être est-elle électrique, comme beaucoup de motos qui circulent dans les rues chinoises; elles sont écologiques mais dangereuses car on ne les entend pas venir. "Bienvenue dans le monde splendide du bouddhisme tibétain" annonce une affiche accompagnée d'un mannequin affublé du vêtement d'un moine, d'un bonnet jaune et d'un chapelet à gros grains, ainsi que de la photo d'une jeune femme que je n'identifie pas; l'ensemble est posé sur le trottoir à l'entrée d'un couloir où sont exposés des objets tibétains; contrairement à ce que beaucoup pensent en Occident, le Tibet est une destination touristique très prisée des Chinois si peu voudraient y vivre en raison des conditions climatiques et politiques. Il est agréable de déambuler dans cette rue, ce pendant le passage fréquent de policiers laisse supposer qu'elle n'est pas aussi tranquille qu'on pourrait le souhaiter et qu'il existe à Pékin, comme dans la plupart des grandes villes du monde, des personnes peu scrupuleuses qui n'attendent qu'un instant d'inattention de la part d'un touriste pour lui faire les poches. 
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Je ne me souviens plus si c'est ce soir là que nous sommes allés au Musée de la soie Dong Wu de Pékin. Je ne connaissais pas ce musée, mais j'en ai vu d'autres du même genre à travers la Chine. Lors d'un voyage dans ce pays, il est impossible d'éviter la visite d'un atelier ou d'un magasin de soierie. La dernière fois que j'en ai visité un, c'était à Shanghai en 2006. Voici ce que j'avais écrit à l'époque dans mes notes: "En début d'après-midi, pour le énième fois, nous sommes conviés à visiter une fabrique de soieries. On nous y apprend que 25 jours sont nécessaires pour passer de l'oeuf à une larve accomplie et deux jours pour tisser le cocon; la larve est particulièrement vorace. Si le cocon contient deux vers, ces derniers produisent chacun leur fil; les deux fils s'entremêlent et le cocon est difficile à dévider; il sera utilisé pour la confection des couettes; si le cocon ne contient qu'un vers, on  en tire environ 1200 m de fils. Nous savions déjà tout cela, plus ou moins bien. Nous passons ensuite par un atelier où les cocons, qui baignent dans des cuvettes d'eau tiède, sont dévidés par une batterie de machines vertes, surveillées par des ouvrières; cet atelier est tellement semblable à celui que j'ai visité il y a six ans que je crois un moment que c'est le même; c'est impossible puisque l'autre était à Xi'an! Long passage par la boutique; afin de ne pas perdre mon temps, puisque les résidus des vers sont utilisés en cosmétologie, j'achète un pot d'une crème soi-disant souveraine pour les soins de la peau." Ici, nous avons droit à peu près aux mêmes explications. On nous montre à nouveau le processus de fabrication des couettes à partir des cocons défectueux avant de nous diriger sur la boutique. Cette fois-ci j'y achète deux foulards à l'intention de mes petites filles. 
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Après le dîner, nous nous rendons au théâtre Liyuan pour assister à un spectacle d'opéra chinois traditionnel. Plusieurs courtes pièces se suivent. On ne comprend pas ce qui se dit ou se chante, mais il est facile de suivre l'intrigue grâce au jeu des acteurs et aussi aux indications qui sont données en anglais sur un prompteur; cette intrigue est d'ailleurs généralement très simple. J'ai déjà assisté à un spectacle de ce genre lors de mon premier séjour à Pékin, voici douze ans, et je l'ai trouvé décevant. Je m'attends donc à m'ennuyer ferme. Il n'en est rien. D'abord la salle est bien plus confortable que la première fois. Ensuite, le spectacle est beaucoup plus réussi. Les costumes sont somptueusement colorés. Les mimes sont parfaits. On trouve dans l'opéra chinois un mélange de différents types de spectacles: chant, danse, théâtre, pantomime, acrobatie... et la succession des scènes, si elles sont bien enchaînées, ne permet  pas au spectateur de s'ennuyer. Personnellement, j'ai particulièrement apprécié la prestation de deux guerriers acrobates s'affrontant en virevoltant, en esquivant les attaques de l'adversaire et en se tendant des pièges qui ne manquaient pas d'humour; c'était très enlevé et très fin. Je n'ai pas été déçu par ce spectacle. 
 

15 ème jour (Les photos sont  ici ) 

Au petit-déjeuner, en bavardant avec notre accompagnateur-conférencier, j'apprends que l'Université de Shanghai a cherché à recruter un professeur français spécialiste du droit romain. La Chine, comme d'ailleurs d'autres pays dans le monde préférerait s'inspirer du droit romain, basé sur des principes dictés par la raison,  plutôt que du droit anglo-saxon, essentiellement jurisprudentiel et découlant donc d'une tradition largement étrangère à celle des citoyen du Milieu du monde. Cette anecdote n'est pas dépourvue de signification et elle me rappelle que, pour les Chinois, la France n'est pas seulement un grand jardin, mais qu'elle est aussi le Pays de la Loi.  

Ce matin, notre première visite du jour sera pour la Grande Muraille (Chángchéng). Ce gigantesque serpent de pierre, qui ne se voit pas de la lune, comme on l'a à tort prétendu, s'étend néanmoins sur des milliers de kilomètres (6700 km) et l'on en trouve encore des vestiges vers Dunuang, à l'ouest de la Chine, et en Corée du Nord, à l'est. Un tel monument ne s'est évidemment pas édifié en un seul jour, voire même en une génération, et les travaux auraient causé la mort de 10 millions d'ouvriers enterrés à proximité. Les premiers tronçons remontent à l'époque des Royaumes combattants; L'empereur Qin Shi Huang Di, qui unifia la Chine et lui donna son nom, réunit ces tronçons pour en faire une barrière défensive efficace contre les invasions des barbares du nord, alors les Xongniu, au 3ème siècle avant notre ère. Cette première grande muraille fut plus ou moins bien entretenue sous les premiers successeurs du grand empereur. Après la conquête de la Chine par les Mongols, ces derniers la laissèrent à l'abandon; Marco Polo ne la mentionne pas dans son récit et c'est même une des raisons pour lesquelles le voyage en Chine de ce commerçant vénitien est mis en doute, seulement cette raison ne tient pas car la Grande Muraille n'entrait certainement pas dans les préoccupations des empereurs de la dynastie mongole; ils n'avaient aucune raison de l'entretenir, au contraire, puisqu'elle divisait leur empire et qu'elle avait été érigée contre eux. D'autres arguments peuvent être avancés avec plus de pertinence pour contester la réalité du voyage de Marco Polo en Chine: le grand nombre de versions du récit, son caractère fabuleux, ses lacunes concernant les cérémonies officielles de la cour chinoise... Pour notre accompagnateur-conférencier français, la cause est entendue: Marco Polo n'a jamais mis les pieds en Chine et son récit n'est qu'une fiction. Quoi qu'il en soit, c'est aux Ming (1368-1644) que l'on doit la Grande Muraille telle qu'elle existe aujourd'hui; cette dynastie, d'origine chinoise, avait intérêt à relever la muraille pour protéger l'empire contre les incursions des peuples des steppes; l'empire mongol s'était certes effondré, mais la menace subsistait et elle se concrétiserait plus tard par la montée en puissance des Mandchous. 
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La Grande Muraille de Chine - Source: Wikipédia
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Je suis déjà venu plusieurs fois à la Grande Muraille et elle n'est pas pour moi une découverte. Mais les autres fois, je l'ai vu à Badaling, l'endroit le plus visité, et, cette fois, je vais la voir à la Passe du Dragon. Nous arrivons sur les lieux en début de matinée, à une heure où il y a moins de monde. Le site est moins fréquenté que celui de Badaling, mais déjà beaucoup de visiteurs s'y pressent déjà et la parking est presque plein. On nous donne quartier libre pendant un temps suffisant pour que les plus courageux escaladent ce rempart gigantesque qui ondule comme un dragon jusqu'au sommet des collines environnantes. L'ascension est difficile car les escaliers sont très irréguliers, certaines marches étant très hautes et d'autres beaucoup plus basses. Une rampe court le long des parapets pour aider les maladroits et ceux qui sont fatigués. Il fait beau, même chaud, et le paysage alentour, bien dégagé est superbe avec ses montagnes couvertes de végétation. Sur les paliers de la Muraille des marchands de souvenirs ont étalé leur pacotille à touristes. L'un de ces paliers est orné d'armes de guerre chinoises anciennes. 

Je me contente de monter jusqu'à mi pente car il faut redescendre et, compte tenu de mon agilité et de mon sens de l'équilibre, il me faut tenir la rampe, ce qui m'oblige à suivre le rythme de ceux qui me précèdent. Deux jeunes et jolies chinoises me prennent en photo. 

De retour en bas, je flâne auprès des étals et dans les environs, à la recherche d'un endroit où boire un café. Je complète mes achats pour les cadeaux. Des ouvriers réparent la Muraille qui est bien entretenu; les briques sont portées à dis de cheval, comme autrefois. Nous regagnons notre autobus. Le décompte fait, une personne manque à l'appel. guide et accompagnateur nous laissent dans le véhicule et partent à sa recherche. Nous apprendrons qu'il a été pris d'un malaise, probablement dû à la chaleur; deux touristes américaines l'ont aidé, puis la police chinoise l'a pris en charge. On nous le ramène revenu à lui. Cet incident ne nous a fait perdre que peu de temps et il s'achève heureusement. 

Nous revenons déjeuner dans un restaurant de Pékin où le repas est accompagné d'un concert de chanteurs qui nous rappelle, en moins bien, l'opéra de la veille. Je me régale d'un plat de crevettes pimentées où les piments rouges sont plus nombreux que les crevettes; mais, contrairement à ce que croient les autres convives, qui s'étonnent de mon goût pour les piments, ce sont eux qui piquent le moins; de toute façon, il faut aimer les plats très épicés pour apprécier celui-ci et je n'ai pas beaucoup de concurrents. 
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Après le déjeuner, nous nous rendons dans un magasin de jade. Le jade est la pierre chinoise par excellence; il y est utilisé depuis longtemps et on lui supposait des vertus médicinales à telle enseigne que beaucoup de Chinois en portent sur eux pour se protéger de certaines maladies et qu'une cigale de jade était souvent placée dans la bouche des morts; tous les orifices des morts étaient d'ailleurs bouchés avec de l'or ou du jade pour les protéger de la corruption; l'empereur portait un sceptre de jade; les princes étaient pourvu d'une tablette de jade qui devait être irréprochable et qu'ils présentaient à chaque audience de l'empereur; la non restitution de cette tablette avait valeur de destitution; les dignitaires disposaient d'une demi tablette qui devait s'ajuster à l'autre moitié conservée au palais faute de quoi, ils perdaient leur emploi. Le jade était considéré comme un symbole du pouvoir impérial. 

Le jade est généralement d'un vert plus ou moins foncé. Mais il peut prendre différentes couleurs. Le jade blanc est le jade le plus pur; le vert contient des sels de chrome; le bleu-vert contient des sels de cobalt; le noir contient des sels de titane; le rose contient des sels de fer et de manganèse. C'est une pierre très dure et l'on reconnaît justement son authenticité à ce qu'il est très difficile de la rayer. Depuis la plus haute antiquité les Chinois travaillent le jade pour en faire des bijoux et des objets décoratifs. Le magasin que nous visitons nous offre une gamme très variée de ces productions. Je remarque particulièrement un très beau taureau vert foncé, des chevaux bruns, un chou d'une blancheur immaculé chargé d'une forte symbolique (on trouve des choux dans beaucoup de foyer chinois et n'est-il pas chez nous aussi un symbole de fécondité puisque, si les filles naissent dans les roses, les garçons voient le jour dans les choux), un grandiose bateau de jade vert... J'achète une boule gigogne rose, qui en contient deux autres intérieures, les trois concentriques et détachées l'une de l'autre, aux ouvertures finement travaillées. 

Ensuite, nous partons visiter les tombeaux des Ming. Situés au pied des monts Tianshou, dans le district de Changping, à Pékin, c'est le cimetière où reposent les empereurs de la dynastie qui régna sur la Chine de la chute des Mongols, en 1368, à la conquête mandchoue, en 1644. Ce cimetière couvre une superficie de 80 km2 et il est situé à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Pékin. La construction des tombes commença en 1409 et s'acheva en 1644, au moment de l'effondrement de la dynastie. Cette construction se déroula donc sur plus de deux siècles. On y trouve les tombeaux de 13 empereurs, 7 concubines et un eunuque, dispersés à travers la vallée. Tous les empereurs de la dynastie des Ming, qui en compte 17, n'y figurent pas pour deux raisons: d'abord parce qu'après avoir été chassé de Pékin les Ming régnèrent encore quelques temps au sud de la Chine (voir une chronologie de l'histoire de Chine, ici); ensuite parce que certains empereurs ne furent pas jugés dignes d'y être placés. 
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Les tombeaux des Ming (détail) - Pour voir en entier, cliquez ici
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Cet ensemble est relativement bien conservés en comparaison avec d'autres tombes impériales chinoises. Son architecture, son caractère presque complet et sa longue histoire en font un site d'une valeur culturelle et artistique de toit premier plan. Il est situé dans une région montagneuse est boisée pittoresque. C'est pourquoi le gouvernement chinois l'a restauré et soigneusement entretenu. En 1957, les autorités de la municipalité de Pékin l'ont inscrit sur leur liste du Patrimoine à préserver. En 1961, il fut porté sur la liste nationale chinoise. En 1982, il fut déclaré l'un des sites les plus intéressants. En 1991, l'Administration du Tourisme de Chine le classa parmi les 40 premiers sites touristiques du pays. En 2001, la même Administration lui attribua un quadruple A. Les Tombeaux des Ming, dans leur état de conservation actuel, représentent l'un des cimetières impériaux les mieux préservés du monde et il n'est donc pas étonnant qu'ils aient été inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2003. 

Lors de ma première visite, voici douze ans, nous avons abordé les tombeaux par la Voie des Esprits, selon le chemin habituellement suivi par les touristes. Cette année, nous procédons à l'envers et nous entrons par où nous sommes sortis la fois précédente. Nous passons d'abord devant une haute stèle de pierre non inscrite posée selon l'usage sur le dos d'une tortue. Ensuite, nous prenons le chemin des tombeaux. 

Nous passons à un endroit où s'élevait autrefois le Pavillon de Ling maintenant ruiné, ainsi que nous l'annonce une pancarte. Ce pavillon fut construit pendant la 14ème année du règne de Wanli (1586). C'était l'endroit où avaient lieu les cérémonies sacrificielles; les tablettes mémorielles, les chapeaux et les vêtements du souverain défunt y étaient mises en châsse et un culte leur était rendu. Ce pavillon avait été originellement grandiose; avec ses 7 ouvertures sur sa longueur, ses 5 sur sa largeur, et son double toit, il était magnifique. Pendant la 17ème année du règne de Chongzhen (1644), il fut brûlé par les paysans révoltés conduits par Li Zicheng. Plus tard, Duo Ergun, prince Rui de la dynastie mandchoue, qui avait franchi la Grande Muraille à la passe Shanhaiguan, où la Grande Muraille touche à la mer, le fit démolir après avoir envahi la Chine. Pendant les 50ème et 52ème années du règne de l'empereur Qianlong, il fut reconstruit sur un pied moins grands, avec seulement 5 baies sur sa longueur et 3 baies sur sa largeur.  

Nous montons un escalier double de fer, avec entre les deux volées de marches, une pierre sculptée, comme dans les palais impériaux. Puis, en suivant un chemin qui serpente à travers les arbres, nous nous dirigeons vers le tombeau que nous allons visiter, celui de Yong Ling, si ma mémoire est exacte. Nous passons à proximité de très beaux cyprès aux branches énormes s'écartant du tronc comme les ramures d'un cervidé. Ce sont des cyprès "cornes de cerf". Les anciens chinois disaient: "Abandonnez le mort dans un endroit sauvage sans terre ni arbres" signifiant par là qu'il n'était pas nécessaire d'honorer une personne décédée. Mais, ce principe ne valait pas pour les empereurs qui devaient être enfouis dans le sol et signalés par la présence d'arbres afin de montrer leur importance sans égal. Les cyprès "cornes de cerf" du parc où se trouvent les tombeaux des Ming sont aussi connus sous le nom de "cyprès impériaux". Ils sont beaucoup plus anciens que l'époque de la construction des mausolées. Bien évidemment, ils furent transplantés là au moment de l'édification d'une tombe. Leurs formes et leur symétrie en font les plus beaux des arbres. Debout au nord et au sud du monticule de la grande tombe, ils indiquent la position sociale primordiale qu'occupaient les anciens empereurs. 

Le tombeau est un immense bâtiment, plus grand encore que le mausolée de Mao Tsé Toung, place Tien An Men. Pas plus qu'en Russie, ce n'est pas du vingtième siècle que date en Chine le goût du grandiose. Une fois à l'intérieur du bâtiment, il faut descendre, par un escalier interminable, dans les entrailles du sol. Les empereurs défunts étaient inhumés dans un véritable palais souterrain. 

Voici ce qui dit un panneau au sujet du palais souterrain. Il fallut deux ans pour construire le palais souterrain: de la 12ème à la 14ème année du règne de Wanli (1584 à 1586). Le plan de ce palais est inspiré de celui des palais impériaux de la dynastie des Ming, avec cinq salles: celle de l'avant, celle du milieu, celle de l'arrière et celles de gauche et de droite. Les plafonds sont en forme de voûte brisée. Les pièces sont séparées par des portes de pierre finement sculptées. Les cercueils de l'empereur et de l'impératrice ainsi que des objets funéraires sont placés dans la salle de l'arrière. Un tunnel de brique conçu pour les funérailles débouche à l'avant de la salle frontale. Au cours des excavations, en 1956-1957, il fut partiellement dégagé. Mais la partie exhumée est encore interdite aux visiteurs. En dehors des salles de gauche et de droite, il existe aussi des passages qui n'ont pas encore été ouverts. 

Il me reste maintenant à décrire ce que j'ai vu. Nous n'avons évidemment visité que ce qui est visible et c'est déjà beaucoup. L'escalier d'entrée s'achève dans une pièce latérale. De là, on entre dans une grande salle, très longue, assez large, et avec un plafond voûté très haut; dans cette salle se trouvent plusieurs rangées de monuments de marbre. Des billets de banque jonchent le sol, sans doute les offrandes des visiteurs chinois à leur empereur défunt. Une pièce arrière, plus petite et sombre, est rapidement explorée; il y a beaucoup de monde et on ne peut pas rester longtemps à la même place. On passe d'une pièce à l'autre par une porte monumentale voûtée. Le mobilier mortuaire, destiné à accompagner le défunt dans l'au-delà, fait penser à des bancs de marbre. On y aperçoit parfois les ondulations d'un serpent qui pourrait bien être un dragon. Beaucoup d'objets funéraires sont déposés sur des socles de pierre, en particuliers des vases et des bougeoirs. Une lourde porte, recouverte de bronze clouté, donne sur l'escalier de sortie. Pour franchir la porte, on passe d'abord sous une voûte puis ensuite sous un passage triangulaire aux bords cassés en escalier. On pénètre alors dans une petite salle où commence l'escalier qui conduit dehors. Tout cela laisse une impression de grandeur colossale. 

Nous visitons ensuite la Tour de l'Âme. Construite pendant la 15ème année du règne de l'empereur Wanli (1587), cette tour est le symbole de la tombe qu'elle domine. Le plan et les matériaux sont identiques à ceux de Yongling. C'est une architecture en toit de pignon déhanché avec des arcs de briques intérieurs. Tous les composants, comme les parenthèses des croisillons, les liens des poutres et les chenaux, sont en pierres colorées de telle sorte que l'ensemble a gardé l'apparence d'une structure de bois. A l'intérieur de la tour se dresse, sur le dos d'une tortue, une stèle qui porte l'inscription: "Mausolée de l'empereur Shenzong des majestueux Ming". 

En repartant, nous croisons une belle allée pavée qui serpente entre deux murs à travers la forêt. Vu d'en bas, le tombeau que nous venons de visiter, paraît encore plus imposant avec son pavillon au mur rouge juché en haut d'une base plus élevée que la muraille de Chine. Pour atteindre le palais souterrain, il faut monter jusqu'au pavillon et ensuite redescendre probablement jusqu'au pied de la base et peut-être même plus bas. 

Notre arrêt suivant est consacrée à un musée où sont exposés des objets ayant appartenus aux empereurs Ming: récipients divers en métaux jaunes cuivre ou or?), ornements de jade, curieux lingots d'or en forme de semelle, statuettes en terre cuite d'animaux et d'hommes (peut-être des eunuques), vêtements de soie... En quittant les lieux, nous passons devant une grande fresque représentant la vie dans la Chine d'autrefois peinte sur un mur.  

Nous allons jusqu'à la Voie des Esprits, à partir de la Porte du Dragon et du Phénix derrière laquelle se trouve le Pont à sept arches; nous allons parcourir cette voie du nord au sud, c'est-à-dire dans le sens inverse de celui, traditionnel, que j'ai suivi il y a douze ans.  

D'après le panneau pour touristes, la Voie des Esprits fut construire entre la première et la troisième année du règne de l'empereur Zhengtong de la dynastie des Ming (1436-1438). Les pierres provenaient des carrières de Dushu, à Fangshan, dans la région de Pékin. Il y a en tout 36 statues de personnages et d'animaux. Du sud au nord (sens habituel de la visite), on rencontre des lions, des xiezhi (animal légendaire de Chine et de Corée), des chameaux, des éléphants, des kylin (la licorne chinoise), des chevaux et des personnages de la cour de l'empereur: guerriers, mandarins et moines (la trinité du pouvoir: le militaire, l'administratif et le religieux). La tradition consistant à placer une statue de pierre à l'avant des tombes remonte aux dynasties Qin et Han et peut-être même avant. C'est un élément décoratif qui symbolise également le statut du défunt. Le type des statues varie en fonction de la dynastie et aussi du personnage enterré. Les statues de pierre de la Voie des Esprits sont inspirées du système de Xiaoling (la tombe de Zhu Yuanzhang, le premier empereur Ming); les personnages officiels de la cour furent ajoutés afin de mettre en exergue la dignité des empereurs Ming. Il est facile de déterminer la fonction de ces derniers: le guerrier porte une arme et le mandarin une tablette (l'ipad ming!) Quant aux animaux chacun d'entre eux est représenté en double, l'un couché ou assis et l'autre debout. Cette allée pavée majestueuse est bordée de chaque côté par une haie taillée bas. Tout est parfaitement entretenu. 

Au bout, s'élèvent dans la verdure deux colonnes, de part et d'autre de l'allée. L'une, hexagonale, et surmontée d'une sorte de chapeau décoré d'un dragon gravé dans la pierre; c'est la colonne de l'empereur. L'autre, cylindrique, est ornée à son sommet d'un phénix; c'est la colonne de l'impératrice. 

Au sud se trouve un pavillon aux murs rouges et au toit de tuiles double percé de quatre porte à chacun des point cardinaux. A l'intérieur de ce Pavillon de la stèle, et en son centre, se dresse une stèle écrite, sur le dos d'une tortue. 

Ensuite nous atteignons la Porte rouge percée classiquement de trois ouvertures avant d'arriver à l'arc de pierre qui marque la fin de ce parc mémoriel. 

Je m'aperçois que j'allais oublier notre passage par un magasin de perles de culture. Je ne sais plus trop quand il a eu lieu. Je n'en ai pas retenu grand-chose. J'étais d'alleurs déjà venu dans ce magasin six ans plus tôt et j'ai assisté à la même démonstration, après la même question posée aux visiteurs sur le nombre de perles contenues dans un huître que la présentatrice s'apprêtait à ouvrir. Je savais qu'il y en aurait beaucoup. Cette fois-ci l'huître en contenait vingt trois! 

Notre dernière visite est le village olympique. Nous n'y ferons qu'une halte très brève car notre autobus ne peut pas rester longtemps à l'arrêt sur une avenue où la circulation est intense. Du haut d'un pont, nous avons le temps de prendre quelques photos du fameux nid d'oiseau, le stade olympique, à demi dissimulé derrière la piscine olympique, deux bâtiments moderne remarquable. De l'autre côté de la rue, un autre immeuble neuf suscite notre admiration. 

Notre dernier dîner à Pékin est consacré au traditionnel canard laqué. En nous rendant au restaurant, nous avons l'occasion de voir encore d'autres bâtiments flambants neufs, tous plus beaux et plus originaux les uns que les autres. Il y en a même un qui dénote quelque peu dans le paysage: on le croirait venu tout droit du Yemen ou de l'Arabie. Les meilleurs architectes du monde entier s'en donnent à coeur joie à Pékin qui rivalise sur ce point avec Shanghai. 

Au restaurant, un verre de vin nous attend à notre table; il est buvable. Après le vin, il est difficile de revenir à la bière. Nous demandons donc que l'on nous apporte une autre bouteille; le vin de celle-ci est imbuvable; nous la renvoyons et n'avons pas plus de succès avec la suivante: visiblement les Chinois de ce restaurant ne savent pas conserver le vin! Force nous est de revenir à la bière. Le canard laqué et bon, mais il n'efface pas le souvenir de celui que l'ai dégusté douze ans plus tôt, lors de mon premier séjour à Pékin, place Tien An Men, au restaurant du Canard d'Or, si ma mémoire ne me trompe pas; rien n'est plus beau que la première fois! 

A la sortie du restaurant, nous voyons des points lumineux se déplacer haut dans le ciel. Ce sont des cerfs-volants que des Chinois font mouvoir dans le ciel nocturne comme des étoiles filantes tenues en laisse. 
 

16 ème jour 

Ce matin, nous nous levons trop tôt pour espérer prendre notre petit-déjeuner à l'hôtel. En réglant notre note, on nous remet une boîte qui contient un copieux petit-déjeuner chinois: jus de fruit, pomme, gâteau, eau... et même de la viande; c'est presque un repas complet dont je ne mange que la moitié, et encore. Nous nous rendons à l'aéroport où nous embarquons pour un voyage d'une douzaine d'heures qui se passe sans problème. Et nous voici de retour en France. 


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